Var. : t la vérité de la chose, i Ed. Vérard et Lenoir
2. C'est lo sire de Retz, capitaine de Sablé. (Voir Commentaire^ XVIII, et la note qui est au commencement de ce chapitre.) Gnthor est Sablé. .
LE iOUVENGEL. 73
< je vouldroye que vous eussiés les fièvres; car se c vous ne fussiés [venus], nous eussions aujourd'huy c prins ceste place. Il nous en fauit aller, puisque le c jour est levé. »
Ainsy s'acheminèrent les ennemys et emmenèrent le Jouvencel et Jehannin Farchier, prisonnyers et firent leur ordonnance en ceste manière. Ilz povoient bien estre cent lances et trois cens archiers avec deux cens hommes de pié ou environ. Sy mirent xx lances devant et puis tous les archiers et les gens de pié après et les prisonnyers ; et demourerent quatre vingtz lances pour faire Tarrière-'garde. Et c'est une des principalles subtillitez de la guerre. Quant l'en est au retour d'aucune entreprinse, on doit tousjours lessier le plus fort derrière pour résister aux survenans et aux empechemens soudains, pendant que les autres se mettroient en arroy, comme firent ceulx de Grathor à ce retour. Car ilz se doubtoient d'estre surprins et ne s'attendoient pas du tout aux paroUes du Jouvencel, et pour cause. Car, conmie dit Yirgille, es vaincus n'a pas grant fiance.
Si chevauchèrent tant qu'ilz arrivèrent en la ville de Grathor. Et là furent le Jouvencel et Jehannin Farchier prisonnyers et mis à renchon. Si demourerent au chasteau à tenir prison par aucun temps. Et c'est la fin de ce présent chappitre, qui demonstre évidemment et mect en effect le conmiencement ^ d'iceilui.
i. Var. : • la fortune. • Ed. Lenoir.
CHAPPITRE m.
Comment la délivrance du Jouvencel fut trouvée et d'aucuns exemples servans à ce propos.
Aux beneurez et à ceulx qui sont disposés d'avoir du bien de fortune par la souveraine disposition de Dieu, [elle] baille premièrement des ostades ^ et des empeschemens plusieurs, adfin qu'ibs n'aient oocattoa d'eulx eslever en orgueil et presumpeion, quant ih parviennent en grant prospérité, et qu'ilz reoon- //^ gnoissent que tout vient de Dieu et non seuUement du bien d'eulx. Par le contraire, elle abuse et adveugle les yeulx de ceulx qu'elle vuelt en la fin trébucher, par ung peu de bons advenemens et de faincte fdîcité^ soudainement acquise et soudainement perdue. Et lors la malheureté leur est plus griefve à porter. Sy aide tousjours Dieu et reconforte ceuU qui sont en tribulation et puent plus enforcer le couraige d'un preudhomme par paine que par aise. Pour ce voulloit Dieu icellui Jouvencel estre prisonnyer et faillir à son entrcprinse pour aucunement modérer et actemprer le couraige, corrigier et reffraindre les challeurs de jeunesse. Sy advint que, quant le Jouvencel fut en prison, les nouvelles en vindrent au cappitaine de Luc^, qui en fut bien doullant et non sans cause. Et
1. Var. : a elle baille premièrement de ses estriUes et des ostacles. • Ed. Vérard et Lenoir.