y. plus haut, p. ccxY et ccxviij, son mariage
3. Fille de Thibaut IV Chabot, seigneur de la Grève et de Montsoreau, et femme de messire Jean de Jambes ou de Chambes, conseiller influent et maître d'hôtel du Roi, seigneur de Montsoreau (par achat fait à son beau-frère Louis Chabot) et d'Argenton, en Poitou. Leur fille Hélène épousa, en 1473 (contrat du 27 jany.)> Philippe de Comines. Leur fille Nicole ou Colette avait épousé Louis d'Amboise, vicomte de Thouars (mort en 1469), et fut depuis la maîtresse du duc de Guyenne, dont elle eut deux fiUes. — V. Port, à Montsoreau et à Chambes. — Mém, de Comines, éd. de M"« Dupont, III, 38, et éd. Godefroy, IV, p. 480. — Le P. Anselme, I, 118; IV, 563; et VII, 122.
4. £n effet, il est encore, en 1480, sous la tutelle de son oncle de Crissé. La même année, il reçoit une pension de 1,000 livres. Il eut, de sa femme Françoise de Laval, trois enfants. — V. le P. Anselme, Koréri et le Catal. des mss. de la Bibl. de Tours, an n* 183.
14561 INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. eeniQ
sel * . Hais la principale raison de la colère du Roi était que, dans tous ses pourparlers avec Louis, ce dernier, tout en protestant de son obéissance, réservait expressément la question de sa présence à la cour, suppliant son père de le laisser vivre à Fécart et montrant envers lui les plus ii\jurieuz soupçons^.
Charles Vil avait, en ^1456, de bonnes raisons de redouter une levée de boucliers projetée par le duc d'Alençon, avec Taide des Anglais^. C'était peut-être à tort qu'on soupçonnait le duc de Bourgogne de s'être compromis dans ces menées^; mais de nombreux indices autorisent à penser que le Dauphin n'était pas aussi innocent. Le Roi se décida à prévenir ses adversaires et marcha à la tête de ses troupes contre le Dauphiné, dans l'intention de s'assurer de la personne de son fils. En même temps, par lettres datées du Chastelar' (44 mai 4456), il ordonnait Tarrestation du duc d'Alençon, déjà très inquiet ®.
1. Cependant, par lettre du 25 oct. 1452, le Dauphin, qui n'avait pas prit part à la première expéditicyi de Guienne, ni à celle de Normandie (v. pins haut ses intrigues), offrait ses services au Roi contre les Bordelais révoltés. U assurait, eu outre, avoir jadis fait une tentative pour se joindre à la première expédition. Son offre fut repoussée par le Roi. — Kscouchy, I, 424 et s., 442; UI, 429. — Basin, I, 282. — Ms. fr. 6966. — Daclos, I et m.
2. Diaprés la Chran. de Chastellain (t. III, p. 53 et s.) et la Chron, Martin, (fol. 302), le bruit courait que le Roi voulait, tout au moins, déshériter le Dauphin, en faveur du jeune duc Charles de Berry, surnommé c le petit seigneur; t mais la lettre du comte de Foix au roi Louis XI (6 août 1461) établit qu'une année avant sa mort, Charles VU refusa de donner la Guienne à son fils Charles, pour aider à son mariage avec la fille du roi d'Espagne. Il ne pouvait, disait-il, détacher cette province sans le consentement du Dauphin Louis. Il y a donc lieu de croire que les soupçons du Dauphin n^étaient pas fondés. Le même oubli des sentiments naturels, que Charles avait parfois montré à ses serviteurs, reparaissait ainsi chez un fils, dont l'abandon contrastait durement avec la gratitude vouée par la nation au Roi libérateur. — V. Legrand, ms. fr. 6967, p. 79 et 97; et 6968, p. 271. — Duclos, III, 198 et s. — VaUet de Vir., III, 453.
3. Ceux-ci devaient descendre en Guienne et en Normandie. — Chartier.
4. Basin, I, 286 et s., et 333 et s. — Chastellain, III, 429 et passim.
5. Près d'Ebreuil, arr. de Gannat, Allier. — Chartier; Escouchy; Barante; HisL des ducs, VIII, 273. •— Le duc fut arrêté à Paris, au commencement de juin. — Chastellain, III, 160.
