‹ Le Jouvencel (volume 2)Chapitre 75 sur 321 · Chron. Martinienne, fol. 287 et s · texte numérisé non relu

Chron. Martinienne, fol. 287 et s

6. Villages situés à l'E. de Bâle, dans la vallée du Rhin. Praticien, le point le plus avancé, n'est qu'à 5 kil. au N.-O. de Liestal, alors occupé par les Bàlois.

7. V., Tuetey, I, 214, cette lettre du samedi 22 août. — Les Bâlois demandaient la restitution des prisonniers et du butin. Il est vrai qu'ils étaient alliés des Suisses et qu'ils leur avaient fourni de la grosse artillerie et de la munition |»our le siège de Farnsburg {Colmarer liichluiuj, Sxc. Sdirifl, p. 24 et s.) ; mais leur message témoignait de dispositions pacifiques.

8. « la habitu dissimulato. » Tuetey, II, 512. — D'après M. Bernoulli. Louis se sérail approché du Spalenlhor, du côté de Waltighofen.

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rJes coups d'arquebuse furent dirigés des remparts sur son escorte et atteignirent plusieurs hommes ^

Le conseil de Bâle, durant la nuit du 23 au 24, avait averti les Suisses de ce qui se passait. D'autre part, ces derniers avaient renforcé, peu auparavant, le corps de siège de Farnsburg de plus de six cents hommes venus de Zurich. Un corps de même force était aussi annoncé de Lucerne^. Enfin, sur le chemin de Farnsburg et non loin de Praticien, les Bùlois avaient fortifié leur ville de Liestal a.

Dans la nuit du 25 au 26 août, les Suisses se décidèrent à attaquer l'avanl-garde de Dammartin. Poussés par les rapports des gens de Liestal, ils descendirent dans celte dernière localité, au nombre d'environ deux mille fantassins ■* et assaillirent, au pelil jour, les postes de Pratlelen qu'ils croyaient surprendre. Uammarlin revenait justement, en costume de voyage, de prendre les ordres du Dauphin. Il n'eut ni le temps de s'armer, ni celui de changer de cheval. Sa troupe, forte de huit à neuf cents hommes, avait été prévenue ; mais elle dut se replier sur le gros

1. Première Relation du Commandeur (du 5 septembre), Tuetey, II, 512. — Amtliche Sammlung der aeltern Eidgenossischen Abschiede, vol. II, p. 180, n» 27'J. — Fcchler, Basl. Tasch., 1802, p. 56 et 57.

2. Parti le 23 août, il dut arriver le 24, ou li- 25 au plus lard.

3. Bernoulli, p. 4 et 5. — Le rôle considérable joué par Bueil dans la bataille de Saint-Jacques nous engaj^e à en résumer ici les principales phases, en y ajoutant ([uel(|ucs réllexions. Nous suivrons surtout le récit de M. Bernoulli qui, daté de 1877, renouvelle d'une façon remarquable les travaux antérieurs, particulièrement en ce qui concerne les faits el gestes des liàiois.

4. C'est le chill're indiqué par Rasin et, en quelque sorte, moyen. On a beaucoup discuté sur leHectif des Suisses. La difficulté est qu'on ne connaît pas la force |)rimilive du corps de siège de Farnsburg. On peut estimer cejiendant l'ensemble des troupes suisses devant celte place, > compris les renforts, ;\ 4,000 hommes, au jdus. Le détachement (pii prit rollensive à Prallelen devait comprendre : 1* lellectif dont on pouvait disposer à Farnsburg, sans interrompre le siège et sans courir trop de danger du côté de Seckingen, soit environ la moitié des assiégeants; 2" une partie de la garnison bàloise de Liestal, soit quelques cenlaine> d'homiiies tout au |)|us. Des documents olliciels français, émanant du roi Cliarles Vil (v. plus haut, p. cij, en note), évaluent à ,3,000 hommes d'élite environ le nombre des Suisses défaits à Saint-Jacques, chifl're (jue l'on ne saurait en tous cas dépasser.

