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1444] INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. cxix
Cependant, le ^3 septembre, on arriva à un arrangement définitif'.
On remarquera les transformations successives de la politique du Dauphin à l'égard de Bâle. Tout d'abord, la reconnaissance des moyens de défense de la cité l'avait sans doute convaincu qu'il était inutile de songer à emporter la place autrement que par une surprise ^. De là, le piège tendu aux Bâlois, le jour de la bataille. La force ayant échoué, le Dauphin, au lendemain même de la bataille, et encore sous l'impression de la résistance opiniâtre des Suisses, eut recours aux négociations. En effet, il était dans le caractère du futur Louis XI de redouter les hasards des combats. L'intervention du Concile était aussi de nature à faire réfléchir, tandis que, d'autre part, les ambassades des Bâlois laissaient à supposer qu'on les persuaderait facilement d'accepter la domination française. Louis fut encore confirmé dans ces sentiments de modération par l'hostilité subite de ses alliés allemands, manifestée, soit par le mauvais accueil fait aux Écorcheurs en Forêt-Noire, soit, chose plus grave encore, par le langage peu amical des ambassadeurs impériaux. Il y avait lieu, enfin, de tenir compte de la Bourgogne, fort mal disposée et qui pouvait, d'un jour à l'autre, reprendre courage et couper la retraite aux Écorcheurs^.
Les Bâlois s'étant montrés aussi rétifs à la douceur qu'à la force, Louis se hâta de conclure la paix avec les Suisses. Aussi bien, ces derniers, après leur échec, étaient dans des dispositions pacifiques. D'ailleurs, le Dauphin ne se souciait pas de
reur, datée de la b' férié après la fête de saint Michel Archange (29 sept.), soit du jeudi 1"' octobre. — Ochs et Fecliter, l. c.
1. A Ensisheira, où le Dauphin s'était transporté. — Wurslisen, p. 384.
2. On aurait pu, il est vrai, tenter un siège. Mais, autant le Dauphin se serait fait peu de scrupule d'enlever Bàle par un coup de main, autant il lui répugnait d'avoir recours à un siège en règle.
3. Les exploits de ces derniers, et d'autres griefs encore, troublaient, à tout instant, la bonne intelligence entre la France et la Bourgogne. Celle-ci prenait, dès le mois de juillet, des mesures de défense contre les Ecorcheurs et, le 11 octobre 1444, le duc Philippe signait un traité d'alliance avec Louis duc de Bavière. — Escouchy, I, p. 17. — D. Plancher, IV, p. 257 et s., et Preuves, n" 137. — Tuetey, passim.
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continuer une guerre difficile, qui l'inléressail médiocrement, alors qu'il se voyait contraint de renoncer à la possession de Bàle qui lui importait beaucoup plus. S'étant donc transporté, le 5 septembre, à Ensisheim, Louis y tint une conférence avec les envoyés des conseils et des principales villes de la Suisse. Un armistice de vingt jours fut conclu, à partir du 20 septembre, avec les villes de Bâle, Berne, Soleure et leurs alliés ^ Enfin, le 2< octobre, Gabriel de Bernes signait, à Zofingue, avec les Confédérés, un traité ratifié, le 28, à Ensisheim, par le Dauphin-. Nous avons tout lieu de croire que ces dernières négociations^ furent surtout conduites par Gabriel de Bernes, le conseiller diplomatique de Louis. Cependant, le nom de Bueil figure au bas de l'original du traité, en tète de ceux des conseillers du Dauphin ''. Quant aux ambassades, envoyées en Allemagne par le Roi et son fils, pour réclamer l'exécution des promesses de l'Empereur et régler Tèvacualion de l'Alsace, il est probable que d'autres occupations empêchèrent Jean V d'y prendre part^.