‹ Le Jouvencel (volume 2)Chapitre 287 sur 321 · En marge dans le ms. A. : « Grathor est Sablé · texte numérisé non relu

En marge dans le ms. A. : « Grathor est Sablé

a pour fuitte que vous voyez, pour paour du ralie- « ment, tant que vous voyez bien que soyez les « maistres. Et, en ce faisant, à la grace-Dieu, le jour « est nostre. »

Ainsi partit le Jouvencel devant ses compaignons, en se contenant au plus bel et mieulx qu'il peut, visa ses ennemiz et les vit, peu plus, peu moins, en Testât qu'il avoit dit, et ung peu mieulx; car ja avoient avisé le Jouvencel et sa compaignie et miz quelque ordre à leur fait, et tellement qu'ilz estoient en balaille, combien qu'ilz fussent empeschiez de leur proye que à peine se povoient aider.

Ainsi donna le Jouvencel le premier, et tous ses gens après, qui bien le suivirent et de prez, tellement qu'ilz rompirent la bataille de leurs ennemiz et les mirent en deulx parties. Et lors le Jouvencel et les siens tournèrent à grant dilligence sur la partie qu'ilz véoient la plus appareillée de combatre et tantost les ruèrent juz. Et, celle partie desconfite, l'autre eust grant paour, tellement qu'elle tourna en fuite.

Ainsi desconfit le Jouvencel ses ennemiz par la congnoissance qu'il eust de la guerre. Car seurement touteffoys que gens ont fait une destrousse, c'est l'eure qu'ilz doivent craindre de rencontrer leurs ennemiz et c'est l'eure que l'en doit assaillir. Et fut bien congneu au Jouvencel. Les ennemiz estoient trois fois plus (|ue le Jouvencel, qui tous furent mors ou priz par la voulenté de Dieu, dont il voulut faire le Jouvencel exécuteur. Ainsi le siège fut levé ; et s'en retourna le Jouvencel à Cratlior', lui et sa compaignie. Et moult y eut res-

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