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4. BoeU ea iMMMBftieurs fois du Roi en cadeau. Y. la fin du chapitre.
xxTiij INTRODUCTION BIOGRAPHIQUB. [im
le Jouvencely y est traitée parfois avec une véritable éloquence et toujours avec une parfaite sincérité ^ Remarquons, toutefois, que la guerre n'était pas alors, pour l'homme d'armes, une maltresse ingrate, témoin Sforza et tant d'illustres capitaines, parvenus à la pointe de Tépée'.
On pourrait croire, d'après ces citations, comme d'après le témoignage de Tringaut (§ v), que Bueil se tint constamment éloigné de Tentourage des princes. Et cependant, Pauteur du Jouvencel ne sut pas toujours se préserver de la contagion de riqfrigue. Son amour-propre reçut à ce jeu de cruelles blech
i. Il faut capprocher de ces passages du Jouvencel le langage tont à &it analogue que Georges Ghaslellain prête à Bueil, dans la pièce intitulée : La mort du roy Charles VU; Mystère en vers {Œuvres de ChoiteUain, éd. Keryyn de LettenhoTe, VI, 453). — Dans cette pièce, la France gloriGe le Roi des grâces que Dieu lui a faites. — Le Roi répond en glorifiant les serviteurs qui Tont aidé dans sa lÂche. — Les ServUewr$ parlent à leur tour, chacun suivant son caractère, pour remercier leur souverain. Voici ce que dit Bueil :
c Pour vestir fer et en armes combattre,
c Dieu et nature ont noblesse ordonnée;
c Et pour l'orgueil des tors-faisans abattre,
« Quant leur force est en force foisonnée.
c Nul plus joyeux, ne glorieux esbattre . ,
< N'a noble main à proesse donnée,
c Que pour son Roy quereller et débattre,
€ Et pour la terre en qui propre elle est née.
a Jeune fus mis à ce mestier apprendre,
c Et, tout parera, oncq ne fis autre chose;
c Nécessité me fit les armes prendre,
< Et par contrainte y mis toute ma pose.
ff Les Angevins ay fait maint cas emprendre,
c Dont de TefTet sur honneur me dépose ;
c Geluy toujours ay mis en mon comprendre :
c Roy, prens en gré, dur m'est ta bouche close, i
2. On sait que le roi Louis XI avait pour François Sforza la plus grande admiration. 11 en avait fait faire un portrait, ainsi que celui de son fils : c Au peintre du duc de Millan pour deux pourtraictures du feu c duc de Millan (François Sforza, mort le 8 mars 1466) et du duc de pré- « sent (Galeas Marie) baillé au roi trente escus. • Cette note parait dater de 1466. Elle est donc de bien peu postérieure au temps où Bueil écrivait les lignes que nous venons de citer. Il serait intéressant de connaître le nom de ce peintre qui précédait, dans ces fonctions officielles, Léonard de Vinci. V., Bibl. nat. Ms. fr. 20490, 66 (Gaignières) : Parties dargent campiani baillées au Roi par Guill, de Varye.^ V. aussi, dans la Chronique de Georges Chastellain (II, 155), l'opinion de cet a^U|[^Mr Sfona.
14aO] INTRODUCTION BIOGRAPHIOUS. kxix
sures, et ces mortifications ne sont éyidemment pas étrangères au ton de profonde amertume avec lequel, devenu vieux, il s'exprimait sur le compte de la cour^ et des courtisans.
Mais, en Pannée U29, les preux de Château -TErmitage étaient jeunes encore et Tardeur naturelle à leur Age était encore augmentée par la nécessité d'échapper à la misère. Dans ce pays que désolait la guerre, il faUai t tout conquérir les armes à la main. C'est ainsi que nous voyons le héros du Jouveneel débuter par la conquête des chèvres et de l'unique vache du château de Verset'. Puis c'est le tour d'une lessive, dont il rembourre triomphalement son jacque crevassé^. Le but de ses entreprises grandissant en importance, il capture une troupe de chevaux < povresy mesgres et fardneux, » dont le meilleur, un peu estropié il est vrai, lui échoit en récompense de ses hauts faits. Ces récits caractérisent, d'une façon pittoresque, la situation telle qu'elle est alors dans les marches. Toutefois, à l'époque où nous sommes parvenus, les affaires de Bueil se sont un peu améliorées. Si ruiné qu'il soit par la guerre, Jean Y tient son jacque en bon état. Ses chevaux, loin d'être estropiés, sont des montures de prix, parfois même des présents du Roi^. Les plus mauvais jours sont donc passés, et nous pouvons nous écrier, avec l'auteur du Jouveneel : « Or^ il a tant fait qu^il est à « cheval, la mercy Dieu*. »
1. Voir an Jouv. la suite de la conTenation citée an pea pins haat, particaiièrement (p. 45) le disconn d'an ancien, qui pent être considéré comme exprimant les idées de Baeil lai-méme. — V. aussi, 3* partie, la fin du m* ch. et passim.