Ibid., p
6. En Navarre, en Biscaye, on disait de ces gens qui sont toujours par voie et par chemin, et qu'on ne sait où saisir : « Il est comme Rodrigue de Villandrando, ici aujourd'hui, demain là. » — Ibid., p. 87.
xlvj INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. [1432
Rodrigue avait été longtemps en très bons termes avec les adversaires de LaTrémoiIle^ En -1430, par une volte-face dont on entrevoit clairement les motifs, il se lia subitement avec le favori-. En effet, ce dernier était assez puissant pour assurer à son nouveau client l'impunité de ses méfaits^. D'autre part, La Trémoille se réservait d'utiliser Rodrigue, sans trop se compromettre, en l'envoyant courir sur les terres de ses ennemis.
Au mois de septembre ^432, la campagne de Lagny étant terminée, Rodrigue, fort de la protection et probablement de l'autorisation de La Trémoille, se dirigea, à travers la France, vers l'Anjou'*. Il vint prendre quartier avec six cents lances aux Ponts-de-Gé. Il alla même, sans le moindre respect pour la vénérable reine Yolande^, courir juscpi'aux portes d'Angers. Le motif mis en avant par Rodrigue, pour justifier son insolente agression, était une prétendue créance dont il réclamait le remboursement à la famille d'Anjou. Nous ne saurions mieux faire que de suivre ici le récit de Quicherat*'.
1. Entre autres les comtes de Pardiac et de Clermont. — V. la note un peu plus haut, et p. xiv.
î. Rodrigue, p. 57.
3. Et, au besoin, pour lui faire obtenir des lettres d'abolition pareilles à celles qu'il prenait lui-inôme (7 mai 1431). — Vallct de Viriv., II, 298.
4. En otl'et, Rodrigue, ayant pris part aux afTaires de Lagny (v. plus haut), ne pouvait être en Anjou avant septembre. D'autre part, on verra plus loin qu'au 15 oct. l'épisode tirait à sa fin, — Chartier et le Père Anselme (II, p. 939 c.) rapportent les faits à l'année 1438. Bourdigné (II, 187) suit Chartier, et, comme le remarque Quicherat, commet une deuxième erreur, en faisant de Rodrigue un capitaine anglais. Il va de soi que la défaite de Rodrigue eut lieu avant la chute de La Trémoille (1433). — Ces faits sont racontés par ïringanl aux U XXill et XXVII. — V., dans le Jouvencel (3° part., fin du ch. m), le récit de la défaite du Capitaine Etranger (Rodrigue) que Quicherat a inséré dans ses P. Just. (n- XV).
5. Nous avons vu que le duc et roi Louis III était alors en Italie.
6. Hodrigiie, j). 78 et s. Nous n'avons que peu de chose à ajoutera ce récit, son auteur ayant fait usage de nos deux sources principales, Tringant et le Jouvencel. Quicherat (/. c, p. 78, note 2, et p. 239, pièce XVI) avait eu en clfet connaissance, par notre thèse soutenue ;\ l'École des Chartes (V. Positions des cli'vcs de la promotion de 1870-72), du Commentaire de Tringant que nous venions alors de retrouver à la Bibliolhè(|ut' de
1432] INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. xlvij
a L'intérêt de La Trémoille, dans cette affaire, était de susciter à Charles d'Anjou des embarras qui l'obligeassent de s'éloigner de la cour, parce qu'il voyait ce prince s'insinuer dans la confiance de Charles Vli d'une manière alarmante pour son propre crédit. Mais, malgré tout ce qu'on fît pour l'épouvanter et en dépit des lettres provocantes du comte de Ribadeo, Charles d'Anjou ne quitta pas la placée »
« La noblesse du pays ftit convoquée et l'homme de confiance de Charles, Jean de Bueil, fut chargé de conduire une centaine de lances contre les six cents de Rodrigue 2. « Parti de la Touraine, il sut dissimuler sa marche jusqu'à Angers, et lorsqu'il fut dans cette ville, il députa son poursuivant d'armes au camp des Ponts-de-Cé ^ pour intimer à Rodrigue Tordre de
l'Arsenal (V notre Introduction littéraire). II nous sera permis d'ajouter quil voulait bien s'intéresser à nos recherciies sur ce sujet.
