‹ Le Jouvencel (volume 3)Chapitre 16 sur 316 · II · texte numérisé non relu

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4. Sablé était la seule place du Maine restée au pouvoir des Français. — Chartier.

14S0] INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. xxtQ

citadelle de to domination étrangère. Ce fait est d'autant plus <&gne de remarque, qu'à cette époque, les compagnies formées de milices féodales étaient considérées, militairement parlant, comme inférieures à celles des routiers de profession. La noblesse du temps de Charles VI avait désappris la guerre^ ; mais elle la rapprit vite, sous Taiguillon de la nécessité.

Dans les confins de la Normandie eVdu Maine, les gens d'église et le peuple s'étaient soumis aux Anglais; mais les nobles avaient émigré sur les territoires demeurés au pouvoir de Charles YII, en emmenant avec eux leurs femmes et leurs en&nts'. En un pareil milieu^ l'on ne songeait qu'à combattre, sans se soucier des intrigues de la cour et de l'élévation ou de la chute des fovoris. L'auteur du Jouvencel insiste volontiers sur cette distinction entre la noblesse qui se bat et celle qui intrigue ^ : « Mes beaux messieurs, » dit le Jouvencel à ses amis, « j'ay tant ouy parler du Roy et de la très grant « nobleMoJft sa court ; vraiement je le vueille aller veoir ; si c me domiera ung chevaP. r Un vieux compagnon se charge de faire changer d'avis à ce jeune innocent : c Ha-a! fait-il.

c Que c^est bien diti Voulez vous ja^ aller faire la beste?

c Ne vous vault-il pas mieulx d'estre monté et armé de vostre

< adventure pour la guerre que d^aller à la court presser

c le Roy ne faire l'ennuyeux après les seigneurs, despendant c vostre argent et perdant le temps, comme font plusieurs c qui ne sçauroient vivre si on [ne] leur donnoit? > Et il ajoute que les armes payent toujours le souldoyer; car, ou il meurt, ou il vit dans une pauvreté honorable. Enfin, il peut aussi devenir le plus grand empereur du monde. Cette question de la supériorité du métier des armes, qui revient souvent dans

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