6« Ce dernier écrivait aux Anglais qu'après l'expédition contre le Dau-
ccxxiY INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. [1456
Louis , tout en envoyant à son père ambassades sur ambas* sades, chargées de messages les plus humbles^ armait ses sujets et ses compagnies; mais, au dernier moment, jugeant la résistance impossible; il s^échappa secrètement et se réfugia à la cour de Bourgogne, où, malgré la colère du Roi, il trouva le meilleur accueil * .
En eSet, Charles, qui s^était fait précéder par Dammartin ^,
phin, c il se tenoit sûr du retour de nopces. » Il se plaignait entre autres de ce que le Roi ne lui avait pas rendu Fougères. Mais, ce qui parait avoir surtout poussé au mal ce prince orgueilleux et susceptible, ce sont les blessures d'amour-propre que Charles infligeait aux princes du sang et le peu de cas qu'il paraissait en faire, c Et ne tenoit entour c luy que ung nombre de meschans gens et de meschant estât issus de c petite lignée, qui à présent le gouvemoient (Ëscouchy, II, 322). » — En ce qui concerne la complicité du Dauphin, le duc d'Alençon varia beaucoup dans ses interrogatoires. Il prétendit d^abord avoir reçu de lui des lettres le poussant à agir avec les Anglais. Mais il finit par être moins afiOrmatif (v., à ce propos, dans Chastellain, III, 429^ Topinion de cet auteur favorable à l'innocence du Dauphin et les aveux de Tévéque de Meaux). Plus tard, Louis, fugitif, menaça son père d'éraigrer en Angleterre, où il avait sa bannière dans l'armée du duc d'York. A son avènement, il n'eut rien de plus pressé qu^ de faire mettre le duc d'Alençon en liberté. Enfin, toute sa conduite, lorsqu'il apprit l'approche du Roi, montra bien qu'il n'avait pas la conscience très nette. — Quant au duc de Savoie, il feignait de suivre la même ligne que son gendre le Dauphin, tout en se tenant sur la réserve. Pour le procès et la condamnation d'Alençon, à Montargis puis à Vendôme (Bueil présent), v., Fonds Godefroy, Portefeuille 118. — V. aussi Chartier, ch. 284 et 285, l'arrêt de condamnation (10 oct. 1458). — Ghastellain, t. III, p. 477. — Les nombreuses sources citées par Vallet de Vir. — Escouchy, II, 357. — Barante.
— Dom Taillandier, II, 59. — Duclos, III, 100. Lettre de Dammartin sur les projets du Dauphin.
1. Il partit le 30 août 1456, feignant une partie de chasse, et se réfugia à Saint-Claude. De là, il alla trouver le prince d'Orange, à Nozeroi, et se fit conduire à Bruxelles par le maréchal de Bourgogne. — Ghastellain, III, 177. — Duclos, I, III, p. 97. — Barante, VIII. — Legrand, ms. fr. 6967.
— Vallet de Vir., IH. — Deux jours avant la fuite du Dauphin, soit le 28 août 1456 (Berry dit le 20 août), les Français, opérant une descente en Angleterre sous le commandement de Brézé, s'étaient emparés de Sandwich. Le lendemain, ils durent se rembarquer. La compagnie de Bueil prit part à ce fait d'armes, comme garnison normande, sous les ordres de Guillaume Chenu et Pierre Michel. — Berry, p. 475. — Legrand, ms. fr. 6967, p. 76. — Escouchy, II, 328. — Ghastellain, III, 347.