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de l'avant-garde, dans la direction de Bâle et jusque vers Muttenz, où elle reçut quelques renforts'. Là, s^engagea une action sérieuse, dans laquelle les Armagnacs furent défaits. Le corps de Dammartin repassa en désordre la Birse^, sur les bords de laquelle les Suisses, ivres de leur victoire, arrivèrent à leur tour.

Les règles de la plus simple prudence leur commandaient de ne pas franchir l'eau et d^éviter de combattre, ayant la rivière à dos, une armée très supérieure en nombre. C'était aussi dans ce sens qu'étaient conçues les instructions données à Parnsburg ^. Mais les soldats, emportés par une sorte de folie''*, ne voulurent pas écouter leurs capitaines. Cédant au torrent, les chefs durent conduire leur troupe sur l'autre rive^, après avoir toutefois remis un peu d'ordre dans les subdivisions *^.

1. Chronique Martin., l. c, fol. 287, et Ssec. Schrift, p. 110. « Et (( est assavoir... que ledict conte de Darnpinartin, qui estoit de l'avant- « garde, estoit logé à deux lieues de monseigneur le Daulpbin ; et estoit « allé vers luy pour sçavoir quel estoit son bon plaisir, et qu'il vouloit « qu'on fit contre ceux de Basle. Et, à son retour, trouva que les Suysses « les alloient assaillir. » La lettre de Hallwyl (Ssec. Schrift, p. 45) mentionne aussi Dammartin comme chef de l'avant-garde. D'après la Chron. Martin., il aurait disposé en cette affaire de 120 à 140 lances (parmi lesquelles sa propre compagnie de 25 lances). En outre, il envoya chercher en une grosse tour près de Bàle (Mœnschenstein?) un autre détachement qui le rejoignit sans doute à Muttenz.

2. Soit directement, par le pont voisin de la Maladrerie de Saint-Jacques, soit plus en amont, vers le château de Mœnchenstein, l'un des quartiers généraux des Armagnacs. La possession de Mœnchenstein leur était très nécessaire pour protéger leur ligne de retraite, c'est-à-dire le chemin qui remontait la rive gauche de la Birse.

3. Ces instructions leur prescrivaient de ne dépasser, en aucun cas, Muttenz. En effet, le but de l'expédition n'était pas de s'engager à fond, mais d'opérer une reconnaissance et de surprendre les avant-postes armagnacs, tout en faisant du butin. — Bernoulli.

4. Dans leur fureur, ils allèrent jusqu'à tuer un messager envoyé de Bàle à leur rencontre. Ce messager était chargé de les exhorter à la prudence et, peut-être aussi, comme le suppose M. Bernoulli, de leur annoncer (ju'ils ne devaient pas compter sur le secours des Bàlois, dans le cas où ils pousseraient plus loin.

5. La plus grande partie des Suisses passa la Birse au pont de la Maladrerie de Saint-Jacques; mais d'autres détachements la franchirent aussi en amont et plus près de Mœnchenstein.

6. Les Suisses étaient partagés en trois batailles. La force de ces sub-

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Le gros de l'armée du Dauphin qui, sur les nouvelles reçues du côté de Dammartin*, avait dû, de bonne heure, quitter ses cantonnements pour se concentrer, n'était point, comme on l'a dit, placé, avec une nombreuse artillerie, sur la rive gauche et sur le bord même de la Birse. Jean de Hueil, qui commandait en personne-, n'aurait pas commis la faute, qu'il reproche à d'autres, de mettre des troupes, principalement composées de cavalerie, dans une position où elles n'auraient pu charger^. 11 devait donc nécessairement se placer assez à l'ouest de la Birse pour avoir du champ devant lui. D'autre part, en présence des dispositions des Bâlois, il ne pouvait, comme cela eût semblé naturel, se tenir sur la route tendant du pont de la Birse à Bâle : car il aurait risqué de se voir assailli par derrière ^ Aussi avait-il fait choix, près de Gundeldingen, d'une position de flanc, située un peu au sud de cette même route, sur un petit plateau qui la dominait^. Il pouvait ainsi faire face, à la fois,

