‹ Le Jouvencel (volume 2)Chapitre 96 sur 321 · Nous avons vu qu'il était, dès le 7 janvier 1447, à Lyon · texte numérisé non relu

Nous avons vu qu'il était, dès le 7 janvier 1447, à Lyon

2. V. Duclos, Hist. de Louis XI, 1 et IV. — Legrand, Hist. ms. de Louis XI (ms. fr. 6960). — Vallet de Vir., III, 102 à 110.

3. Benoist, 14. — Il était en compagnie de Mgr de Passavant (son beau-frère !" époux de Marie de Bueil?) et de Waste (Ilowaste de Montespedon). — Après souper, Louis de Bueil, s'emparanl de la torche de Benoist, se rendit vers Sainl-Gatien, dans l'hùlelow est madame Jelianne logée. Il s'agit ici ou de la femme de Jean V, Jeanne de Montejean, ou de la belle-mère de Louis, Jeanne de Tucé. — V. plus haut, p. liij, note 2.

4. Paiements faits à J. de Bueil, chevalier, conseiller et chambellan du Roi, de 40 i 1. et 500 livres sur sa pension. 9° et 10' Comptes de J. de Xaincoins, receveur général (l"oct. 144G-30 sept. 1448). Cabinet des titres, 085, f" 110 et 121 (communie, de M. de Beaucourt). — Quittance de dix hommes darmes de la compagnie de Bueil, pour leurs gages d'oct. à déc. Rodez, 19 déc. 144G. — Bueil avait le même commandement en sept. 14 i8. — V. \>\us. haut, môme ch., p. cxwiij, note 4. — Au premier abord, on ne s'explique |)as très bien comment Bueil, que nous avons vu en disgrâce dans l'été de 14i6, et conspirant encore à la lin d'octobre, pouvait, en ce même mois, commander une compagnie pour le Roi ou recevoir de lui une pension. On |)eut cependant supposer que les gages seuls des hommes d'armes couraient à partir d'octobre et que Bueil ne |irit le (omniandemcnt de la comjiagnie, ou ne fut rétabli dans sa pension, que vers la lin du trimestre. Il est assez probable aussi, qu'aj)rès la trahison de Dammarlin, Jean V, voyant le peu de succès de la conspiration, avait dû, dès le mois d'octobre, songer à faire son appointemenl avec le Roi. — Y. les deux notes suiv.

5. V. ch. suiv., p. clj. — Tringanl (XXXIX) s'exprime en termes liai-

1448] INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. cxlv

Bueil ne songeait donc point à suivre son maître en exil. En ^447, il figure encore parmi les pensionnaires de l'hôtel du Dauphin; mais, dès ^1448, il cesse d'en faire partie'. Cette rupture, qui alla dès lors s'aggravant jusqu'à la mort du Roi, eut sans doute pour cause principale l'évolution qui portait Bueil, comme bien d'autres, à se rapprocher des vainqueurs, tandis que ceux-ci cherchaient, par leur indulgence, à détacher du Dauphin jusqu'à ses partisans les plus compromis. Cependant on peut encore lui assigner un autre motif.

A cette époque, Jean de Bueil et sa famille étaient, comme nous le verrons plus loin, en procès, avec d'autres cohéritiers, pour la succession de Béraud III, dauphin d'Auvergne ^, succession à laquelle Jean V prétendait en qualité de fds de Marguerite Dauphine, sœur de Béraud. Parmi les terres réclamées par Bueil, se trouvait, entre autres, le comté de Sancerre, dont il fut, quelques années plus tard, mis en possession^.

Or, le 23 octobre 4448, le Dauphin Louis obtenait de Robert

leurs sur le compte de Brézé, qu'il considère comme un élève de son maître, Jean de Bueil.

