‹ Le Jouvencel (volume 3)Chapitre 259 sur 316 · Var. : t Tenez. • Éd. Vérard · texte numérisé non relu

Var. : t Tenez. • Éd. Vérard

2. Var. : € Dieu soit loué et la Vierge Marie! • Éd. Vérard et Lenoir.

88 LE JOUVEIfGEL.

petit arrière fossé ^ qui estoit derrière celle haye: K lesserent une garde pour faire marchier après euh Jehan Han/on, FouUiers et Gallebrun. Et appointèrent les faire demourer au bout du champ près d*illec bien ceiccment.

L'ordonnance faitte, chacun exploita à faire œ qui lui estoit en charge ; et tous arrivèrent le plus celéement et le mieuix qu'ilz peurent es lieux qui leur estoicnt ordonnes. Et, quant le Jouvenœl, Piètres d leur compaignie furent à la haye, ilz habillèrent leun tronssons et les eschelles à ceulx qui dévoient eschdler. Et dist Piètres au Jouvencel : c II nous fault advic ser de trois choses, c'est assavoir, s'il y a eaue on c fossé et quelle parfondeur il y a, ou bourbe qd c uuyse à passer. Car en ce cas il fauldroit porter des c clayes ou fagotz, ou une corde pour atacfaier à uni; c gros pal au pié du mur, qui traversera tout le fossé, c adfin ({ue nos gens puissent aller selon la corde d c porter leurs tronssons le mieuix et le plus droit c qu'ilz pourront. Et aussi, s'il y a point d'eaue, il y i c hayc à passer ; il fauldra porter deux tronssons d*csc chelle et ung manteau^ ou une couverture et h c mettre sur la hâve ; et, selon la haulteur de ladide c haye, fauldra prendre les tronssons et les meltit c par dessus le manteau autant d'un oosté que d*autre, c pour garder que la haye ne chée et qu^elle ne laoe c bruyt; et aussi, s'il y a plcsseys, il nous fauUrt

1. Var. : < on ung potil bois arrièro d*ung fossé. • Èà. Vérari et Lenoir.

2. Var. : c il faudra ])ortor doux tronssons 1g mieuix et U ploi droit qu'on ])ourra ot dos oschollos et ung manteau, etc. » td. Vorard.

€ porter tronssons d'eschelles pour les coucher sur les c plesseys ; et nous fault avoir une serpe pour coupper c toutes espines et ronces, s'il y en a, qu'elles ne nous c nuysent. > Sur quoy le Jouvencel dist à Piètres : € J'ay bien tout advisé et scay certainement qu'il n'y c a que des espines ou fossé et ne vous fault que vostre c serpe. > — c II fault donc, dist Piètres, que ma € première dixaine se mette le ventre contre terre et c viennent ainsi jusques à la bute ^ après moy ; et c consequamment faittes venir la vostre aussi en ce c point. Advisés bien que toutes leurs sallades soient c couvertes, adfîn qu'elles ne reluysent point, et que nul c d'eulx n'approuche l'un de l'autre de la longueur c d'une brache, pour paour qu'ilz ne hurtent l'un c l'autre, qui est l'une des subtilitez de la guerre, c especiallement en eschellement et entreprinses € secrètes. »

Quant ilz eurent ainsi parlé, Piètres s'en alla et laissa le Jouvencel. Puis conunença à exécuter ce qu'ilz avoient devisé entre eulx deux, et tellement qu'il gaigna la butte; et de là s'en alla pareillement jusques au pié du fossé ; et là fist seoir les gens de sa dixaine loing d'une lance l'un de l'autre, chacun tenant en sa main son tronsson d'eschelle et autres habillemens pour combatre, qu'ilz avoient atachiés sur leur dos. Et lors s'en alla Piètres jusques au pié du mur, pour en adviser la haulteur et là où il asserroit son eschellement .

Et, quant il eut bien advisé son fait, il se fist baillier ses tronssons de main en main, aflfin que les compaignons ne bougeassent de leurs lieux et ne feissent

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