divisions, rangées sur uno grande profondeur, variait avec celle de l'armée. M. Bernoulli pense que chacun de ces corjis devait compter environ 25 rangs de profondeur, sur 25 (lies de front étendue minimum du front de ces sortes d'unités. D'après le môme auteur, les Suisses se servaient peu, alors, des longues piques usitées plus lard. Les courtes hallebardes, dont ils étaient armés, furent en ])artie cause de leur désastre. — V. Elgger, Kriegsuesen der Schiteizerischen Eidgeiiossen, im XIV, XV xmd XVI Juhrhundert. Lucerne, 1873, p. 274 et passim.

1. Briiglinger [Saec. Schrift, p. 6) dit qu'on envoja aussitôt des messagers dans tous les cantonnements, jiour avertir les capitaines de l'arrivée des Suisses.

2. V. plus haut, p. cj (en note), les textes par nous cités, à ce propos, et Tringant, XXXII.

.3. Nous avons déjà commenté plus haut, p. xli.i, note 2, des passages du Jouvencel qui blûmcnt cette disposition. En outre, Bueil, comme on peut le voir i)ar le même ouvrage, n'était pas grand ami de l'artillerie en rase campagne.

4. L'auteur du Jouvencel {1° partie, ch. xvii) blAme les Français qui faisaient le siège de Gravant (1423) d'avoir tourné le dos ;\ la ville pour présenter la bataille à l'année anglo-bourguignonne. En effet, les assiégés avant exécuté une sortie, il s'ensuivit un désastre.

5. C'est ce <|ui résulte du léinoiguage do Bruglinger {Sac. Schrift, p. 7). D'après lui, les Suisses, arrivés sur la Birse, virent l'ennemi faire ferme devant eux ;\ Gundeldingen. En outre, une lettre déjà citée du Conseil de Bàle, adressée (en date du 3 sept.) au\ députés des villes de rciiii>ire, à Nuremberg, dit posilivemenl que la roule du bas, tendant directement ilu

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vers les Bâiois et vers les Suisses et, en cas de malheur, se retirer directement au sud, en remontant la Birse.

Si l'on examine pourquoi, depuis le 23 août, Bueil n'avait pas poussé plus à l'est, du côté de Farnsburg, pour forcer les confédérés à en lever le siège et menacer Zurich, on reconnaîtra qu'il avait pour cela deux bonnes raisons. En premier lieu, comme nous l'avons vu, les Armagnacs redoutaient extrêmement de s'engager, dans un terrain montagneux et inconnu, avec leur nombreuse cavalerie. Rien ne les empêchait, il est vrai, de passer la Birse et de se rapprocher de l'ennemi sans quitter le plat pays. Bueil et son maître avaient donc un autre motif, pour prendre aux portes mêmes de Bàle cette position défensive. En effet, Louis nourrissait, à l'égard de cette ville, des projets de conquête bien plus intéressants pour lui que les faits et gestes des Suisses ou la détresse de leurs adversaires. Quelles que fussent les opérations subséquentes, la possession de Bâle avait pour l'armée du Dauphin une grande importance militaire. Elle avait, comme nous le verrons, une importance plus grande encore, au point de vue politique. Or, en prenant position à Gundeldingen , Bueil tendait aux Bâiois un piège dans lequel ils faillirent se laisser prendre.

