En gémissant, dit Bruglinger
2. BernouUi. — M. de Beinheim, Saec. Schr., p. 15. — II était neuf ou dix heures du matin, et les Suisses combattaient déjà depuis deux heures devant Gundeldingen.
3. Tringant, XXXII (v. notre Note sur la bataille de Saint-Jacques, l. c). — Ceci résulte également des Instructions, déjà citées, du Roi et du Dauphin (p. cj et s.), qui constatent tfue les troupes, mises sous le commandement de Bueil, ne formaient qu'une partie de l'armée. — De même, durant les négociations de 1446 (Colmar), entre Autrichiens et Bàlois, ces derniers affirmèrent que le Dauphin et 0,000 hommes avec lui n'assistaient pas à la bataille. — Fechter, Basl. Tasch., 1862, ch. viii, p. 47 et s. — Escouchy (I, p. 22) dit : « Et ne prit point part à ceste besongne « le Daulphin en personne ne aucun des plus grans et principaulx « de son conseil. Et quant ce fut venu à sa cognoissancé et qu'il en ot « vrayes nouvelles, fut moult joyeux et fist à ses cappitaines et autres « qui y avoient esté, à leur retour, très bonne chière, en les merciant « honnourabiement de leur vaillance et dilligence. » — D'après Schiller, le Dauphin avait placé 8,000 hommes en réservé, pour fondre sur les Bàlois et sur leur ville, dans le cas où ils auraient pris part au combat. — V. Die xlteste ieuische Chronicke (Chron. de Kœnigshofen), mit hist. Anmerckungen, von J. Schiller, Strasbourg, 1698, in-4°, fig. (Bibl. Nat. Rés.), p. lOOl et s.
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troupes, pour le secourir. Il importe, maintenant, de se rendre compte du rôle et de la position de ce corps.
On ignore oîi le Dauphin avait passé la nuit précédente. Nous savons seulement qu'il séjourna cinq ou six jours au château de Waltighofen, à partir du dimanche 23 aoùl\ et que, le surlendemain 2o, il vint reconnaître les abords de Bâle^. La visite rendue par Dammartin à Louis dans la même journée nous montre que ce dernier n'était pas très éloigné des avant-postes à ce moment 3. Du reste, le témoignage de Tringant, comme
1. Jour de son déj)art de Monlbéliard. — Le jiorlier du chdteau de Wallighofen (Fechler, Basl. Tasch., 1802, p. 50, à propos des négociations de l'i46à Colmar) dit : « Le Dauphin arriva ;\Waltighofen avant le dimanche avant la bataille et resta jusqu'à la bataille. » —De même, le Commandeur d'Issenheim (1" Belation, Tuetey, II, .S12j aflirme que Louis quitta Monlbéliard le dimanche veille de la Saint-Barthélémy (23), et qu'il vint à ■Wallighofen. où il resta cinq jours (soit, au moins, jusqu'au 27 août au soir). En effet, nous verrons que, dès le 27 au matin, il y était de retour (Tuetey, I, 234). — Enfin, le Commandeur (/. c.) dit qu'après la bataille (après cinq jours de séjour, soit le 27 ou le 28), le Dauphin quitta Wallighofen, pour se rendre à Altkirch, auprès de ses blessés.
2. Jusque près de la porte de la ville (Spalenthor). — MM. Tuetey et Bernoulii ont adopté la date du lundi 24 pour cette reconnaissance. Le Commandeur [l. c.) dit, en eflet, qu'elle eut lieu le lundi, jour de saint Barthélémy (24 août) : mais il ajoute qu'on était à la veille de la bataille, soit le 25 août. Ces deux adirmations étant contradictoires, nous ferons usage de la date du 25, le Commandeur ayant fort bien pu se tronij)er sur le jour de la semaine.
