Var. : « asseurances. » A
2. Allusion à la puissance de La Trémoille, qu'on accusait de retenir les gages des gens de guerre et que Jean de Bueil détestait personnellement. Il prit une grande part à la chute cfl ce favori. (Voir J. Ghartier, ch. 94, et plus haut V Introduction.)
LE JOUVENGEL.
c mys, le plus raisonnablement que faire se pourra, c Et prendrons tribuz et appatissemens sur nos adverc saires le plus que nous pourrons ; et, sur oeuhc de c nostre party, ferons aucune cueillette la moindre et c la plus doulce que faire se pourra, en leur remonsc trant comment par ce moyen nous les soustendrons c contre tout le monde et garantirons envers tous c ceulx qui riens leur vouldront demander. Et ainsi c passerons le temps jusques ad ce qu'il plaise au Roy c nous faire aucune ordonnance. Et c'est quant au c second point, qui est le principal de nostre fait, c Advisés se c'est vostre plaisir qu'il soit ainsi comme € j'ay parlé. >
Âdonc respondit le Jouvencel : c Yrayement, c cappitaine, vous nous avez moult bien dit, et « n'eusse-en pièce advisé ne pourpensé si grans et c notables raisons ne telles manières de faire. Et pour c ce est belle chose d'ouyr parler les saiges et ceulx € qui ont expérience. Aussi dit-on que, pour adviser € et meurement délibérer, les anciens doivent préférer, c et les jeunes gens sont pour bien dilliganunent exec cuter. Mais pardonnez moy se j'ay rompu vostre « parolle, et vueilliez poursieuvyr et entretenir vostre c langaige, lequel, comme il me semble, est à nostre « grant prouffit et instruction. >
Après que le Jouvencel eut ainsi respondu, le Gappitaine s'appareilla de parachever ce qu'il avoit oommencié ; c'est assavoir, de leur dire et declairer le tiers point. Puis leur dist ainsy : c Messeigneurs et compai- <K gnons, je vous ay dit cy-devant comme je suy ja « viel ^ pour traveiller. Aussi est monseigneur de
i . Var. : c comme je suis doresnavant vieillart. • A.
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Roqueton ; et nous ne pourrons desoresmais exécuter les grosses entreprinses de guerre. Vous voyez cy le Jouvencel, qui est jeune homme, courageux et bien instruit en armes ; et pour sa présence ne lesseray point à dire vérité de ce qu'il m'en semble. Et, se je le loue devant lui, je croy qu'il ne s'en eslevera point en orgueil et presumption ; mais en sera plus humble et courtois. Car il puet bien et doit congnoistre que tous les biens et vertus, qui en lui sont, viennent de Dieu et non d'autre, et, se Dieu vouUoit, autant en pourroit-il partir et donner ou mettre en ung autre homme conmie en lui. Et, de tant comme Dieu lui a fait plus de grâce, en le parfaisant et garnyssant de vertus, il en est plus obligié à le servir, aymer et ensieuvyr ses commandemens. Or est-il certain que, s'il s'enorgueillissoit pour louenge, il feroit contre les commandemens de Dieu ; mais je croy qu'il n'en fera riens. Àinçois en sera plus humble, et encroistra sa force et bonne voullenté ; car ainsi doit faire homme de bon couraige. Pour ce ensieuvray et diray tout oultre ce qu'il m'en semble. Vous scavés qu'il nous a fort aidés et en toutes nos entreprinses a esté cause en partie d'en venir à chief. Vous avés veu et assès congneu comment, en toutes nos besongnes, il s'est vaillamment porté ^, etpovés appercevoir evidamment qu'il sera ung vaillant homme pour ce mestier. Aussi est-il noble homme et de bon lieu ^ extraict.
1 . Yar. : c et assès congneu la peine qu'il a prinse en toutes nos besongnes. • Éd. Vérard.