Il est probable que Bueil continuait à résider à Ussé
2. L. c, 8. « La semaine passée, » c.-à-d. du 16 au 22 octobre, bien après la déposition de Damniartin. — Galchaut était à Tours, où, d'après Vallet de Vir., la cour séjourna aussi le mois suivant. Pour faire remettre sa lettre à Bueil, « Galchaut envoya quérir un nommé Colin « Princept, le concierge de l'hostel de Lange, aiipartenant à Louis de « Bueil, en ceste ville de Tours. » Ce passage établit, d'une façon certaine, que VihUel de l'Ange appartenait bien, comme on l'a supjiosé, à la famille de Bueil. D'après M. de Grandmaison (Notice sur l'Hôtel de M"" de la Vallière. Bulletin de la Soc. archéol. de Touraine, V, 336), l'hôtel des la Vallière (dit Hôtel de la Crouzille) était situé dans la paroisse de Saint-Saturnin, avec entrée principale sur la rue du Commerce (ancienne Grand'Rue), et s'étendait jusqu'aux quais et murailles. L'hôtel de l'Ange, vaste ensemble de constructions, touchait l'hôtel de la Vallière. C'était un des plus beaux hôtels de la ville aux xV et xvi" siècles. Il a servi, dans la suite, de Chambre des comptes aux ducs apanagistes. Louis de Bueil étant mort l'année suivante, l'hôtel dut passer à son frère Jean V.
3. Galchaut reçut la lettre le dimanche avant le jeudi 27 octobre, soit le 23. Bueil paraissait cependant quelque peu découragé. Le 2G oct. {Benoist, l. c, 9), il aurait dit au sénéchal que peu lui importait de n'être plus rien A la cour. Il serait content de n'y plus venir, pourvu qu'on lui continuât sa pension. — Quant ;\ Galchaut, son espoir se fondait sur la haine supposée du Roi pour le sénéchal et sur les autres alliances de Bueil, parmi lesciuelli's Vliloquier. « M. de BupII, dit-il, et Villequier est tout un. » — Il s'aj^it ici d'André de Ville(|uior qui remplaça en partie Brézé, dans la faveur royale, après la fon(|u<Me de la Normandie, en é|>ou-
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Toutefois, la journée du lendemain (27 oct.) devait arrêter définitivement la conspiration. Le matin, le valet de Benoistfut interrogé par les commissaires ^ Galchaut, de son côté, avait été mandé par le chancelier 2. « Quant au point des Agnès, dit a Galchaut, je lui ai dit que je ne scay que c'est et que je n'y « touche ^. » En ce qui concerne la place du chancelier, il assura avoir entendu dire que Rabateau la convoitait et qu'il en offrait dix mille écus. Interrogé sur ce que l'on disait des trêves, Galchaut fît l'ignorant et déclara seulement qu'il les croyait bien profitables \ Tous les autres propos furent niés par lui effrontément : inutile précaution, car Benoist, malgré les adjurations de Galchaut^, n'avait rien eu de plus pressé que d'aller raconter aux commissaires toutes les confidences de son ami.
Cependant, le Roi ne se montra pas très irrité. Quelques archers de la garde écossaise, qui s'étaient laissé gagner par le Dauphin, furent seuls mis à mort, et leur capitaine, Goningham, ne dut la vie qu'à l'intervention du roi d'Ecosse. Quant aux autres coupables, ils eurent facilement leur pardon. Le 28 décembre, la Reine accoucha de Charles, duc de Berry. La naissance de ce deuxième fils, qui devait causer plus tard de cruels soucis au Dauphin, devenu Roi, n'exerça pas non plus une influence favorable sur les relations de ce dernier avec son père. Louis, toujours profondément ulcéré, partit peu après
sant la nouvelle maîtresse du Roi, Antoinette de Maignelais. Le propos de Galchaut montre qu'eu 1446 ce personnage, peu honorable, jouissait déjà d'une certaine influence.
1. Le chancelier nioutra peu de confiance en son espion Benoist, car il interrogea aussi Galchaut sur la conduite de ce dernier.
2. Sur la dénonciation de Martin Héron, alors secrétaire du Dauphin, comme Bochetel et Jopitre. 11 était lils de Macé Héron, trésorier des guerres du Roi, puis son valet de chambre. — Lettres de Louis XI, I, 28 et passim.
3. 11 s'agit sans doute des propos qui couraient sur Brézé et Agnès Sorel, qui, disait-on, marchaient d'accord.
4. Allusion aux trêves conclues avec l'Angleterre. Ainsi que nous l'avons vu, on accusait Brézé d'avoir reçu, à ce propos, 400,000 écus.
5. Benoist ne s'était rendu chez Galchaut, à la demande de ce dernier, que muni de l'autorisation préalable du conseil du Roi.
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pour le Dauphiné^ Il ne devait rentrer en France qu'à la mort de Charles VU. Quelques familiers l'accompagnèrent dans son exil; mais peu d'entre eux devaient rester jusqu'au bout fidèles à sa cause 2.
Les deux Bueil ne furent pas sérieusement inquiétés. Le samedi 22 octobre, Louis soupail tranquillement au Chapeau- Rouge, à Tours^. Quant à Jean, soit hasard, soit qu'il crût pouvoir, comme il disait, aller et venir sans se soucier de personne, le jour même des interrogatoires (27 octobre), il se montra en ville et se promena publiquement dans les rues. Bien plus, dès la fin de la même année, ou le commencement de la suivante, Jean V touchait une pension du Roi et commandait, au nom de ce dernier, à un certain nombre de lances entretenues en Rouergue''. Dès le commencement de ^447, il était dans les meilleurs termes avec Charles VII, ainsi qu'avec son ancien ami Brézé^.