Ou plutôt de ses archers. V. la note plus haut
3. Anthon, en Dauphiné, au confluent du Rhône et de l'Ain. Le 11 Jnio 1430, Rodrigue y déût le prince d'Orange, engagé dans un défilé. — L'auteur du Jouvencel rapproche aussi la défaite de Rodrigue d*an cqoh bat yictorieux livré par le duc de Galabre dans les rues de Gènes, durant la nuit du 14 au 15 septembre 1459 {Rodrigue , p. 43 et 8. et 238).
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par l'împétuosilé des assaillants. Plusieurs des combattants d^élite qui tenaient la tète des routiers, entre autres un Yiliandrando, frère de Rodrigue \ tombèrent percés de coups, et pendant cette mêlée, les gens de trait eurent le temps de se jeter sur le bagage et d'y foire du butin. Gomme cela ne pouvait pas être de longue durée, le jeune capitaine donna à temps le signal de la retraite, et sa troupe, joyeuse et fière du coup qu^elle avait fait, s'éloigna plus vite que le pas, comme elle était venue. »
« Cette action fit du bruit en son temps, et la détrousse des ParUs-de-Cé fut l'une des prouesses qui défrayèrent les
conversations des bivouacs ' Il y a lieu de s'étonner
qu'un militaire d'autant de ressource que Tétait Rodrigue n'ait pas répondu sur-le-champ à la manœuvre de son adversaire par une manœuvre semblable. Faire descendre de cheval des hommes d'armes n'était pas une chose si extraordinaire. Lui-même l'avait foit à Lagny avec promptitude et succès. C'était une habitude des Anglais. Dans les batailles, les plus vaillants de leur chevalerie, mettant pied à terre, venaient se ranger parmi les archers pour leur donner courage', n est vrai que le comte de Ribadeo n'avait pas pour le moment ses archers sous la main ; probablement aussi
1. Ignoré de Pellizer. Ce frère de Rodrigue ne nous est connu que pw le témoignage de Guillaume Tringant (Note de Quieherat).
1. Ainsi que le remarque Quieherat, le but du récit du Jouveneel est de montrer l'inutilité de la cavalerie dans un terrain difBcile. Ceci est Traiy surtout de la lourde gendarmerie du xv* siècle. De là l'habitude des archers de planter en terre les pieux aiguisés qu'ils portaient et qni suffisaient à arrêter l'élan des chevaux. A propos de la détrousse du capitaine étranger (Rodrigue), le Jouveneel (3* part., ch. m) cite l'exemple de la cavalerie de Louis XI à la bataille de Montlhéry, qui, ayant devant elle un large fossé, ne put charger et reçut beaucoup de traits.
3. c Entre les Bourguignons, lors c'estoient les plus honnorez que ceulz « qui descendoient avec les archiers, et tousjours s'y en mettoit grant c qnanUté de gens de bien, affin que le peuple en fust plus asseuré et c eombatUst mieulx ; et tenoient cela des Anglois. • Mémoires de Philippe de Commines, 1. 1, ch. m [Note de Quieherat),
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qu'ayant affaire à de la jeunesse française, il ne s'était poim attendu à autre chose qu'à une bravade sans conséquence. •
n est certain que les dispositions de Rodrigue étaient en ccmtradiction complète avec le principe de tactique, alors reconnu, el proclamé par le Jouveneel, que Toffensive appartient à la eavar lerie^ tandis que Tinfanterie doit attendre Tattaque ^ . Budl, il est vrai, violait aussi le second de ces préceptes, en attaquant à pied des hommes montés ; mais il le faisait en vue d'une situation exceptionnelle.
En cette occurrence, le caractère et la conduite des deux adversaires est digne de remarque. D'une part, un homme d'âge mûr, soldat de fortune, commandant à des mercenaires disciplinés. Certes, Rodrigue connaissait son métier; mais il appartenait à rancienne école, qui avait appris la tactique par routine plus que par raisonnement. D'autre part, des milices pleines d'ardeur et déjà aguerries. A leur tête, un capitaine de vingt-six ans, qui fera plus tard, dans le Jouvencely une exposition, remarquablement vivante et lumineuse, de principes tactiques qui commençaient à se transformer à la moderne'. Les mêmes qualités, qui assuraient alors aux Français de l'Ouest leurs premiers succès sur les solides traditions de l'armée anglaise, devaient foire pencher la balance en foveur de Jean de Bueil.
Le vaincu des Ponts-de-Gé, très irrité de sa mésaventure, abandonna l'Ai^jou pour la Touraine. Au commencement d'oo-
1. Jouv,, 2* part, fin du ch. tui. — C'était on principe capital alors, TU le |>eu de solidité de l'infanterie du temps. Bien inf(àrieares à k phalange macédonienne, à laquelle elles ressemblaient, les batailles de gens do pied du moyen Age se désunissaient durant la marche, et offraleot alors une prise facile à l'ennemi. L*art suprême consistait donc à se faire attaquer par l'infanterie ennemie. La dèfensÎTe, arec de bons archers, contre une mauvaise infanterie et une cavalerie lourde et impmdenle, tel fut le secret des victoires anglaises. A la tin du siècle, TapparilioD de l'infanterie suisse, qui, ayant |veu de cavalerie, était bien forcée de prendre 1 otTensife, devait boulererser ces notions.
^. A un point de vue diflférent, Rodrigue représentait, an contraire, rinstitution moderne de la force permanente, tandis que BiieU oommaAdail a des milices féodales.
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tobre, il se troufait à la Haye sur la Creuse*. Bueil le suivit au sud de la Loire et courut s'eufermer dans la place de Mirebeau, qu'il détenait alors ^. « Aucuns, dit Tringant, ne furent pas < contents de la destrousse dudict Rodrigue,... estant en aucc torité autour du Roy '. » Ces grands personnages envoyèrent donc, devant Mirebeau, des forces considérables, commandées par Lyonnet et Poucet de Rivière ^, qui ravagèrent le pays et emmenèrent avec eux tout le bétail des environs. Les Angevins, qui avaient trois fois moins de monde, ne purent Fempêcher, mais le lendemain ils prirent leur revanche. Les ravisseurs se retiraient vers la Haye, pour y joindre Rodrigue. Après une longue étape, ils s'étaient arrêtés à la Qussière', fatigués et embarrassés de leur butin. Bueil, les ayant atteints au point du jour et au moment du réveil, les mit en déroute, reprit son bien et leur enleva tous leurs étendards.
Cependant Rodrigue, en train de panser ses blessures à la Haye, cherchait à se récupérer de ses pertes. Il criait à l'injustice, se présentait comme une innocente victime, et prétendait que les Tourangeaux lui devaient une compensation de la détrousse subie en Anjou. La cour était alors à Amboise. Charles d'Aqou s'y trouvait aussi, et malgré le désir qu'il pouvait en avoir, il évitait de s'éloigner, de peur de perdre Foreille du Roi. Il manda aussitôt auprès de lui le sire de Tucé, bailli de Touraine, pour conférer sur cette afEure, qui mettait en jeu toutes les influences rivales. En attendant, Rodrigue continuait ses réclamations. Il prétendait, entre autres, que la cité de Tours devait lui fournir un coursier, pour remplacer
1. La Haye-Deftcartes, ch.-l. de cant., Indre-et-Loire, arr. de Loches.
2. V. plus bas, ch. ix, l'affaire de CliAteau-Froniont et de Mirebeau.