‹ Le Jouvencel (volume 2)Chapitre 47 sur 321 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Sommaire. — Troisième siège et prise de Saint-Célerin par les Anglais. — Journoe du Grand -Ormeau. — Les Français délivrent Sillé-le-Guillaume. — Bueil armé chevalier (1434).

— Mariage de Bueil avec Jeanne de Montejean. — Situation militaire. — Le duc d'Alençon secourt les Normands révoltés.

— Entrevue de Bueil et de Falstaiï à Alençon (1435). — Bueil à Tours. — Retours offensifs des Anglais (1435-1436). — Siège de Saint-Denis. — Kiriel et Gough défient Loré et Bueil et sont battus (1435). — Préliminaires de la chute de Paris. — Campagne de Bueil et de Lohéac dans le Gotentin (1436). — Situation de Bueil.

Durant l'hiver de ^433 à -1434, les Anglais formèrent trois armées différentes. Deux d'entre elles firent campagne au iwrd de Paris et dans la basse Normandie ^ La troisième, sous le comte d'ArundeP, après s'être emparée de Saint-Gélerin' (février 1435), vint mettre le siège devant la place voisine de Sillé- Ic-Guillaume''. Aimery d'Antenaise, qui y commandait comme

1. L'une, sous Talbot, était arrivée, en mai, d'Angleterre; l'autre, sous Scales et Willougby, opérant en Normandie, assiégea le Mont Saint- Michel (juin). — Beaucourt, II, 49.

2. John Fitz-Alan Maltravers, comte d'Arundel (1365-1435). Le roi Henri VI lui donna, le 8 sept. 1434, le duché de Touraine. — Vallet de Viriv., II, 336.

3. La place, qui renfermait la famille de Loré alors absent, était défendue par son lieutenant, l'héroïque Jean Armenge et par Guillaume de Saint-Aubin qui se tirent tuer sur la brèche. D'après Charller, le siège dura trois mois.

4. Sarthe, ch.-l. de canton, à l'O.-S.-O. de Saint-Célerin (ou Saint- Céneri) t;t au N.-O. du Mans. — Tringant ne parle pas de cette allaire. — La date «le la i)rise de Saint-Célerin (3° siège) et du siège de Sillé (V. plus haut, p. xxxviii et s.) a été placée, à tort, par quelques auteurs, avant la chute de La Trénioillc. Ainsi Chartier (ch. xci et xcn) indique la date de 113-2, admise aussi par Bourdigné et par Vallet do Viriv. (Hist., II, 29'!, et éd. de Chartier, III, 339). Monstrelet (V, ch. clxiii) confond le deuxième siège (1 432) avec le troisième et place ces deux événements réunis en 1434. L'Ahrégë de l'IIist. chronol. de Charles Vil (p. 335), par une confusion évidente, place le troisième siège (mort d'Armonge) i^ la lin

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lieutenant de Bueil \ s'engagea, par une convention passée avec Tennemi, à capituler à six semaines de date, dans le cas où les Français ne se présenteraient pas, en forces supérieures, sur la lande voisine du Grand-Ormeau 2, avant l'expiration du délai. Dans le cas contraire, les Anglais devaient rendre les otages français et renoncer à leur entreprise. Au jour dit, le connétable, parti de Sablé la veille 3, se trouva sur le terrain, avec Charles d'Anjou, le duc d'AIençon, Ghaumont, Bueil, Goetivy, Brézé et un grand nombre d'autres seigneurs -». L'avant-garde, commandée par les deux maréchaux de France, Raiz et Roche-

