Chartier
5. 22 octobre 1452 (le 23, d'après l'abbé O'Reilly). Les Anglais faillirent même s'emparer du comte de Clermont, qu'ils rencontrèrent peu accompagné sur la Gironde. — Escouchy, I, 413.— En même temps, les Anglais menaçaient les côtes de Nonnandie, confiées à Danois. — Basin; Vallet de Viriville.
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le Bordelais d'être conquis, presque en entier, par l'eimeini*.
Le 2 juin ^453, Charles partit de Lusignan avec son armée et la fit entrer en Guienne^. Pendant que Jacques de Chabannes prenait Ghalais^, Bueil, ayant sous ses ordres le sénéchal de Poitou, Louis de Beaumont et Pierre de Beauyau, seigneur de la Valssière^^ avec cinq à six cents lances, assiégea et prit Gensac*.
L*avis de quelques capitaines était de se porter directement sur Bordeaux ; mais Jean Bureau fit prévaloir un plan plus sage. Le gros de Tarmée, sous le comte de Clermont, devait opérer sur la rive gauche de la Garonne, tandis qu'un deuxième détachement, qui, d'après Tringant , avait Bueil pour chef% devait s'emparer des places du cours de la Dordogne. Gelles-cî pouvaient, en effet, en cas d'échec, servir de ligne de défense à l'armée royale. On décida d'attaquer, en premier lieu^ GasUl-
\ . Durant l'hiver, les Bordelais reçurent d^Angleterre de grands approvisionnements et un renfort de 4,000 hommes, commandé par Roger de Camois.
2. Le Roi était à Tours le 10 avril, aux Montils le 12, à Poitiers le 28, à Lusignan le 2 mai (Vallet de Vir.). Il séjourna ensuite aux ettvirons d'Angouléme.
3. Charente. — Le siège fut mis le 3 juin et la ville prise le 7 (Ghartier).
4. Beauvau avait sans doute acquis cette seigneurie de Macé Tieieelin (V. plus haut, p. clv). Il avait succédé à Bueil, comme lieutenant do comte du Maine. — Escouchy (II, 32) nomme aussi un Picard, Hugues de Salli.
5. Gensac, Gironde, arr. de Libourne. Escouchy dit 5 à 600 oombatr tants (lances?) : ce qui est sûrement une erreur. — L'abbé O'Reilly, ttttt. de Bordeaux, II, 50.
6. Tringant, XXXIV et XXXV. — U version de Charlier (cb. 260 et 261) n'infirme en rien le dire de Tringant. En etfet, d'après le premier, l'armée n'avait point de chef suprême; mais les maréchaux, l'amiral, le grand maître, le comte de Penthièvre, le sénéchal de Poitou, le eeigiieiir de la Vaissière, Jean Bureau^ etc., étaient, comme commissaires ruyau, chargés de la conduite des troupes. Aux personnages nommés ci-desius, on peut ajouter, d'après le même auteur, comme faisant partie de l'armée de deçÀ la Garonne, Gaspard Bureau, maître de l'artillerie, les geas du comte de Nevers, ceux du comte de Castres (Hls du comte de U Marche), etc., et, d'après Tringant, Joachim Rouhault, les sires de Montauban et de la Hunaudaye, René de Scépeaux et enfin le sire de la Forest. En effet (ce qui prouve l'exactitude de Tringant), le nom de La Forest Hgure, quelques jours après Gastillon, au bas de la capltalatkw de ^nt-£milion. — V. aussi Chron. Martinienne, fol. 295.
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jou et de Berry. Les hommes de Rouhault et de la Vaiseière forent culbutés et se retirèrent en désordre vers le camp, tandis que Rouhault, qui leur avait promis de mourir avec eux, soutenait héroïquement la retraite ^
Pendant ce temps, les chevaliers français, s*enfermant dans le camp retranché, avaient envoyé en arrière, sous Tescorte de leurs valets, leurs chevaux, devenus inutiles. Gomme le temps était chaud et sec, il s'éleva bientôt, sur le passage de cette colonne, un immense nuage de poussière. Trompés par ce phénomène et par de faux rapports, les Anglais crurent à une panique de leurs adversaires ' et s'avancèrent en toute hâte avec leur seule cavalerie^ laissant les gens de pied en arrière.
