‹ Le Jouvencel (volume 2)Chapitre 33 sur 321 · Ou plutôt de ses archers. V. la note plus haut · texte numérisé non relu

Ou plutôt de ses archers. V. la note plus haut

3. Antlion, en Dauphirié, au conlluent du Rhône et de l'Ain. Le 11 juin l'i.30, Rodrigue y délit le ])rince dOrange, engagé dans un délilé. — L'auteur du Jouvencel rapproclie aussi la défaite de Rodrigue d'un combat victorieux livré par le duc de Calabre dans les rues de Gènes, durant la nuit du 14 au 15 seplerabre 1459 [Rodrigue^ p. 43 et s. et 238).

1432] INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. xlix

par l'impétuosité des assaillants. Plusieurs des combattants d'élite qui tenaient la tète des routiers, entre autres un Villandrando, frère de Rodrigue ^ tombèrent percés de coups, et pendant cette mêlée, les gens de trait eurent le temps de se jeter sur le bagage et d'y faire du butin. Gomme cela ne pouvait pas être de longue durée, le jeune capitaine donna à temps le signal de la retraite, et sa troupe, joyeuse et fière du coup qu'elle avait fait, s'éloigna plus vite que le pas, comme elle était venue. »

« Cette action fît du bruit en son temps, et la détrousse des Ponts-de-Cé fut l'une des prouesses qui défrayèrent les

conversations des bivouacs ^ Il y a lieu de s'étonner

qu'un militaire d'autant de ressource que l'était Rodrigue n'ait pas répondu sur-le-champ à la manœuvre de son adversaire par une manœuvre semblable. Faire descendre de cheval des hommes d'armes n'était pas une chose si extraordinaire. Lui-même Tavait fait à Lagny avec promptitude et succès. C'était une habitude des Anglais. Dans les batailles;, les plus vaillants de leur chevalerie, mettant pied à terre, venaient se ranger parmi les archers pour leur donner courage^. Il est vrai que le comte de Ribadeo n'avait pas pour le moment ses archers sous la main ; probablement aussi

1. Ignoré de Pellizer. Ce frère de Rodrigue ne nous est connu que par le témoignage de Guillaume Tringant {Note de Quicherat).

2. Ainsi que le remarque Quicherat, le but du récit du Jouvencel est de montrer l'inutilité de la cavalerie dans un terrain difficile. Ceci est vrai, surtout de la lourde gendarmerie du xv" siècle. De là l'habitude des archers de planter eu terre les pieux aiguisés qu'ils portaient et qui suffisaient à arrêter l'élan des chevaux. A propos de la détrousse du capitaine étranger (Rodrigue), le Jouvencel (3" part., ch. m) cite l'exemple de la cavalerie de Louis XI à la bataille de Montlhéry, qui, ayant devant elle un large fossé, ne put charger et reçut beaucoup de traits.

3. « Entre les Bourguignons, lors c'estoient les plus honnorez que ceulz « qui descendoient avec les archiers, et tousjours s'y en mettoit grant « quantité de gens de bien, affin que le peuple en fust plus asseuré et « combattist mieulx; et tenoient cela des Anglois. » Mémoires de Philippe de Commines, I. I, ch. m [Note de Quicherat).

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