Allusion aux querelles des Armagnacs ot des Bourguignons
3. Var. : « envye. » B. — « fureur. » C. Ed. Vérard et Lenoir.
« Et, à ce propos, il est trouvé que jadis un grant « roy ou pays d'Asie prinst guerre contre deux frères, « qui tenoient en leur seigneurie l'une des parties de « Inde-la-Myneur et tant s'entre-amoient que jamais « l'un n'eust beu ne mengié sans l'autre, ne ne fust « allé l'un en quelque lieu que ce fust, sans la com- « paignie de son frère. Sy advint qu'ilz furent tous « deux amoureux de deux belles et gratieuses damoy- « selles. Et, quant le roy dessus dit les eut assiégez, « ilz lui demandèrent jour de bataille, que voullentiers « il leur octroyai Or vint le jour que la bataille fut « assignée que ces deux frères saillirent en belle et « plaisante ordonnance et tousjours chevauchèrent « coste à coste sans desemparer l'un l'autre. Si le « feirent si vaillamment que, pour briefve conclusion, « ilz gaingnerent la journée et leur adversaire s'en- « fouyt et retourna. Neantmoins, ou myllieu de la « bataille, l'un des deux fut tellement pressé par une « tourbe de ses ennemis qu'il fut porté par terre et « en dangier d'estre mort ou prins. L'autre frère, qui « l'amoit autant que soy-mesmes, adventura son « corps et se boutta vaillamment parmy la flotte 2, « tellement qu'il rescouyt et sauva son frère. Quant « vint au soir et ilz furent retournés en leur maison, « ilz firent grant chière. Et, en souppant, commen- « cerent à parler de leurs victoires en la présence de « leurs dames, tellement que l'une d'elles, c'est assa- « voir, la dame de cellui qui avoit rescoux son frère, « le commença à exaulcer et haultement le loer, en
1. \ar. : « Et, quant le roi dessus dit fut requis à la bataille, voullentiers la leur octroya. » Éd. Vérard.