de 1431 (v. st.), soit avant l'affaire du Mai (1432. Chartier, ch. lxxxvi) et le deuxième siège (défense d'Armenge) en 1434. Au contraire Gruel {Mem. de Richemoni, p. 290) rapporte la prise de Saint-Célerin à'février 1434, après la chute de La Trémoille. Berry, Martial d'Auvergne (ViqUes de Charles VII) et le Rosier des guerres disent 1433 (v. st.). Voir aussi Pesche (art. Fresnay, Saint-Célerin et Sillé), Barante (VI, 256) Dom Taillandier {Hist. de Bretagne) et Beaucourt (II, 49). En effet, l'armée royale venue au secours de Sillé, était entièrement composée des adversaires de La Trémoille et des auteurs du coup de main de Chinon. Or le favori n'eût jamais toléré un pareil rassemblement, s'il avait été encore au pouvoir. Du reste, un mandement du Roi, daté de Bourges, 14 janvier 1434 (Communie, de M. Lecestre.-V. P. Just.), nous montre qu'à ce jour le troisième siège de Saint-Céleria durait encore et fixe ainsi la date de ces événements.

1. Bueil était toujours lieutenant de Charles d'Anjou dans le Maine 2 LOmmel à Lestamen (Chartier), ou à l'Escament, était situé à une heue et demie de Sillé, sur l'ancien chemin tendant de Sillé au Mans • a droite et tout près de la grande route actuelle et à l'extrémité orientale de la commune de Rouez. - V. Pesche, art. Rouez, Sillé et Neuvillalais. — D après Bourdigne, Antenaise ne se serait décidé à composer gu'anrès une longue résistance. Si donc on suppose que Saint-Célerin fut pris en février 1434, lu journée du Grand-Ormeau doit être reportée vers la fin du printemps de la même année. — V. plus bas.

3. Dom Lobineau, Hist. de Bretagne, I, 571. ■A' ^A^'ÏJL'^^'I"^'^ ^''^^^^' Krussac, etc. - D'après Berry, les Français étaient 6,000 et les Anglais 7,000. - « De mémoire d'homme,!! n'estoU qu'à une journée assignée les François fussent comparus jusqu'à ce jour » Ces ce que rapporta au duc de Bretagne un personnage envoyé par lui sur les lieux (Dom Taillandier, Hist. de Bretagne, t. I, p. 520 et Gruel Mem. de Richemont). Cependant, celte armée, rassemblée sur les instances de Lore pour secourir Saint-Célerin, n'était pas arrivée à temps pour sau- Z .'v f T ^^^?'''"^- ^""'- ^"^^^"'^ ^"^ f'-^i^ ^« l'expédition, le S Pnili T ' 1' 'T' *^ ""' ^'^^ '^^''''^^- *ï^i*' ^««'"'e il était pressé, n Zl^ f^'" ''"Tf "■'' '*' contracter, en attendant les rentrées un emprunt force auprès de tous ceux qui étaient en état de fournir de 1 argent. — L. c, P. Just, mandement royal, du 14 janvier 1434.

Ixiv INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. [1434

fort, el par Loré, vint loger au village de Neuvillalais*, situé à l'est de rOrmeau, tandis que le gros restait à Gonlie.

La petite rivière voisine de Neuvillalais servait de limite aux deux partis. Français et Anglais étaient si rapprochés que, durant toute la nuit, on entendait d'un camp à l'autre le bruit des conversations et des instruments de musique-. Aussi une partie des troupes de Loré et de Brussac demeura sous les armes. Le lendemain, le gros de l'armée française, marchant au nordouest sous la protection de l'avant-garde, restée momentanément à Neuvillalais, vint se ranger en bataille vers l'Ormeau. Le comte dWrundel et lord Scales exécutèrent alors un mouvement en avant^, pour aborder les Français*. Mais, trouvant ces derniers trop bien placés, ils revinrent, suivis par leurs adversaires, prendre position plus à Test, près de Neuvillalais^', mouvement qui donna lieu à une brillante série d'escarmouches. Les armées restèrent ainsi en présence toute la journée^, sans qu'aucun des deux partis se souciât dattaquer, dans la crainte de rompre son ordonnance par une marche en avant^. Du côté des Français, Bueil et le vidamc de Chartres^ commandaient les deux ailes. Au centre, Charles d'Anjou et le duc d'Alençon

1. A quatre ou cinq kilomètres N.-N.-E. de Conlie. — Chartier. — Bourdigné.

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