‹ Le Jouvencel (volume 3)Chapitre 286 sur 316 · Kn marge dans le ms. A. : c Qui est Sablé · texte numérisé non relu

Kn marge dans le ms. A. : c Qui est Sablé

coux de gens de bien celluy jour, qui firent grant service à la besongne, et les aucuns mors; Dieu leur face pardon ^ !

Quant le Jouvencel fut retourné à Grathor, ses ennemiz murmurèrent fort contre lui, et meismement ses amyz et ceulx de son parti, pour Tenvye qu'ilz avoient de ses bonnes fortunes^ que Dieu lui envoyoit. Mais tousjours son recours fut à Dieu et y avoit sa seulle fyance et espérance. Il n'avoit point d'orgueil et ne reputoit jamaiz les choses venir de soy et ne pensoit jamaiz avoir bien fait ; mais disoit tousjours en son cuer que Dieu lui avoit fait grant grâce.

Il advint par une espace de temps que les ennemiz firent une grosse entreprise sur Crathor , et dirent qu'ilz rueroient jus le Jouvencel et sa compaignie. Et, ainsi qu'ilz chevauchoient droit à Crathor^, rencontrèrent le Jouvencel, qui, tantost qu'il les advisa, donna des espérons, lui et les siens, au travers d'eux, tellement que, par la vouUenté de Dieu, il les desconfit ^.

Et est vray que le Jouvencel ne mettoit jamaiz nulz coureurs devant, sinon gens desarmez, qui alloient en tappinaige et en façon qu'on ne les appercevoit point à leur povoir. Et, se on les véoit, ilz alloient par telle manière que leurs ennemiz ne se effraioient point. Et, se d'aventure en avoit aucun priz, on lui defiendoit

i. Ce récit est exactement le même que celui que fait J. Chartier (ch. 78 et 79) de la levée du siège de Saint-Gélerin et de la victoire des Français à Beaumont-le-Vicomte. (Voir aussi (Commentaire, XXI.)

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