2. La Chron. Martin, renferme (fol. 298 et ss.) toute une correspondance de Dammartin avec le Roi, relative à ces affaires du Dauphiné, pendant l'année 1456. On y trouvera, en outre, une lettre du Daii|diiii|
1456] INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. eeuT
avait reçu, dans ^intervalle, une lettre de ce dernier, énumé-. rant les préparatifs militaires du Dauphin. Au reçu de celte dépêche, le Roi avait donné ordre à Dammartin, nommé lieutenant général, de s'avancer avec ses troupes et de se saisir de son fils ^ . Lui-même, quittant le Bourbonnais, se dirigeait sur le Dauphiné. Le 8 septembre, le Roi était au Ghâtelard^, et, dans Tincertitude où il se trouvait sur les desseins de Louis, il envoyait Lohéac et Bueil à Lyon avec des pleins pouvoirs'. En même temps, la présence de Dammartin à Genève empêchait le duc de Savoie de porter secours à son gendre et le poussait à faire sa complète soumission'*. Le 44 septembre, le Roi adressait au haut clergé dauphinois un manifeste dans lequel il relevait ses griefs contre le Dauphin^, annonçant qu'il avait chargé Bueil et Lohéac de pourvoir à la défense du pays^ et de procé-
adressée à une demoiselle très en crédit auprès de Charles, mais secrètement favorable à son fils. Cette curieuse missive, qui tomba aux mains du Roi, était sans doute destinée à compromettre Dammartin auprès de son maître. — Notons ici qu'à partir du règne de Louis XI, la Chron, Martin, perd son caractère original. Elle change de facture et cesse de s'occuper des Chabannes pour copier la Chronique scandaleuse et les Mémoires de Comines.
1. Le Roi était en septembre à Lyon et à Vienne; le 2 nov. à Vienne; le 27 nov. et le 5 déc. à Saint-Symphorien.» Basin, I, 282 et s. — Duclos, in, 110, 118 et 119. — Chron. Martin., fol. 302. — Vallet de Vir., III, 363.
2. Il y a, dans l'Isère, trois localités de ce nom, plus ou moins rapprochées de Grenoble.
3. Lettre missive^ en date du Chastellar. — V. P. Just., au 8 septembre 1456. — Legrand, Mss. fr. 6966, n» 1952, et 6967, p. 96 et s. — La lettre était déjà transcrite le 12 sept, dans les registres consulaires. Bueil était donc dà le 11 sept, à Lyon. — D'après Guichenon {Hist. de Bresse^ I, 80 et s.), il avait des troupes avec lui.
4. Le Roi, poursuivant l'exécution du traité de Gleppié, négociait activement avec la Savoie. Dunois et le connétable furent envoyés à Genève en sept. 1455 (Gruel, p. 407. — Catal. Jour&anvault, 1, 1896). De Ganat, en Bourbonnais, le Roi faisait demander et obtenait du duc (par Dammartin ?) l'assurance qu'il n'assisterait pas le Dauphin. — Lettre datée de Bourg, 20 août 1456 ; Guichenon, Hist. gënéal. de la maison de Savoie, I, 518.
— Lettre du Roi, à Dammartin, datée de Vienne, 2 nov.; Duclos, III, 217, et Legrand, Ms. fr. 6967, p. 71.
5. Du Chastelard, Duclos, III, 105. V. aussi Invent, des Arch, comm. de Lyon, p. 4, série BB 7, et Chron, de Chastellain, éd. Kervyn, III, 182.
— Cette pièce ne se trouve pas aux Ordonnances.
6. En même temps, le Roi faisait mettre en défense toutes ses forteresses du Nord, particulièrement celles de l'Oise. — Escouchy, II, 334.
cczxTJ INTBODUCTION BIOGRAPHIQUE. [1456
der, de concert avec les prélats et seigneurs, au règlement de tout ce qui concernait le Dauphiné. Les commissaires, aidés de Jean de Grolée, prévôt de Montjoux, et de Jean d'Aulon, sénéchal de BeaucaireS se rendirent {i7 sept.) de Lyon à Saini- Priest, pour s'entendre avec le gouverneur du pays, Louis de Laval, et les principaux Dauphinois^. Le Dauphin, bientôt soutenu par une ambassade du duc de Bourgogne^, ayant écrit pour se plaindre de ces actes ^, le Roi répondit qu'il était bien obligé de se préoccuper de Tadministration d'un pays que son fils abandonnait.
Peu après, Charles donnait à ces mesures provisoires un caractère permanent, qui ne laissait plus aucun doute sur ses intentions. En effet, le 6 avril U57, Louis de Laval, gouverneur du Dauphiné, de par le Dauphin, reçut de nouvelles lettres de provision, au nom du Roi^. Le même jour, ce dernier déclarait