‹ Le Jouvencel (volume 4)Chapitre 133 sur 324 · Notamment par Galais · texte numérisé non relu

Notamment par Galais

3. Spécialement du fer et du vin. G'est ainsi que nous voyons les navires de John d'Ormond, alors prisonnier de Dunois, faire, en avril 1454, avec un sauf-conduit signé par Dunois et l'amiral de Bueil, le commerce des vins avec l'Angleterre. Ges vaisseaux furent pillés par des Espagnols, en vue d'Harfleur. Plainte fut portée à la juridiction de la Table de Marbre, qui était celle de l'amirauté. Brézé fit arrêter les Gastillans. — Yallet de "Vir., m, 372, note. — Pour Ormond, v. plus haut, pages clxij, clxxj et clxxijj, note 2, et plus bas, ch. xvi. — Y., Bibl. nat., ms. latin 6024, pièce 92, une lettre du roi d Espagne (juillet 1455).

4. D'après Escouchy, une des raisons qui porta Gharles à leur laisser la vie sauve fut l'épidémie qui décimait alors son armée. Parmi les Gascons les plus compromis étaient les sires de Lesparre, de Duras et de Montferrand. Lesparre eut, deux ans après, la tête tranchée à Poitiers (Ghartier, ch. 272).

5. Enfin, quarante habitants avaient la faculté de s'expatrier. Y. ci-dessus la note sur les Lettres du 9 octobre.

6. P. Just,, Le, — Le 12, ils livrèrent douze otages, six Anglais et six Bordelais. — Escouchy.

ccx INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. [1453

mardi ^16, la remise en fut différée jusqu'au ^19. Les bannières de France furent alors arborées sur les portes, et les commissaires du Roi entrèrent dans Bordeaux ^

A la fin d'octobre^ le Roi revint en Touraine, où Bueil passa une partie de Thiver avec lui ^. Charles laissait en Guienne, en qualité de lieutenant général, le comte de Glermont, aidé, comme précédemment, de Théaulde de Yalpergue et de Jean Bureau. Mais, peu confiant, cette fois, dans les sentiments des Gascons, il faisait garder le pays par une nombreuse force armée. En outre^ les officiers du Roi avaient ordre de construire deux forts châteaux pour tenir Bordeaux en respect^. Toutefois, quelques mois après, Charles confirmait de nouveau les privilèges de cette ville *.

La Guienne définitivement reconquise, tout le sol de la France, sauf Calais^ était désormais libéré de la domination étrangère.

A peine arrivé à Tours, le Roi, afin de donner à Bueil l'occasion de prouver son innocence, ouvrit une enquête sur les différentes accusations auxquelles ce dernier était en butte'. Cette

1. Escouchy. —Les soldats anglais furent divisés en bandes, conduits par des hérauts d'armes et des gens de guerre, et rapatriés, chaque homme étant gratifié d'un écu.

2. y. plus bas, même chap. — Mentionnons ici deux quittances de Bueil, des 26 juin et 26 décembre 1453 {ColL de P. origin., dossier Bueil, I), pour ses 80 lances, payées en Normandie. La date d'une de ces quittances^ donnée en pleine campagne de Guienne, nous montre l'ordre avec lequel se faisaient désormais les paiements aux gens de guerre. — Bueil figure dans la suite du Roi lors de la translation solennelle de la tète de saint Martin dans une châsse neuve. — Y. le procès-verbal du 3 février 1454 {Gallia Christianay XIV, prov. Tours, Instr. 96 A). Cette translation est indiquée au 10 mars dans l'Histoire de Saint-Martin de Tours, de Raoul Monsnier (mss. de Tours, n" 1294 et 1295). — Grandmaison, Châsses de saint Martin, p. 8. — Bueil est présent à la séance du conseil (avril, Montils)^ où il est décidé d'accorder à Saintrailles des lettres de maréchal de France. — Legrand, ms. fr. 6964, p. 41, et 6965, p. 191.

3. Le Château-Trompette et le fort du Hâ. — Chartier, 271 et 274. — Berry, 472 et s. — Chron. Martin., fol. 297.

4. Ms. fr. 5909, fol. 241 v*. Copie du temps, sans date. — Ordonnances, XIV, p. 270. Lettres du 11 avril 1454 (Montils).

5. L'information se fit à Tours, sous la direction du chancelier de France et en présence de Bueil. — P. Just,, 1454.

1454] INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. caj

enquâte, mentionnée par nous, à propos des plaintes du duc de Sairoie contre les négociateurs de Cleppîé , portait encore sur d'autres points qu'il est nécessaire d'examiner en détail^

On se souvient que le Roi s'était servi, dans ses négociations avec le duc, d^un certain Amancy, messager quelque peu intrigant, qui était tantôt au mieux, tantôt au plus mal avec le chancelier Jacques de Yalpergue. Au commencement de ^1453, Amancy avait été chargé de s'acquitter, auprès de la cour de Savoie, d'une nouvelle mission, dont le but principal était de poursuivre l'apaisement de Taffaîre des bannis^ tout en mettant les Yalpergue dans les intérêts de la France^. Dans un moment d'effUsion, Amancy révéla au chancelier que l'amiral de Bueil, malgré la grande faveur dont il jouissait auprès du Roi, entretenait avec le Dauphin une correspondance secrète et mettait ce dmiier au courant de tout ce qui se passait dans le Conseil. Amancy engageait Yalpergue à s^adresser à Jacques de Chalant, l'un des femiliers du Dauphin et parent du chancelier lui-même, pour obtenir la possession d'une de ces lettres et s'en servir pour renverser TamiraP.

Telle est, sans aucun doute, Porigine de l'accusation qui foillit enlever à Bueil la confiance du Roi durant la campagne de Guienne. Peut-être, Yalpergue, désireux de perdre Amancy et de faire montre, envers le gouvernement de Charles YII, d'un dévouement encore de fraîche date, avait-il informé ce dernier des propos tenus par son agent''. La malignité des ennemis de Bueil, parmi lesquels il faut, sans doute, compter les Chabannes, avait Êdt le reste. Il importait aussi d^examiner la conduite tenue par les conseillers du Roi à Cleppié, ne fût-ce que pour

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