Mais revenons au combat. Les Suisses, après avoir passé la Birse, voyant l'ennemi sur les hauteurs à leur gauche, quittent le chemin qui se dirige vers Bâle au nord-ouest pour marcher au sud-ouest à travers champs et monter à l'assaut du plateau ' . Dès qu'ils paraissent sur son rebord, une partie des cavaliers

pont de la Birse à Bâle, était libre d'ennemis (Fechter, Basl. Tasch., 1864, p. 135 et s.). Cette route suivait, à travers la plaine, une direction à peu près N.-O. de Saint-Jacques, vers la porte de Bâle (^schenthor). — Gundeldingen était situé au S.-S.-E. et à un kilomètre 1/2 environ de cette dernière porte. Par conlre, il était au S.-O. de la Maladrerie de Saint- Jacques et distant d'un peu plus d'un kilomètre de cette localité et du pont sur la Birse. Le jilateau occupé par les Armagnacs, vers Gundeldingen, était éloigné de moins d'un kilomètre de la Birse, qui coulait alors au pied même du plateau.

1. La forme du terrain devait leur dissimuler l'importance des forces massées en cet endroit.

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de Bueil, parmi lesquels le corps deSalazar^, prend le galop de charge et un combat acharné s'engage. Après une lutte longue et sanglante, les Suisses, accablés par le nombre, se décident à faire retraite et à repasser la rivière. Mais, vivement pressés par leurs adversaires ou coupés par Dammartin, ils ne peuvent la franchir. Le corps principal s'enferme alors, près du pont, dans Tenceinte de la Maladrerie de Saint-Jacques 2, à laquelle les Armagnacs livrent plusieurs assauts infructueux. C'est alors, mais alors seulement, que l'on se sert de l'artillerie pour enfoncer les murs^. Enfin, après une résistance héroïque qui dure jusqu'au soir\ la chapelle est incendiée, l'enceinte forcée et les Suisses, tous ou peut s'en faut, tués ou blessés^. Cette rude besogne terminée, les capitaines du Dauphin se réunissent pour remercier Dieu d'une victoire chèrement achetée*.

1. D'après la Chron. Martinienne (/. c), ce serait Jean de Flocques, lieutenant de Dammartin, comme Salazar, qui aurait engagé le combat. L'avant-garde avait donc rallié Bueil.

2. M. Bernoulli suppose aussi, à bon droit, que des détachements du corps de Dammartin, réfugiés à Mœnchenstein, avaient, à ce moment, descendu la rive droite de la Birse et coupé la retraite aux Suisses, en s'emparanl du pont. Sans cela, on ne s'cxpliriuerait pas bien pourquoi les Suisses ne purent repasser la rivière. Un étang large et profond, placé derrière la Maladrerie, augmentait aussi les diflîcullés de la retraite.

3. En France, remjiloi régulier de l'artillerie en rase campagne doit dater, croyons-nous, de la campagne de Normandie. Le Jouvencel, rédigé postérieurement, ne parle de l'artillerie qu'à i)ropos des sièges, sauf en un seul passage (à propos de Montlhery, 3' partie, ch. viii).

4. D'après le Jouvencel (3' partie, ch. m), le combat dura du lever au coucher du soleil. Ce fait est confirmé dans la chanson composée par les Autrichiens sur la bataille (Siec. Schrift, p. 91). Nous avons vu, en ellet, que l'attaque sur Praticien avait eu lieu au petit jour. D'après Appenweiler {Snx. Schrift. p. 10), le combat de Gundeldingon aurait commencé vers huit heures, ou plutôt vers sept heures, les horloges de Bàle étant alors en avance d'une heure, |)ar suite d'un défaut du cadran solaire (Bernoulli). Kscouchy estime la durée de ce combat à<|uatrp heures. C'est donc vers onze heures ou midi que les Suisses se retirèrent à Saint- Jacques, qui ne fut emporté ([u'à la nuit.

."). Un deuxième détachement suisse, très peu nombreux, ayant, comme nous l'avons vu, ( herché à |>asser la Birse en amont, du coté de Mœnchenstein, fut cerné dans une lie. Ce corps, que M. Bernoulli évalue à une centaine d'hommes, lut aussi détruit.

