‹ Le Jouvencel (volume 2)Chapitre 313 sur 321 · Var. : « parler. » A · texte numérisé non relu

Var. : « parler. » A

2. Qui est Guillaume de Brézé {Commentaire, XVI, et plus haut p. 2).

« guet qu'ilz ne partent point que vous ne le saichez. « Il y a cincq lieues d'ici à Escallon, qui leur a esté « délivré*, qui est le plus près et prochain retraict « qu'ilz aient. S'ilz se mettent au chemin pour eulx en « aller, et ilz vous ayent une foys le doz tourné et « vous leur donnez au doz, les premiers ne tourne - « ront jamaiz pour aider aux derreniers. Et encore « attendroys-je qu'ilz fussent prez de leur place, avant « que les assaillir, si entre cy et là vous ne trouvez « quelque tendrière-. Car à l'eure qu'on voit son parti a sur ses ennemyz, on le doit prendre. Car il vient à « une heure ce qu'il n'avient pas à cent. La guerre est <i de telle condicion, qu'on y doit avoir bon pié et « bon œil. Et vous les pourrez veoir en telle desordre « ([ue, dès le partir d'icy, vous les pourrez bien assail- « lir. Mais, si vous les voyez, au partir d'icy, en belle « ordonnance, comme je doubte que si ferez (car ilz « ont bons chiefz), je diroye que vous attendissiez « qu'ilz fussent prez de leur retraict. Car seurement, « quant genz sont prez de leur retraict, ilz se desor- « donnent tousjours, et est impossible qu'on les puisse <i tenir. L'ung est las, l'autre son harnoys le casse ^;

1. En marge dans le ms. A. : « Il prent Escalon pour Meungsur-Loire. » Meung est à 18 kilom. d'Orléans. — Ces mots « qui leur a esté délivré » n'ont aucune valeur historique ; ils sont mis simplement pour l'intelligence des faits du roman. On a vu en effet plus haut qu'Escallon (désignant alors Marchenoir) avait été pris par le Jouvcncel.

2. Var. : « attendue. » C. quelque embuscade. — « vous ne trouvez en eux quelque desarroy. » Éd. Lenoir.

3. Var. : « le mâche. > G. D. F. — a le marche, x ii. Mâcher veut dire mater, et marcher, fouler; sens de gêner, blesser. — « le blesse. « Éd. Lenoir.

« ilz voient leur retraicL prez ; l'ung a paour, l'autre « désire estre à sauvette'. Il y en a bien pou qui « veullent tenir ordonnance. Les chiefz de guerre sont « laz de les avoir combatuz toute la journée ; ilz ne « pevent plus parler de force de crier ^. On ne les oit « plus; et, si on les oit, si n'en fait l'en point sem- « blant^. Les chiefz n'ont pas à faire à ung homme « seul; ilz ont à faire à toute la compaignie. Et sont « les ungs parmy les autres; chacun se muce et boit « sa part de la honte et dit : Ce n'est pas moy. Et « s'efforcent de dire trestous : Demourez, demourez ; « tenez ordonnance; tenez. Mais il n'y a cellui qui ne « voulsist estre à l'ostel. Monseigneur, quant une « puissance desmarche et elle sent que elle a une « autre puissance au doz, croiez seurement que elle « est tousjours en effroy. Hz ne voient point leurs fi ennemyz ; ilz leur ont le doz tourné ; ilz cuident de « chascun hu estre assailliz. Oultre ilz ne pevent tenir « ordonnance en allant ; ilz trouveront tant de hayes, « de passaiges, de chemins, par quoy il fault que les « premiers soient les derreniers. Et chascun craint « cest article, soit petite compaignie, soit grosse. Il « fait périlleux marcher devant ses ennemiz. Et, en « quelque manière que ce soit, on doit tousjours tas- « cher que son ennemy marche devant soy ; car on y « apprent moult. Si ung homme lutte et il entre le « premier à la lutte, communéement il est abatu. Se « c'est ung homme qui parle et il parle le premier, « son adversaire y apprent beaucoup. Or regardez

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