1. Bibi. nat., ms. fr. 6966, fol. 162 (Copie de Legrand). Maison du Dauphin ; Pensions à vie et à voulenié (1447). — Cette note a été publiée par les éditeurs des Lettres de Louis XI (l, 217). La pension de Bueil (2,000 1.) est la plus considérable de la liste. Parmi les pensionnaires figurent Yves de Scépeaulx, comme chancelier, Jean de Montejean, Amaury d'Estissac et Guillaume de Courcillon, comme chambellans. Martin Héron, le dénonciateur de Galchaut, demeura aussi en fonctions (de même en 1448, Ibid., I, 32). En 1448, le nom de Bueil ne se trouve plus sur la liste des officiers du Dauphin (ms. fr. 6966, p. 220 à 224), ni dans divers extraits des années suivantes (Ibid., Comptes de Nicolas Erlant, trésorier du Dauphin. Copie de Legrand). — En revanche, nous avons vu (p. précéd., n. 4) qu'il figure, dès la fin de 1446 ou le commencement de 1447, dans les dépenses du Roi. Voici une autre mention datant de la même époque : « A mgr du Bueil, la somme de 2,200 1. t., pour argent preste au dit « seigneur, au jeu des festes de Noël, à Chinon, l'an 1445; de laquelle « somme le dit... Bueil n'a eu cédule, ne autre enseignement du dit sei- « gneur. » — Escouchy-Beaucourt, III, 257. Note tirée du ms. fr. 5537, fol. 4 (Rôle des dépenses, daté du 26 mai 1447).

2. Mort sans enfants mâles. Sa fille unique, Jeanne Dauphine, épouse de Louis de Bourbon, comte de Montpensier, était morte, à son tour, sans enfants, en 1436.

3. V. plus bas, ch. x, et, II» volume, à l'Appendice, des détails sur ce procès.

cxlvj INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. [1446

Dauphin, évoque d'Albi, comte de Clermont et de Sancerre el frère de Rcraud IIP, par donation, la nue propriété des terres auxquelles Robert prétendait, en vertu de ces titres 2. Le Dauphin de Viennois devait payer les dettes de l'évéque d'Albi 3. Il s'engageait, en outre, à faire régulariser cet arrangement par le Roi, au point de vue des procès pendants en Parlement. Au nombre des conditions du marché, se trouvait aussi, sans doute, la promesse d'appuyer Robert contre son compétiteur au siège d'Albi'*. Cette donation, qui ne reçut, semble-t-il, aucun effet dans la pratique, n'en faisait pas moins de l'héritier du trône la partie adverse de Jean V '.

Un point reste en partie obscur dans la conspiration du Dauphin. Les conspirateurs en voulaient-ils à l'autorité du Roi luimême, ou cherchaient-ils, seulement, à renverser un ministre qui leur déplaisait?

On aura remarqué la contradiction complète qui existe sur ce point entre la déposition de Dammartin et celle de Benoist. D'après les propos du Dauphin rapportés par le premier, c'est bien contre son père lui-même que Louis travaillait. Une fois le pouvoir conquis, il projetait même de conserver à Brézé sa situation. D'autre part, le confident de Benoist, Galchaut, croit tout le

1. Ce Robert est le même qui, nommé évéque d'Albi, par le pape, en 1434, en compétition avec Bernard de Casilhac (nommé par les chanoines et le concile), lit marché, un an après, avec Rodrigue et ses routiers, pour rentrer en possession de son siège épiscopal. — Quicherat, Rodrigue de Villandrando, p. 126 et s.

2. V. J'. Jus/., au 23 ocl. 1448. — Dans une 2° pièce datée du 26 oct., Robert cédait au Dauphin l'usufruit qu'il venait de se réserver contre une somme de (i.OUO écus d'or une fois pajéc. — Bibl. nat., ms. l'r. 6900, p. 19U, 19 1 et 203.

3. Jusqu'à concurrence de 6,000 1. t. — D'a|)rès Duclos {Hist. de Louis XI, I, 74), il s'agissait d'une pension de 0.000 écus d'or. Dans le cas où Louis serait mort sans enfants, les terres à lui cédées devaient faire retour à la couronne.

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