6. Escouchy, 1, '21. — Pour plus de détails, v. Bernoulli, /. c. — Les l>ertes des Armagnacs liircnl considérables. Parmi les morts, il faut citer

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Pendant ce temps, les Bâlois, qui recevaient des nouvelles de l'action, étaient dans la plus grande inquiétude. Les magistrats, qui trouvaient déjà la population armée trop faible pour la défense des remparts, résolurent de ne pas porter secours aux Suisses, dans la crainte qu'un échec n'entraînât la perte de la ville ^ Là encore, une ardeur généreuse mais irréfléchie l'ayant emporté sur la discipline, le peuple se souleva et s'empara de la bannière, pour opérer une sortie. Les magistrats durent céder et une colonne forte de trois à quatre mille hommes s'avança par l'iEschenthor contre Gundeldingen. Elle avait été précédée d'un certain nombre de cavaliers soldés, marchant en éclaireurs^.

La tête de colonne des Bâlois ne dépassa pas une croix de pierre^ qui se trouvait au sommet de la rampe conduisant au plateau de Gundeldingen. A ce moment, la queue de cette même colonne quittait à peine la porte de la ville ^. Les cavaliers de l'avant-garde ^, ainsi que les chefs bâlois, arrêtés à la croix de pierre, pouvaient embrasser d'un seul coup d'œil le plateau couvert de troupes. Les Armagnacs, tout en combattant les

Robert de Brézé (frère de Pierre), grand maître de l'ordre de Saint-Jean, et le fameux Burckhardt Mœnch, dont la mort a donné naissance à une anecdote célèbre.

1. Nous avons vu, plus haut (p. cv, en note), que le messager tué par les Suisses devait être chargé de leur porter cette nouvelle. On n'a que peu de détails sur les faits et gestes des Bâlois ; mais M. Bernoulli démontre cependant, de la façon la plus convaincante, que les choses durent se passer ainsi. — H. de Beinheim, traduction de Brillinger, Seec. Schr., p. 15. — Thomas Basin (éd. Quicherat, Hist. de Charles VII, liv. IV, ch. vu) mentionne aussi les deux opinions qui régnaient parmi les Bâlois. Il approuve l'abstention de ces derniers et paraît ignorer la tentative faite pour porter secours aux Suisses.

2. Parmi eux, se trouvait Hans Sperrer de Bruglingen, dont le récit [Sacc. Sckrift, p. 5) est capital pour cette partie de la bataille.

3. Cette croix, qui existait encore il y a quelques années, était distante de quelques cents mètres, tout au plus, des Armagnacs. Un peu plus près de la ville et en contre-bas de la croix, se trouvait la petite chapelle de Sainte-Catherine, dont les récits du temps font aussi ijiention.

4. La distance de la croix à la porte étant tout au plus d'un kilomètre, les 3 ou 4,000 Bâlois disposés en colonne de marche, sur trois files de front, comme c'était l'habitude des Suisses (Elgger, l. c, p. 275), devaient occuper une profondeur analogue.

5. Ils venaient de faire un rapport très défavorable sur la situation.

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Suisses vers leur droite, avaient disposé leur aile gauche pour déborder et couper les Bâlois de la ville'. Toutefois, ils ne s'ébranlaient pas encore, ne jugeant pas l'ennemi assez éloigné de la ville et craignant de l'effaroucher 2. Les hommes de pied hfilois, placés on arrière et en contre-bas de la croix, ne se (louLaicnt pas du danger couru. Cependant on suivait les événements des remparts et des tours de la cité, et l'on envoyait messager sur messager aux troupes, pour les avertir en leur remontrant le grand nombre et la position des étrangers. Enfin, l'on apprit que llans de Rechberg s'était avancé, de Seckingen, le long du Rhin et que l'on voyait sa bannière rouge flotter, devant le Petil-Bâle, sur la rive droite du fleuves. Cette nouvelle

