‹ Le Jouvencel (volume 3)Chapitre 307 sur 316 · Var. : f au dessus. » B. Éd. Vérard · texte numérisé non relu

Var. : f au dessus. » B. Éd. Vérard

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quoy estoit de necoessité que le ooote de Parvandiières fist bon guet. Il estoit homme diligrat et vaillant et en peu de heure il eust fortifié son logeiz tellement qu'il fut en seurté. Et, pour la première nuyt, il y eust deux cens honunes à cheval, la lance au p<Hng, qui furent jusques à mynuit encontre le bout du p<mt en ung petit boys, qui y estoit, pour savoir s'il sauldroit homme, et grosses escoutes jusques sur le bort du pont et trois cens lances, qui y furent depuis mynuyt jusques à hault jour, sans le guet, qui estoit au k^eiz, où ilz estoient, en habillemens prestz à reoevoir leurs ennemyz.

Ainsi passa celle nuit le conte de Parvandûères, et le lendemain il fut tellement cloz et barré qu'il n'eust plus besoing, fors d'escoutes aux champs et grots guet en son logeiz; car il avoit gratit foison roennouvriers amenez quant et luy.

Ge jour eust une grosse escarmouche commencée par ceulx de Grathor; et puis saillist grant nombre de gens du logeiz du conte de Parvanchières, qui y vindrent par la ville. Le conte avoit deffendu que nul ne allast droit au pont; car ce jour il vouUoit délibérer bien arreement^ ce qu'il avoit à faire. Et tandiz qu'il tenoit ccHiseil là, où estoient les chiefz, les seigneurs de son armée et tous les gens de bien de Grathor, les compaignons ccmdmencerent l'escarmouche du costé de Grathor, si oultraigeuse qu'ilz vindrent jusques au champ diarger leurs ennemyz^. Et, quant le duc Baudouyn, le conte

i. Cet adverbe du verbe t arreer, i qui signifie : préparer, dis** poser. (Ducange, Godefroy.) 2. Var. : • Les compaignons menèrent ri asprement resear-

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d'Orte et messire Guillaume Boucqueton^ qui estoîent chiefz du siège, vidrent cest oultraige, dirent les ungs aux aultres : c Ces gens yci nous mengeront, qui leur c vouldra souffrir. Il faut leur monstrer que nous c n'avons point perdu le cuer. » Et adonc saillirent de leur champ à puissance, les banières au ool. Et vindrent charger les gens au conte de Parvanchières, tellement que à peu ilz n'entrèrent dedans la ville de Crathor. Et y en eust beaucoup de mors et de priz.

Et sur ce on vinthuchier au conte de Parvanchières, où il lenoit son conseil, et dire le cas tel qu'il estoit. Mais il n'en fit pas grant compte et dit : c Les folz font € les folies. Qui a les coups, si les boyve^. Si n'y € fussent pas alez sans congé. Encores avoy&-je de(- € fendu que on ne fit riens ou peu ennuyt. Et en de € telz qui sont pris ou mors, ainsi que je entens, que, c s'ilz fussent revenus, ilz en eussent esté pugniz. > — c Monseigneur, dit le Jouvencel, ilz estoient allez à € la ville et ne pensoient en riens à l'escarmouche et, c quant ilz ont veu le bruit, ilz sont sailliz et n'entenc doient vostre deffence sinon decy au pont. Car, par € la ville, il leur sembloit qu'ilz ne povoient periller. € Et noz gens ont commencié ceste folie pour le ooar- « raige qu'ilz ont de vostre venue. » — c Or ça, disl

mouche qu'ilz entrèrent bien avant jusques dedans le siège de leurs ennemis. » B.

1. Le duc Daudouyn est le duc de Bedford {Commentaire, XTV) ou désigne un lieutenant général quelconque du roi d'Angleterre (V. p. 2 et 4); — le comte d'Orthe désigne le comte d'Arandel (Commentaire, XXXVIII, et plus haut p. 4) ; — enfin messire Guillaume Bouqueton signifie Matthew Gough (Matago) ((TofAmentaire, XXXI).

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