‹ Le Jouvencel (volume 3)Chapitre 302 sur 316 · Var. : o Ilardau. » D. E. — • Anlan. • C. — • ArdeoL iF · texte numérisé non relu

Var. : o Ilardau. » D. E. — • Anlan. • C. — • ArdeoL iF

É(l. Vêruni.

avoit-il en tous fais de guerre, et estoit saige et vaillant. Geste façon touchant les logeiz estoit que, en toutes ses compaignies, chascun a voit ung maistrelogeur. Et ce maistre-logeur portoit une petite bannerette comme d'ung pié et demy en carré, en quoy estoit la livrée de son cappitaine. Et, incontinent qu'ilz partoient des battailles pour aller prendre les logeiz, il ne fut osé partir ung chevaucheur pour aller au logeiz sur peine de la mort, sinon ceulx qui avoient une bannerette au poing. Ainsi n'y alloit que les logeurs, et n'avoient point les cappitaines de peine à tenir leurs gens. Et\ quant les logeurs estoient arrivez au logeiz, fut-en en ville, villaige ou aux champs, chascun mettoit sa bannerette, qui estoit en ung baston ou en une petite gaullette , à la fenestre de son logeiz ou sur ung buisson, si aux buyssons estoit. Et, quant la puissance arrivoit, chascun regardoit amont et aval, et, là où ilz véoient l'enseigne de leur logeur, ilz y alloient tout droit, et leur logeur leur monstroit où ilz se dévoient bouter. Ainsi n'y avoit cry ne hu, ne homme n'appelloit son paige ne son varlet, ne huchoit Gaulthier ne Guillaume. Mais tous se logeoient où il leur estoit ordonné, et, par ce moyen, n'y avoit bruit ne tempeste.

1. Ici le texte du ms. B. présente la variante qui suit : c Et, (]uaut \enoit au logier, chascun logeur alloit devant et attendoit là où chascun se dcvoit logier, fust en champs, maisons ou buissons. Les logeurs mettoient une petite gaulette debout, et là chacun trouvoit son logis, sans que personne cust cause de huchier son paige, Pernet, Guillaume ou Gaultier, et sans faire aucun bruyt. Mais tous se logeoient où ilz véoient que ordonné leur avait esté. Et, quant ilz furent tous ainsi, etc., ■ comme dans les autres manuscrits.

1 80 LE JOUYEIfGEL.

Et S quant ilz furent tous ainsi logez et leur gœl ordonné, les seigneurs se tirèrent tous au logeiz du conte de Parvanchières, où ilz trouvèrent le Mareschal de Grathor qui leur dit : c Messeigneurs, je vous aj dit aux champs la manière de vostre logeiz pour aller d'icy à Grathor. Mais de ce que vous avez k besongner et à faire sur le siège, je ne vous en ay point voullu parler ; car je ne sçay qui vous vouki qui y soit^. Et, pour ce faites appeller Gonnin', qui est bonne guide et seur, et au surplus ceulx qu'il vous plaira *, et je vous declareray vostre entreprinse et tout ce qui est possible que faciez sur ceulx du siège de Grathor. Et, pour Dieu ! qu'il n'y ait gens de qui vous ne soyez bien seurs et secretz. Gar ung mauvais garçon seroit tantost courru de cy à Grathor pour dire^ vostre convine, si elle n'estoit bien secrette. > — « Mareschal, ne vous soulciez; nous n'y appellerons gens qui ne soient pour oe fidre. Vous savez bien qu'il fault que les cappitaines y soient appeliez et tous ceulx qui ont charge, aflBn qu'ilz s'en sachent mieulx conduire. » — < Messeigneurs, dit le Mareschal, je ne le dy pas pour œak là. Je scay bien qu'il fault qu'ilz y soient et qu*ilz ne vous encuseront mye. Je ne le diz que pour beaucoup de menuz gens, qui vous suivent entre vous,

1. Ici finit la variante du ms. B. — Tout Talinéa qui va BuiTre manque dans les éditions de Vérard et de Lenoir.

2. Var. : « car je no sçay que vous voulez qui y soit fait. » E

3. Le Commentaire (XII) dit qu'il y avait un homme d'armes de ce nom.

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