Var. : c par un advancement de faincte félicité, i Id
3. Le capitaine de Luc est Guillaume do Brézé, qui avait pris Ghàteau-rErmitage (Luc), et sous les ordres duquel Jean de
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fist asçavoir le cappitaine au Jouvenoel qu'il se mist à fîoaoce et il trouveroit manière de le ravoir et eo bailleroit son seellé. Par quoy icellui Jouvenoel se composa avec son maistre et se mist à rençon. Et, pour ce qu il n'estoit pas grant argentier et qu'il avoit plus applicqué son entente à vaillance que à avarice, par quoy il n'eust pas peu payer grant sonune de denyers, il se iSst fort de leur baillier ung bon cheval pour sa délivrance. Et sur ce point il envoya Jehannin ï'archier, qui estoit avec lui prisonnyer, lequel il plega corps pour corps, pour finer et pourchasser envers son cappitaine la raençon qu'il avoit promise, qui ainsi le fist. — Sy s'en alla à Luc et obtint le seellé de son cappitaine pour la délivrance d'eubc deux, ouquel estoit promis rendre et baillier au seigneur de Crathor ung cheval baiart, qui estoit meilleur et de plus grant pris de tous les chevaulx qui estoient au cappitaine de Luc. Ainsi retourna Jehannin l'archier avec le seellé de son cappitaine et furent tous deux délivrez. Par quoy puet apparoir la fin et conclusion de ce chappitre, en tant qu'il touche la délivrance du Jouvenoel. Mais à ce propos puet estre narré ung exemple et recité pour admonestement.
Ou temps de Charles le Grant, jadis roy de France et des Ronunains, empereur des Allemaignes, après la grant destrousse de Rolland et Olivyer et autres vaillans hommes, en ce temps là ducs, contes, pers et fiefvez de France, qui fut faitte es plains de Roncevaux par l'admirai BalUgand , -qui pour lors occu-
Bueil (le Jouvencel) servait dans cette place. (Voir Commentaire, XV, et plus haut, p. 2.)
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poit les marches de Gecille et partie des Espaignes, demoura avec le roy dessus dit Tun des douse nommé Ogier, duc de Damiemarche, qui fut Fun des grans hommes et des vaillans dont soit mémoire es fais et histoires des anciens François. Sy servy bien et deuement son droitturier et souverain seigneur. Mais, par envye et à l'instigation d'aucuns qui le desiroieiit grever et travailler, après ce que Charles le Gros aisné filz du roy, eut occis et tué le filz du dit Ogier, nommé Baudouin, en esbatant et jouant aux eschez, comme racompte l'histoire plus amplement, icellai Ogier, avec le trouble de son filz, fut prins et mys en prison, mais non pas sans grant resistence. Si senties causes et façons de son emprisonnement contenuz plus au long es livres et cronicques de ses gestes ^ Neantmoins ceste prison lui tourna puis à grant prooffit, grant honneur et haulte renonmiée, combien qu'Q y fut par l'espace de sept ans. Mais ce pendant soo couraige doubla, sa force augmenta et cellui qui le persécuta, eut grandement à faire de son ayde. Si fut délivré et mis hors de prison à son preu et honneur et en lui accordant ce qu'il demandoit. Par quoy puet apparoir comment joye et aise ne puent estre oontinuelz; car, si ainsi estoit, ilz desplairoient. On poorroit reciter plusieurs autres histoires d'aucuns nobles, qui, par cas de fortune, ont esté prisonnyers ou (/ temps passé; mais la grâce de Dieu les a visitez. Lesquclz je délaisse pour le présent pour venir au très vaillant et courageux Jouyencel, qui, durant sa captivité, n'avoit pas esté esbahy ne defiaillant dé couraige;