1. Beinheim {Sœc. Schr.) raconte que, dans leur marche, les Bâlois avaient en face d'eux (soit sur leur flanc droit) une grosse bataille ennemie qui attendait pour attaquer que les bourj^eois fussent parvenus plus avant. De mémo, Briiglinscr (.Sac. Schr., p. 7), décrivant ce que les Bâlois, postés vers la croix de pierre, voyaient, dit : « Ils (les ennemis) avaient formé « une pointe (einen spitz) de telle façon que, si nous avions dépassé la croix « de pierre, ils auraient pu pénétrer entre nous et la ville. » Il ajoute que le suri)lus des ennemis combattait contre les Suisses dans la direction de Saint-Jacques. Sans doute, voyant venir les Bâlois, Bueil avait fait avancer son aile gauche, en forme de crochet oflensif, de façon à ce que sa ligne formât un angle rentrant. Il semble que cette bataille menaçante appartenait bien au corps de Bueil et non au corps du Dauphin, placé plus loin, ainsi que nous le verrons. En ellet, la cavalerie de Bueil (rangée sur trois rangs) était assez nombreuse pour que son aile gauche put dépasser de beaucoup la croix, dans la direction de l'O., sans laisser de vide dans sa ligne de bataille. Ces données concordent parfaitement, ainsi que le fait remarquer M. BernouUi, avec le récit d'Appenweiler qui partage les 2U,O0U Écorcheurs en quatre masses principales [Sxc. Schr., p. 11). Dans ces quatre masses, nous retrouvons les trois subdivisions habituelles des armées â cette épotjue : 1° l'avant-garde de Dammartin ; 2° l'arrièregarde, ou réserve du Dau])hin; 3° et 4° au centre, la bataille, menée par Bueil, momentané menl divisée en deux, par suite du mouvement de l'aile droite dans la direction de Saint-Jacques.

2. Beinlicini, Irad. par Brillinger, ,S<i'C. Schr., p. 15. — « Ah! » s'écrie un soldat, qui prenait part au combat du côté des Ecorcheurs, » plût « au ciel que ces misérables, avec leur bannière, se fussent avancés d'un « jet de pierre plus en avant, nous voulions alors et aurions |iu les lail- « 1er en pièces, tous ensemble, et prendre la ville! » Propos tenu à Colmar par le valet du chanoine de Iladstatt, de Bâle. Fechter, Basl. Tasch., 18G2, p. 44.

3. Brillinger, /. c. — Ce mouvement de Rechberg, mandé par le Dauphin, montre bien que Bâle était le principal objectif de Louis.

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décida les Bâlois. Obéissant à la voix de leurs chefs, ils firent demi-tour et rentrèrent en ville'. Le terrain empêchait aussi les Armagnacs de se rendre compte de ce qui se passait chez leurs adversaires, et c'était tout au plus si, du plateau, ils pouvaient voir onduler la foret des piques et des bannières. Les capitaines du Dauphin crurent donc que les Bàlois allaient passer à la formation de combat et attaquer. Lorsqu'ils s'aperçurent, au contraire, qu'ils battaient en retraite, sans ordre, il était déjà trop tard pour charger, et Jean de Bueil avait perdu une belle occasion 2.

Un autre danger résultait pour les Bâlois de la présence du Dauphin, dans le voisinage, avec un corps spécial. Ge dernier, en effet, ne prit pas part personnellement à la bataille. Entr'autres témoignages, le passage de Tringant est positif. Jean de Bueil, dit-il, « avoit Monseigneur le Daulphin son maistre au doz, pour le secourir, si mestier en estoit^. » En d'autres termes, Bueil combattait seul à Saint-Jacques, avec une partie de l'armée, mais le Dauphin se tenait près de lui, avec le reste de ses

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