ËQ marge dans le ms. A. : c Grathor est Sablé
1 46 LE JOUVENCBL.
« pour fuittc que vous voyez, pour paour du nlie- < ment, tant que vous voyez bien que soyez les c maistres. Et, en ce faisant, à la grace-Dieu, k jov « est nostre. »
Ainsi partit le Jouvencel devant ses compaignooi, en se contenant au plus bel et mieulx qu'il peut, via ses ennemiz et les vit, peu plus, peu moins, en TertM qu'il avoil dit, et ung peu mieulx ; car ja avoieot arâé le Jouvencel et sa compaignie et miz quelque ordre à leur fait, et tellement qu'ilz estoient en bataille, oooibien qu*ilz fussent empeschiez de leur proye que à peine se povoient aider.
Ainsi donna le Jouvencel le premier, et tous ses gem après, qui bien le suivirent et de prez, teUement qa'ih rompirent la bataille de leurs ennemiz et les mirenl en deulx parties. Et lors le Jouvencel et les siens tou^ nerent à grant dilligence sur la partie qu'ils véoîent la plus appareillée de combatre et tantost les nièrefll juz. Et, celle partie descontite, Fautreeust grant paoor, tellement qu'elle tourna en fuite.
Ainsi desconfit le Jouvencel ses ennemiz par h congnoissance qu'il eust de la guerre. Car seuremeol touteffoys que gens ont fait une destrousse, c'est l'care qu'ilz doivent craindre de rencontrer leurs ennemii et c'est Teure que l'en doit assaillir. Et fut bien ooognei au Jouvencel. Les ennemiz estoient trois fois plus qw le Jouvencel, qui tous furent mors ou priz parla voukotè de Dieu, dont il voulut faire le Jouvencel exécuteur. Ainsi le siège fut levé ; et s'en retourna le Jouveoœl à CrathorS lui et sa compaignie. Et moult y eut m-