1. I assistait sans doute à l'Assemblée des états de Touraine, qui avait Reg. XXV foMô""''' ^^^^^' ^^^^^" ~ ^'""^^'* municipaux de Tours,
2. D'après Chartier et Bourdigaé, Rodrigue aurait disposé de huit mille fn^r; '^"/ n étaient pas tous aux Ponts-de-Cé; mais il manquait de gens de trait. D après Tringant et le Jouvencel, la troupe de Bueil compitlf 7 '''"* huit lances et trois cents archers et non trois cents cr6aZe<,7m, comme le dit Quicherat (V. plus loin). Les arbalétriers à pied étaient, à cause du poids de leur arbalète et de leur équipement, peu aptes au service que Bueil en attendait. Les archers à pied, au contraire, troupe légère qui engageait et achevait la bataille et combattait en tirailleurs, avaient un tir plus rapide. Par contre, la portée, la force de pénétration et la précision étaient en faveur de l'arbalète qui Urait de plem-fouet jusqu'à cenl mètres au moins (Viollet le Duc Dtct du mobilier, vol. V, passim. - Plus haut, p. xxij, note). Quant aux arbalétriers à cheval, ou cranequiniers, armés d'arbalètes légères que Il ^'"'1^" ^""^^ "° <^'anequin ou pied-de-biche, on s'en servait encore fous A^lPnL'T- f ?''''' ^" '"^ ^'^ '"^•■«'- ^'i»gt-quatre dans sa garde, îîl, 400) ' "'"'** ^'^ campagne de 1444 (Ochs, Hist. de B die]
A Ihldx f ''"^J^:^^' P«"te ville à 4 kil. S.-E. d'Angers. Cette localité, nonif ifrf f A?' <=«™P'"<^"=»it "n ensemble de trois îles et quatre m,Pité rL *f''-^' P^"'- U" château défendait ce passage fré-
3rcaMnn« h'a"^"^ tenait ainsi dans sa main, non seulement les commurèf mnn tt Tt ""T ''\"^eMauche de la Loire, mais encore un péage Jhé Z/ , ^-t.^"" ''" *'''™^'' ('^'^P^^^ I« Jouvencel) devait être ITL^T '«^^/t^.'»^™^' au débouché du pont (rive droite), et non en avant, comme le dit Quicherat.
xlviij INTRODUCTIUN HIOGRAPHIQUE. [1432
se retirer dans les vingt-qualre heures, lui ofTranl sauf-conduit pour exécuter sa retraite à l'abri de toute agression
En guerre, il y avait de ces formalités chevaleresques, auxquelles n'auraient manqué pour rien au monde les moins scrupuleux à violer toutes les lois divines et humaines, une fois que les hostiUtés étaient déclarées. La sommation de Jean de Bueil lit sourire le comte de Ribadeo. 11 répondit qu'il soumettrait l'affaire à son conseil pour en délibérer dans la quinzaine. Gela dit, il fit sonner le boute-selle, s'attendant bien à ce que l'ennemi ne tarderait pas à paraître. »
« Effectivement, Jean de Bueil suivit de près son émissaire... Lorsqu'il fut devant le camp, il vit des cavaliers en masse, remplissant une large rue, dont une forte barricade de charrettes défendait l'accès. Il fit mettre pied à terre à une partie de ses hommes d'armes, donnant aux autres, qui restèrent à cheval, l'ordre de tournoyer autour du camp, comme s'ils cherchaient à exécuter une seconde attaque V Prenant lui-même le commandement de ses cavahers démontés et de ses arbalétriers^, il les conduisit déhbérément à la barricade. La situation des hommes d'armes de Rodrigue fut la même que celle de la cavalerie du prince d'Orange dans le bois d'Anthon ^. Agglomérés en masse profonde, les coudes serrés et la lance sur la cuisse, ils furent mis en désarroi par leurs chevaux, qui ruèrent sous l'atteinte des traits. Avant que le capitaine eût avisé à un autre mouvement, la barricade fut franchie et les premiers rangs, qui seuls avaient la possibilité de combattre, furent enfoncés
1. Le but de Bueil était plutôt de se constituer une réserve. Eifectivemenl, la localité ne se prêtait guère à une attaque ailleurs que sur le front.