Dans les faubourgs de Caen. Chanlepie périt
7. Chartier. — Tringant, .XXIV. — Jouvencel, 3° part., ch. m, à l'entrevue de Jehan Alpy (ou Helphy) avec le Jouvencel. — Il est certain que rexi)édition, dont parle Tringant, comprise entre la chute de La Trémoille (juin 1433) et le siège de Saint-Denis par les Anglais (juilletseptembre 1436), ne saurait se rap[)orter qu'à une exiiédition faite en Normandie et en 1435. Il ne peut, eu cllel, être question ici de l'entrel)rise de 1436, contre le Colentin (v. plus loin), |iarce que, durant celle dernière, Falstafl'se trouvait à Caen, tandis ijue, d après Tringant, il était alors à Alençon, où il aurait eu, avec Bueil, I entrevue que nous rapportons ici. — Monstrelet est évidemment dans l'erreur lorsqu'il |)rélend que le duc d'Alençon, attendu par les insurgés, ne serait point venu à leur secours.
b. Le roy Amydas {Jouvencel).
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capitale, Alençon', où commandait Falstaff, alors gouverneur de cette ville et lieutenant dans l'Anjou et le Maine pour le roi d'Angleterre 2. Falstaff sortit avec ses hommes pour escarmoucher contre les Français. Durant le combat, il lui prit tout à coup fantaisie d'avoir une entrevue avec son adversaire Bueil : « Je verroye voullentiers le Jouvencel , dit-il à son écuyer, « de quoy il est tant de nouvelles, et qui, en son jeune aige, a « tant fait de belles choses^. » L'écuyer, qui avait été récemment le prisonnier du Jouvencel, avait encore en mains un saufconduit de ce dernier •*. Fixant à sa coiffure un papillon de papier^, il pique des deux au travers des combattants et rejoint
2. Triiigant. — V. Didot, Nouv. Biogr. générale, t. XVII, l'article de Vallet de Viriv. — Rerum Briiannic. med. sévi scriptores; Letters and papers illustrative of the ivars of the English in France, par Stevenson, Londres, 1864; 2» part, du vol. II, à la Table, et particulièrement p. 544, où l'on voit qu'en 1434, Falstaff, lieutenant pour le Régent, commandait, à Alençon, vingt-six lances à cheval, quatorze lances à pied et cent vingt archers. — Dans le Jouvencel, Falstaff, qualifié de lieutenant du duc d'Ath (Bedford), est appelé « messire Jehan Helphy, noble chevalier et saige et riche d'argent content. » Sir John Falstaff ou Falstolf, baron de Guilliguillam (Sillé-le-Guillaume), né vers 1377, et mort le 15 oct. 1459, vint en France vers 1410 et prit part à la plupart des faits de guerre qui suivirent. Il fut grand maître d'hôlel de Bedford, grand sénéchal, lieutenant aux bailliages de Rouen, Évreux, Alençon et Caen, lieutenant pour Alençon. En 1440, il se retira dans ses foyers et consacra ses richesses à protéger les arts et les lettres. Il fit bâtir par un prisonnier français son château de Caistre-Castle. — Cet honorable chevalier, personnage très historique, n'a d'autre rapport que le nom avec le Falstaff de Shakespeare, type comique créé de toutes pièces par le génie du poète. En effet, ce dernier, qui avait d'abord donné à son personnage le nom A'Oldcastle, le changea sur les réclamations de la famille de ce nom.
3. V. dans Quicherat, Rodrigue, p. 153, l'entrevue de Huntingdon et de Rodrigue, en Guyenne (1438). L'auteur observe que c'était une coutume anglaise de boire, avec son ennemi, avant la bataille. Pareille proposition fut faite par Bedford à Douglas avant la bataille de Verneuil, et apportée par un héraut.
4. Cet écuyer représentait peut-êlre, dans la pensée de l'auteur du Jouvencel, Mathieu Gougb. qui, ayant été pris par Bueil à l'affaire de Vivoin (V. plus haut), devait être repris la même année (en septembre ou octobre 1435. V. plus bas), et que nous trouvons gouverneur du Mans en septembre 1436. Ceci est d'autant plus vraisemblable que l'écuyer s'api)elait Guillaume, et que Gough figure dans le Jouvencel sous le nom de Guillaume Boucquelon.
