‹ Le Jouvencel (volume 3)Chapitre 315 sur 316 · Var. : • aidera. » C · texte numérisé non relu

Var. : • aidera. » C

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le conte de Parvanchières et toutes leurs batailles. Et virent Toccision et la desconfîture qu'avoit faicte le Jouvencel, le Gappitaine et le Mareschal de Grathor et ses compaignons. Et d'autre costé regardèrent le duc Baudouyn, qui avoit prins place à leur avantaige et avoit ralié tous ses gens. Et estoient venuz tous ceux d'Escallon à son secours. Et, quant le conte de Parvanchières et les siens Tadviserent, se mirent en bataille d'autre part; puis demandèrent qu^il estoit affaire. Ghascun dit qu'ilz estoient en ung maraiz et avoient la ville à leur doz, dont ilz povoient avoir vivres et tout ce qu'il leur failloit, et de les combatre là qu'il n'y avoit point de remède, et pour ce failloit aviser ce qu'il estoit de faire. Sur ce respondirent tous qu'il seroit tantost nuyt et qu'il n'y avoit lieu là où ilz peussent loger, et n' avoient que boire ne que menger pour eulx ne pour leurs chevaulx; et n'y avoit lieu là où ilz peussent logier avantaigeux; et fauldroit qu'ilz feussent toute la nuyt en bataille ; pour ' ce ne conseilloient pas qu'ilz demeurassent là pour meshuy ; et puisque remède n'y avoit de les combatre, que le mieulx estoit de s'en retourner à Grathor, et qu'il n'y avoit que quatre lieues.

Ainsi furent tous de ceste oppinion. Mais bien desplaisoit au conte de Parvanchières qu'il ne faisoit mieulx. Mais force lui feust* de le faire ainsi. L'escarmouche estoit grosse entre les deux batailles ; le conte ordonna à l'Admirai et au Jouvencel en sa compaignie de demourer o tout trois cens lances derrière et de faire retirer tous les escarmoucheurs.

i. Var. : « Mais il lui feust neccessité. > Éd. Vérard et Lenoir.

Ainsi se achemina le conte de Parvanchières et ses batailles et s'en retourna à Grathor. Et, quant il fut a Grathor, il envoya quérir ung chevallier, qui estoit an conte d'Orte, nommé mcssire Henri Burct, qui avoit esté priz à ccste besongne^ et Tavoit priz ung archier, qui au Jouvencel estoit. Et le arraisona le conte et lui demanda des nouvelles ù son plaisir. Puis le fit boire et menger et Ten envoya au logeiz de son maîstre. Et se retira le conte et tous les seigneurs jusques à TaDdemain. Et au matin chascun dist au conte que le sire de Rocqueton avoit priz, quant messire Buret fiit priz. ung nommé Guillaume Bernard, qui estoit au duc Baudouyn et bien prouchain de luy et sa voit beaucoup de ses secretz et par lui pourroit savoir des nouvelles. Tantost le conte envoya quérir le sire de Rocqueton et lui manda qu'il amcnast quant et lui Guillaume Bernard, son prisonnier; lequel le fit incontinent. El, quant il fut devers le conte, le conte lui demanda :

< Sire de Rocqueton, comment fut priz Connin? » — c Monseigneur, dit le sire de Rocqueton, ce fut le

< plus tost fait que vous veistes oncques ; car il me c dist que je contre-attendisse ung peu et que je feisae € serrer noz gens, pour ce que nous approchions prei c d'ung fort payz, sur espérance de faire quelque

< pointe sur eulx; et ainsi le fis. Et cependant il les « alla veoir atout cin(]uante ou soixante' clievaulx.

< comme vous savez. Et, quant il fust là, il s'eschauib c en escarmouchant et cliai*gea, dont il luy est mal prins,

I. Var. : c à ccsto prinso ot rencontre, t B. — t ea «rt^ halailh'. » C. F. *J. Var. : I ijiiarante uu cincquauto. • A. VA. Vorard et Leooir.

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€ ainsi que vous voyez; de quoy je fuz bien esbahy * ; € car Connin est saige homme et froit ; mais il n'en est

< nul qui en tel cas ne s'eschauffe. Et ne fit sinon ce € qu'il devoit faire ; car il les véoit au pas. i — « Ha ! « nostre maistre, dist le conte de Parvanchières, vous « estes ung viel regnart, ne savez-vous pas bien que € tousjours aux passaiges on met volentiers quelque « embûche pour attraper les compaignons? i — c II « est vray, dist le sire de Rocqueton. i Puis dist : « Monseigneur, vecy Guillaume Bernard. Que vouUez- « vous dire? C'est ma foy ung fort baveur^. Ne le € croyez pas de tout ce qu'il vous dira. Car c'est ung « tel menteur que ce jouvenceau^ qui fut à l'ami-

< rai de BueiH. :» Adoncques demanda le conte au sire de Rocqueton : « Ne prinstes-vous que lui ce « jour? » — « Ouy, dit-il, Monseigneur, ung aultre « qui a nom Hourselay. i — « Dictes à ce baveur « qu'il vienne à moy. 9 Ainsi appella le conte Guillaume Bernard et le mena^ en sa chambre, qui lui demanda quoy nous ne savons. Mais depuis l'envoya

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