3. Les historiens ont beaucoup discuté la pari prise par le Dauphin à ces événements, question étroitement liée à celle des cantonnements occupés [lar lui au moment de la bataille. M. Bernoulii (p. 9) pense que la visite de Dammartin avait |)our but de communiquer à Louis le message de Recliberg annonçant l'arrivée des .Suisses. Le récit de la Chron. Martin, (l. c, fol. 287, passage reproduit dans la S;ic. Schr., p. 110) semble au contraire indiquer que l'attaque des confédérés fut une surprise pour Dammartin, sinon ])our ses hommes qui étaient prévenus. En ellét, Dammartin n'aurait pas abandonné ses troupes, au moment du danger, pour remi)lir lollice d'un simple messager. Il faut croire plutôt, comme le dit la Chronique, ipie, quittant ses cantonnements avant l'arrivée (le la nouvelle, il avait été, dès le matin, prendre les ordres du Dauphin contre les IJ.Uois. Sans doute, il accom|>agna Louis dans sa reVonnaissance des approches de B;lle (25 août) et celle reconnaissance fui suivie, dans la soirée, d'un conseil (jui se termina 1res avant dans la nuit. De lA, la rentrée (ardive de Dammartin aux avanl-posles et la surprise qui l'y attendait. La sûreté avec laquelle les dispositions de combat lurent prises, le lendemain (26 août), est d'ailleurs un indice que ces
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aussi le simple bon sens, suffisent pour nous faire connaître qu'il dut accourir le 26 au malin, au plus lard, sur le champ de bataille ou dans son voisinage immédiat. Les détachements que le Dauphin conduisait en personne ayant trouvé tous les cantonnements, situés au sud et à l'est de Bâle, déjà occupés par Bueil, avaient été forcés de cantonner à l'ouest de cette ville, du côté du Sundgau^. Leur éloignement les désignait donc tout naturellement pour le rôle de réserve. Tandis que Bueil devait soutenir le principal effort des Suisses, cette réserve était destinée, soit à observer les Bâlois et à leur couper la retraite, le cas échéant, soit aussi à tenter, sur la ville privée de ses défenseurs, une attaque de vive force, pendant que Rechberg en aurait fait autant sur l'autre rive.
Dans ces circonstances, il paraît évident que les troupes du Dauphin durent se rassembler, par le plus court chemin, dans le pays plat qui se trouvait au nord-ouest de Gundeldingen et à la gauche de BueiP. C'était là, d'ailleurs, le seul terrahi qui comportât un rôle d'observation vis-à-vis de Bàle.
.nesures avaient été arrêtées à l'avance. Il n'est pas douteux non plus que le conseil dut être tenu aux abords de Bâle, où le Dauphin se tiouvait deja, et non sur les derrières de l'armée. En eflet, les quartiers de Dammartm (près de Prattelen) n'étaient distants que de deux lieues de la localité ou se trouvait Louis {Chron. MarUn.)\ dernier, q„ Su
laque des Suisses, na donc pu rentrer à son quartier généralde Waltighofen, a. cette nuit (25 au 26), ni durant la journée du 26 Comme
dit, loge le soir du 2d au château de Pfeffingen, chez Haas de Thierstein orceestde croire qu'il se trouvait ce soir-là dans le voisinage imml'i ae Bâle. - Si 1 on admet, contrairement à notre supposition, que le Dau-
S Jn Tub iSe^r ""''^ ''^ '^ '' ^"'^ ^'' "«" '^ ^-'' -^'-'^ r;?sonneme.it wait e^fpn HT'"''' r^"^«"t' ^'^^ '^ette hypothèse, le conseil aurait eu heu le lendemain de la reconnaissance, et non le même jour.
la f JnP d."'s '^"'/' '"'''■"" ''" ^''"P'^»' ^^^'•"e tardivement de
moSai 1 'i''/'''"''^ concentrée à temps près de Bâle, nous
montre que ce corps de troupes s'était un peu rapproché
m!ir?^!Tx n "■'', P''' "^^ ?"ï"^'" °" d'Allschwyl, à deux ou trois kilo-
^né Fn VL R .''^'■^V''' B"<^'i et, à ce qu'il semble, en vue de la
haft\w rfr^ ' »'•''■? ^^*'- '^'^"'■' P- '^^ '^'t 1»^ Ion distinguait du
nn. UA^r^" ""^ ^?''' '"'''"^^' ^'^^»* ^' 20,000 hommes, qui ne pouvait être aperçue de la campagne.
