Var. : « exposition. » B
166 LE JOUYENCFX.
apperçeussent ; et chevaucha par ses journées teliemcnt qu'il arriva devers le Roy et fit son rapport bien et saigement comme il en estoit bien aisé, en disant : Sire, se vostre plaisir est de secourir voatre ville de Crathor et voz gens qui sont dedans, il me semble que je vous ouvreray moyens de par eulx ; par quoj vous pourrez avoir honneur et grant recouvrement de vostre seigneurie. Sire, veez-cy unes lettres que le Jouvencel, le vieil cappitaine de Crathor et le sire de Rocqueton vous envoyent; et se recommandent très humblement à vostre bonne grâce ; et aussi font tous les autres compaignons avec tous les habitans de vostre ville. Je vous certiflie. Sire, qu'ilz ont tous ensemble grant voulloir de deffendre bien vostre ville et la vous garder à leur povoîr. Et oultrc, Sire, leur est adviz que, si vous voullei faire diligence de leur aider, qu ilz seront cause, par la grâce de Dieu, du recouvrement de toute vostre seigneurie. Sire, tous ceulx qui y sont, ont hault et bon voulloir et sont gens de bien. Et sans faulte le bon homme, le cappitaine de Luc, qui est anoores cappitaine de Crathor, et le sire de Rocquetoo monstrent bien leurs sens et leur vaillance. Et. quant au Jouvencel, je croy que vous n'avei eo vostre royaulme homme pour mieulx servir à la guerre (fue lui. Et ilz Tout tous fait leur chief pour le sens et la vaillance qu'ilz ont trouvé en luy. Et aussi est il en (leur de guerroier, et les deux autres sont meshoan vieulx^ et ne pevent pas tant de peine comme lui ; mais leur conseil est bon et grant.