Var. : c qu'il scroit content de lui. i B. E
4. A la fin de ce chapitre, dans l'édition du Jouvencel par Vérard, il y a les passages suivants qui ne se trouvent dans ancun des manuscrits que nous connaissons :
« Qui veult acquérir bonne renommée, il doit premièrement faire le pourquoy et soy emploier en fais notables sans soy venter de vaillance qu'il face, et, ce qu'il affermera, il le doit doulcement
CMAPPITRE V.
Comment le Jouvencel vault aller à la court; et comment on lui remonstre que Vexercite des armes vault mieulx et qu'il n'y doit point aller.
Pour ce que l'appétit de i'horame est insaciable et
dire sans jurer. Car en gens de guerre qui trop jurent et maugréent, c'est signe de couardise. Aussi l'omme qui veult acquérir renom, doit estre moult soigneux et resveilier soy et antruy à faire belles et nouvelles entreprinses ou à bien garder ses gens et la charge qu'il a. Il se doit bien garder aussi qu'il ne soit cruel, furieux, ne terrible, tant aux siens que à ceulx qu'il prent prison* niers. Car il se mettroit en danger, s'il estoit une fois prins, et si en perd roi t sa renommée et son bon los. Et pour ce doit il user de clémence et estre doulx et begnin, se ce n'estoit à gens sans pitié. Il doit aussi estre large et libéral, sans estre chiche; car on dit d'ung homme chiche qu'il est vilain et fait contre l'onneur de gentillesse. Toutes ces vertus doit avoir le bon homme d'armes ou capitaine ; et telles les avoit nostre Jouvencel, en telle manière que la renommée de lui couroit et en estoient ja nouvelles en plusieurs garnisons et ilotes de gens d'armes, et estoit de chescun aymé mesmement pour sa beauté; car il estoit bel, de bonne contenance et de beau parage, tant à pié comme à cheval; et ne parloit-on que de l'avancer devant.
« Et pour ce aucuns compaignons de la garnison du Lut le per« suadoient d'aler à la court, et ne sçay se c'estoit par envie ou autrement, comme dit sera ou chapitre ensuyN^ant. Et, combien que ja par longtemps il cust esté ou dit chastel du Lut, si ne sçavoient le capitaine et ses gens comme on l'appelloit, fors que les compaignons disoient au capitaine qu'ilz le nommoient le Jouvencel. Et lors le dit capitaine leur dist : « Et le Jouvencel ait nom. i Et lui fut à coste heure ce nom imposé.
c Vous devez scavoir que de coustume les capitaines et chefs de guerre ne sont pas nommez par leurs noms, s'ilz ne sont bien cours^ comme Galiot, Salzard, Gascon, Poton, Blosset, Talbot, Floquet, etc. Mais on les nomme aucuneffois par le nom de lears