Ils marchaient donc en très belle ordonnance, au bruit des trompettes et des clairons, en criant à haute voix : « Talbot! Talbot ! Saint-Georges ! » lorsqu'ils vinrent tout à coup se heurter aux retranchements français, hérissés d^artillerie et remplis de troupes immobiles et intactes '. Le brave Talbot eut alors un instant d'indécision. Mais, se souvenant des promesses de victoire par lui faites aux Bordelais, il se crut engagé d^honneur à ne pas reculer. Son porte-étendard, Thomas Evringham, lui ayant conseillé d'attendre son infanterie et son artillerie, pour s'emparer ensuite des ouvrages par la force ou par la famine.
de la Roche, sénéchal d'AngouIéme. — Bibl. de l'Ecole des chartes, V série, Tol. UI, p. 245 et s. — Escoucby fait donc, à tort, usage de la date du 22 juillet et la Chron. Mari, de celle du 13.
1. Chartier. — Escoucby. — Basin dit, à propos des francs archers, c sine castris et disciplina e?agantes. i — D'après la Lettre SAngouléme et la Chron, Mart., Rouhault et Jacques de Chabannes auraient été aa-derant des Anglais, arec 100 ou 200 lances, l'espace d'une demi-lieue. Jacques de Chabannes, en faisant rentrer ses gens dans le camp, fut pris, puis déliyré.
2. Basin. — Chron. Mart, — A cette nouvelle, Talbot, alors en train d'entendre la messe, quitta brusquement son chapelain. — Escoucby.
3. A propos de cette bataille, l'auteur du Jouvencel (2* part.^ ch. x?ii) parle encore du danger qu'il y a, pour une armée, à se porier en avant, en présence de son adversaire. Or, ce danger n'existait pas, en réalité, pour les Anglais, qui avaient laissé en arrière leur infanterie. Jl eût donc été plus juste de leur reprocher d'avoir attaqué, avec leur seule cavalerie, des retranchements bien défendus.
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mille hommes d'armes * . En outre, huit cents francs archers, sous le commandement de Joachlm Rouhault', se logèrent dans une abbaye voisine. Jean et Gaspard Bureau', qui menaient avec eux une nombreuse artillerie^ et sept ou huit cents ouvrien, eurent à peu près terminé, en quatre jours, un grand retranchement défendu par des palissades et des fossés.
Cependant, Talbot, qui s'était, au printemps, emparé deFronsac, était rentré à Bordeaux à l'approche de Tarmée royale. Là, il voulait attendre et choisir son heure pour attaquer. Mais les murmures des Bordelais le forcèrent à reprendre rofiRBiisi¥B plus vite qu'il ne comptait. Bien instruit de ce qui concernait les Français, il se décida à laisser le gros de leur armée s'avancer tranquillement, sur la Garonne, pour attaquer le détachement de Gastillon, qui, moins nombreux, était, en outre, gêné par son artillerie'^.
Le 46 juillet, il quitta Bordeaux et gagna Liboume*. Averti par la garnison de Gaslillon, il fit trois lieues dans la nuit, pour surprendre, le 47^, au point du jour, les francs archers d'An-
1. Escouchy. — La Chron. Mari. (fol. 295) parle de SOO hommes^ mais H faut lire lances. En effet, d'après Chartier, les troupes du siège de Glia> lais comptaient, à elles seules, environ le cliiffre indiqué par Esooucby, auquel il faut joindre, d'après ce dernier auteur, le détachement de tiueil à Gensac. 11 semble résulter de ces ctiiffres qu*uae bonne partie de ces deux détachements, alors réunis, avait été consacrée à renforeer l'armée du comte de Clermont.
2. Joachim Rouhault, seigneur de Gamaches, depuis maréchal de France, est regardé par Tringant (XXXIX) comme un élève de Buell.