‹ Le Jouvencel (volume 3)Chapitre 106 sur 316 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

80MMAIIB. — Murt de Louis de Bueil (février 1117). — Jean V vend Château -Froniont à la reiue Yolande. Engafceineni et rachat do la scignourii' de Mirel)eau (1 (31*1 IIK). — RopriM*de« hostilités avec TAnglcter're. Conquête do la Normandie. Bueil capitaine do Cherbourg et amiral de France ^1418-1 lûOj.

Sur ces entrefaites, Louis de Bueil était mort dans une des joutes chevaleresques que la paix faisait surgir de toutes part«* et où brillaient, au premier rang, les Angevins et les Bourguîgnons. Celle joule eut lieu à Tours le 5 février 4447', en pré* senee d'une noble assemblée, où figuraient, outre le Roi el la Reine, nombre d'autres princes el seigneurs, parmi lesquels on remarquait Jean de Bueil, Uammartin et Brézé. Mathieu Gough accompagnait, comme parrain, Jean Châlons', l'écujer anglais qui avait déOé Louis de Bueil.

1. Escouchy. — OliTîer de la Marche. — Bourdignê, I, XXVIll cl u

— Vallet de Vir. — En lUC eut liea Vemprùe du Dragon, entre CUmb et Razilly. Le roi René tint, l'aonée Auivante, prèft de Saumur, te Pmén lajoifeuse Garde, auquel Bueil a«6islait.

2 Lambron de LÎKnio eu a doooé un récit (Mém. de la Sce. ankéei. de Touraine, tome XI} dans un article intitulé Jautei et Toitnuftg, ««qaci nous renvoyons pour plus de détaiU. Los renseifnements de LuUmnm iu»nl tirés de manuscrits anglais. I^ récit prinripal, «loané in eiICMO, d'apn'Mi une copie «l'André Salmon, provient d'un manuscrit do xr* s. appartenant au Britisli Muséum (C4)H. Lansdowno. Ms. n**28j, 43* article, fol. 18 à 52 r). — V. aussi EHCOucby. I, 1U9. — Vallet de Vir., III, 116.

— D'aprèK The CkronicU of Fahpan (Lundres, 1359, in-4% p. 447},daM la 27* année du régne de Henri VI (ins-Ui'J), Louis de Bnetl avait arrusé (chatençed) Cbàlons de rerlain« faits de gnerre. Jour aorait clé pris fNKir prouver (aprore, re*^ arruMlions à Maunte ou .Van nce. Oa voit (|ue Kabyan He trotnpo de lieu el de date. — D'après Lambron, celle joute n'a pu avoir lieu dans l'intérieur de la «ilte de Tours, faaie 4e place, mais les licen étaient placées entre les remparts et les MuaUK «lans le quartier du Camp du M«Me, entre tes rues du Fau bourg- la-Rkki^ des Récollets, des FoMé«-Saint-Martin et Saint-Claude.

3. Jean Cbâlons d'après Fabyan, Haufr Cbalont) se faisait arrompa* Kner, entre autres, |»ar quatre poursuivants charjcé» de p«irter de«

1447J INTRODUCTION BI06RAPHIQUS. clj

GbàloDS entra dans les lioes vers midi, dans le plus brillant appardl. Une heure après, Louis de Bueil se montrait à son tour, suivi d'un cortège qui donnait une haute idée de la grandeur de sa maison * . C'est ainsi que son heaume était porté, devant lui, par le roi de Sicile en personne. Avant d'entrer, Louis fit demander au Roi, par Pierre de Brézé^, si son adversaire, Jean Châlons, était de noble maison et tel qu'il pût, sans déroger, se mesurer avec lui. Au cours de la joute et durant la cinquième course, la lance de Châlons blessa Louis à la main droite, en perçant le gantelet. Poton de Saintrailles s'avança alors vers le Roi pour lui exposer qu'une pièce du harnais de Bueil s'étant rompue, il était nécessaire d'interrompre le combat pour le reste de la journée*. Le Roi ayant ordonné de consulter les chapitres^, Bertrand de Beauvau, sire de Précigny, qui en avait la garde, fît répondre que, d'après les conditions du combat, rien n'empêchait celui-ci de continuer'. Les deux adversaires fournirent donc une sixième course, dans laquelle

nières anx armes de leurs maîtres on aux armes de ChAlons. L'un de ces poursuivants, appartenant à Mathieu Gough, portait le nom ou plutôt le surnom de Beul,

1. Un manuscrit, appartenant à la collection de sir Thomas Philipps (▼. la note suiTante), contient une miniature représentant rentrée de Louis de Bueil. Contrairement aux données du récit (Lambron, p. 290), les armes figurées sur les bannières (de sable à 3 fers de moulin d^argent, posés deux et un) paraissent être de pure fantaisie.

2. La réconciliation des Bueil avec Brézé était donc une chose accomplie. D'après Escouchy (I, 108), Louis de BueU faisait alors partie de i'hôtel du Roi, conmie écuyer. Lambron indique (p. 302), dans un ms. du commencement du xyi' s. (Cheltenham, ms. de sir Thomas Philipps 8528, fol. 33 V*), l'existence d'un récit du combat, accompagné des généalogies des deux adversaires. Vérification faite, ces deux documents sont sans grande importance. Jean Châlons serait le descendant d'un cadet de la famille française des comtes de ChAlons, nommé Hardouin, et venu en Angleterre avec Guillaume le Conquérant. Le père de Jean, Henry Châlons, avait épousé Marguerite Clifton. Jean mourut sans enfants.

3. La blessure de la main droite devait, en outre, l'empêcher de se servir de sa lance.

4. C.-à-d. les conditions spéciales du combat, qui étaient mises par écrit et rédigées par article. Lambron donne (/. c, p. 333, aux Piè^ces justificatives) un spécimen de ces chapitres, datant de 1438.

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