Miv INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. |1444
11 convient mainlenanl de mentionner ici deux passages du Jouvencel, qui nous donneront l'opinion du vainqueur de Saint- Jacques sur cette bataille. Un premier texte témoigne d'un singulier oui)li des conditions d'infériorité numérique, dans lesquelles les Suisses combattaient ^ Le deuxième passage est plus intéressant. Après avoir établi sa thèse favorite sur la nécessité, pour les troupes à pied, de ne pas marcher en présence de l'ennemi, Tauteur en vient à Saint-Jacques : « Une autre foys « advint, devant Basle, que les Suysses se trouvèrent contre « les Françoys et, parce qu'ilz marchèrent, les Françoys les « desconfirent-. »
Bueil ne voyait donc, dans la tactique des Suisses, qu'une faute contre les règles de l'art militaire. Étant donnés les préjugés du temps contre l'infanterie, il était difficile pour un contemporain de distinguer ce qui, dans Tattaque des confédérés, était le fait d'une folle imprudence et ce qui appartenait à une méthode nouvelle, consistant dans l'offensive de cette infanterie si méprisée. En effet, c'était la première fois que paraissait dans le monde cette tactique, dont les surprises avaient été jusque-là réservées aux seuls Autrichiens. Or, ces derniers, toujours battus par les Suisses depuis plus d'un siècle, n'avaient pas encore compris la cause de leurs défaites. On ne saurait donc faire un crime à Bueil de n'avoir pas discerné un fait, dont le désastre des assaillants était de nature à dissimuler l'importance.
Cependant, l'offensive des gens de pied était destinée à bouleverser promptement l'art militaire. Quelques années après,
1. a En autres lieux, il est advenu que les foibles coinbaleurs... onl f vaincu leurs ennemys, comme naguères, devant Basies, les Françoys « desconlircnt les Suysses. » — Jouv., 3° partie, ch. m.
2. Ibid., 2' partie, ch. xvii. — M. Bernoulli (p. 3) méconnaît, croyonsnous, le véritable sens de ces lignes (déjà citées dans |j Sa-c. Schr.. p. 95), lorsqu'il considère l'attitude défensive adoptée, dans cette campagne, par le Dauphin, comme une application du précepte invoqué ici. En eflel, Bueil entendait seulement signaler le danger résultant de mouvements tactiques, exécutés sur le champ de bataille, par de l'infanterie ; mais il n'a jamais pu songer A blûmer toute olVensive stratégique, non plus que l'offensive tactique de la cavalerie. Pour s'en convaincre, il sufllil, du reste, d'examiner la nature des exemples historiques cités dans le Jouvencel.
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les Confédérés devaient prouver, dans les guerres de Bourgogne, que, si l'infanterie du temps était mauvaise, c'était parce qu'on ne prenait pas la peine delà former, et qu'une armée, qui avait peu de cavalerie, pouvait, avec ses seuls fantassins, marcher et attaquer sur le champ de bataille, sans perdre son ordonnance.
La défense de l'infanterie suisse produisit cependant une grande impression sur les contemporains ^ . Parmi eux, le Dauphin, soldat moins expérimenté que Jean de Bueil, mais qui, tout jeune, se connaissait déjà en homm.es, ne s'y trompa pas. Il garda de la bataille de Saint- Jacques un souvenir profond 2. Cette impression, qui, dans le présent, contribuait à sauver Bâle, devait donner naissance, dans la suite, aux alliances des rois de France avec les ligues suisses ^.
Le 27 août, sur la nouvelle du désastre de Saint-Jacques, les Suisses levèrent le siège de Parnsburg, en abandonnant toute leur artillerie. Le même jour, des corps, placés sous le commandement de Bueil \ s'avançaient dans le Jura, jusqu'à Waldenburg et Balsthal ^ qu'ils ne dépassèrent pas. L'armée suisse de Zurich leva aussitôt le siège de cette ville et, faisant descendre son artillerie à Baden par la Limmat, s'avança pour prendre position à Mellingen et à Lenzburg et s'opposer à l'entrée de l'ennemi^. A.u même moment, un corps de quelques milliers d'Écorcheurs remontait la vallée du Rhin, sur la rive droite, et s'emparait des Villes Forestières "^ . Cette troupe, commandée par Montgommery ou par le damoiseau de Commercy, avait le projet