5. « Et estoit l'enseigne que les prisonniers et gens à sauf-conduit portoient pour le temps. » Jouv., l. c.
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le capitaine ennemi. Reçu de la façon la plus amicale, il lui propose de se rendre auprès de Falstafî, lui garantissant la sûreté de sa personne, sur son honneur et sur celui de son maître. Le Jouvencel accepte aussitôt, non sans avoir pris le temps de se faire soutenir, de loin, par un petit détachement composé d'hommes sûrs.
Mais, au moment où il atteint FalstafT, à Tautre bout du champ, les Français exécutent une charge, en poussant de grands cris, et refoulent les Anglais effrayés jusque dans la place. Non loin de là, l'escorte du Jouvencel, qui s'est approchée, se lient immobile, en belle ordonnance. Falslaff, qui avait pensé recevoir Bueil au milieu des siens, se trouve ainsi tout à coup, seul avec son écuyer, au milieu des Français. Bueil avait la foi de Falstaff, mais il ne lui avait point donné la sienne. Strictement, le capitaine anglais pouvait donc être fait prisonnier. Aussi, dès les premiers mots, sentant la fausseté de sa situation : a Je me fie à vostrc visaige\ » dit-il. Et il ajoute : « Cette petite a bataille que je voy là est-elle à vous ? » Puis, sur la réponse affirmative de Bueil : « M'asseurez-vous que je les puisse aller « veoir? » Bueil fait alors très malicieusement sentir à Falstaff qu'il a fort bien saisi l'avantage de sa propre situation et que, si Falstaff a assuré la personne du Jouvencel, lui, le Jouvencel, n'a point assuré celle de Falstaff. Le pauvre gouverneur se borne alors à faire appel aux bons sentiments de son interlocuteur. Mettant fin à la torture de son adversaire, le Jouvencel consent à l'assurer et à lui permettre d'aller inspecter la petite bataille, tandis qu'il ira lui-même rendre visite aux Anglais dans la ville d'Alençon. Il est bientôt rejoint par Falstaff, qui fait abattre les ponts-levis pour introduire les amis du Jouvencel. « Et là, beurent et repeurent à leur plaisir et aise. »
A son retour auprès de ses hommes, le Jouvencel est fortement blâmé de sa générosité par les uns. Les autres, au con-
1. Bueil, en al)ordanl FalsIafV, avait, sans doute, par courtoisie, relevé la visière de son casque.
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traire, louent sa délicatesse. Tel est l'avis du roi Amydas ', et tel est aussi l'avis de l'auteur, qui prend un plaisir évident au récit de cette piquante aventure.
Quelle que fût leur diligence, les Français arrivaient trop tard pour soutenir les paysans normands ^. Ils entreprirent, cependant, le siège d' Avranches ^ ; mais la rigueur de l'hiver et l'absence des secours promis par le Roi les décidèrent bientôt à regagner le Maine, avec une partie des révoltés. Toutefois, le plus grand nombre de ces derniers préféra faire sa soumission. Ils errèrent longtemps dans les bois et la neige, en proie à la misère. A la fin, les Anglais en eurent pitié et leur accordèrent des lettres d'abolition^.
Le 2i mai -1435, Bueil était cité par le parlement à comparaître à Tours ^, pour justifier de ses prétentions dans un litige pendant entre lui et le chapitre, à propos des péages établis sur les ponts ®. Jean V avait encore à régler, avec la ville, des questions concernant la maison d'Anjou.
Il s'agissait tout d'abord de la garnison de Château-du-Loir^. Bueil, heutenant de Charles d'Anjou, y avait installé, pour le compte de ses princes, le bâtard de Beaumanoir. Or, ce dernier s'était récemment vu expulser de la place, sur la demande de la ville de Tours et par ordre du Roi, pour avoir pillé plus que