40 LE JOU\'ENCEL.
quicrt tousjours choses nouvelles, pourquoy très souvent il est deceu, et meismement par faulte d*expe-
seigneuries, comme Mongascon, Oaucourt, \Vilby,Scalef, Danoyi, etc. ÂucuDOtTuis on les nomme pour le nom des pays dont ilz sont, comme L'Arragoiiiiois, Navarrot, Lo (îaloys, Le Ilarroùi, ht Doaniois et autres; aucunefTois pour les imperfections qu'il2 oc. comme Le Dogue de Vilaines, Johan Le Daveux. Lo Manchet, [y Ik)rgne-Glisson, Le I)4)rgne- Foucault et plusiours autres. Et je nung capitaine, qui, en son iMifance, avoit nom Estienne de Vignol<*«, et touU'tVois, depuis qu'il se mist à suivyr la guerre jusque^ à m mort, on le nomma Laliire. Il ne so fault doncques point etbahir. se, pour la dilTcrence des aultres, nostre jeune homme fut nomme, par tout lo temps qu'il hanta les armes, I^e Jou\enceL •
Jacques Galiut, capitaine de gens d armes, qui, dans la gurrn» du Bien public, ]irit le parti des princes. (Voy. Mémoires de Tommynes, imI. do la Soc. de l'iiist. de France, t. I, p. »il.^ Il n»"» fani pas lo confonde avec Jacques de (lenouillac, dit Galiot, qai devint gnind maitre tle l'artillerie sous (Charles VIII. — Saisard. ou plutôt Salazar, capitaine de mutiers, d*origine espagnole. — Gascon, nom inconnu. — Poton de Saintrailles, bailli de Derrv i^t maréchal de Franc<' en IV^i, avait commencé c«>mmo Lahirv» par être simple oapituino. — lihsset désigne Roger lilo^set, seigOiMir de Saint-Mt)rise-i>n-TherouailIe et capitaine do Melun, ou le DorviM de HlossiM, seigneur «lo Saint-I*ierre. — John Talbot, romU> *!•• Shrewsbury ot do Woxfnni, maréchal do France. — Hubert d« Floques, dit FhH^mt, hailli d'Kvroux, ]mis niari*chal henMitairv Je Normandie. — l)t»rtrand VII île la Tour, soigneur de MonçasoM, comte d'Auvergne en liO!. — Haoul, sire do Gaurourt, guavernour du Dauphiné, grand maitre d'hôtel en 1153. — Robert, lorJ Willoughhy {Withi^) of Krosby, comte de Vendôme, capitaine d^ Rouen, Ruyeux, Ponl-<lc-rArcho oi iNmtoise. iWiy. Chroniqui et Matthiiu ilKsrnurhy, éd. de la Sur. de l'hisl. de Franœ, â U Table.) — Antoine Widwîll, lonl .SV/i/*'?. célèbre capitaine angUi«. iVoy. W'awrin, Chvtmioiut'x d'Ewjhttrre, éd. do M"» Du^ioûL, a la Table. I — Ji'.in, bitanl ilOrb-an-*, comte do Porcieu, puis J* Dunois. *irdw\ rliainbollan do Franeo. — Franoois do Surîoav. dit L'Armjo/intih, riU'bre i-apitaino de routiers au sorvioe dw .\nglais et du dm.' de Mour^rogno, Tut bailli do Chartres mu« lAMiiy XI. |Vny. Mntt. ti'Escnurhy, \ la Tablo.) — U Gaioys^ c'tA ]»ro}>ablement Le (ralois de Ronti cite dans Monsîrelei, Mm U
LE JOUYENGEL. 41
rience,j'ayvoullu prendre* pained'escripreetracompter les causes mou vans le Jouvencel, duquel je faiz principalle mention, d'aller à la court pour trouver aucun avantaige, et comment Fun de ses compaignons lui remonstre qu'il n'est ja besoing qu'il y aille, en lui baillant raisons et enseignemens contraires à ce.
Sy advint que, une fois entre les autres, le Jouvencel, dont j'ay parlé, se trouva en la compaignie d'aucuns ses amys et familliers de la garnyson dont il estoit. Si leur dist en ceste manière : < Mes beaux c seigneurs, j'ay tant ouy parler du Roy et de la très c grant noblesse de sa court, vraiement je le vueil € aller veoir; si me donnera ung cheval*. » A quoy luy respondist l'un de ses compaignons : < Ha-a ! que € c'est bien dit! Voulez- vous ja aller faire la beste'? c Ha ! beau sire , puisque vous avez voullenté d'estre € honmie de guerre* et que Dieu vous y a desja donné c bon commencement, ne vous vault-il pas mieulx € d'estre monté et armé de vostre adventure pour la
ch. 89. — Navarrot, Le Barrois, Le Dearnois, Le Menchot, Jehan Le Baveux, Le Borgne-Clisson, noms inconnus. — Le Borgne^Foucault, capitaine armagnac du commencement du x\* siècle. (Voy. MonS" trelet, à la Table.) — Le Bègue de Vilaines, conseiller de Charles Vil.