‹ Le Jouvencel (volume 4)Chapitre 147 sur 324 · Chron. Scandaleuse, éd. Godefroy, III · texte numérisé non relu

Chron. Scandaleuse, éd. Godefroy, III

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du mariage (U62), sont, à juste titre, invoqués par H. de Beaucourt comme des arguments pour reculer la naissance de Charlotte aussi loin que piossible, c'est-à-dire jusqu'en HAA.

Nous arrivons à la troisième fille d'Agnès, Jeanne, l'épouse d'Antoine de Bueil, qui, d'après l'opinion générale, serait née vers ^1445, à Beauté-sur-Marne ^ Malheureusement, nous ne connaissons pas la date exacte de sa naissance et de celle de son flitur, non plus que l'époque à laquelle Jean Y contracta son premier mariage avec Jeanne de Montejean, la mère d'Antoine. Nous savons seulement qu'au moment de leur contrat (23 déc. 446^1), Antoine et Jeanne étaient tous deux mineurs, ce qui suppose que le futur n'avait pas plus de vingt ans. La future, sans doute un peu moins âgée, devait en avoir quinze environ. Nous retombons donc bien, pour la naissance de Jeanne, sur Tannée ^1445 ou sur les années immédiatement voisines, ce qui concorde aussi avec les naissances de Marie et Charlotte, nées, par hypothèse, enUÂS et 4444.

L'épouse d'Antoine ne lui avait pas toujours été destinée ; car, du vivant de Charles VII, elle fut une première fois promise à Prégent, baron de Preuilly. Ce dernier, qui avait été chargé de la nourrir et de l'entretenir, contre paiement d'une somme de six mille écus d^or, la garda chez lui jusqu'au moment où Louis XI la reprit pour la donner à son nouvel époux ^. En vertu du contrat de mariage, Jean de Bueil s'enga-

1. Non loin du bois de Vincennes. — Delort, 2. c. — Le Père Anselme à Charles VII. — Beaucourt, Agnès Sorel, p. 18, et Histoire, III, 288. — Vallet de Vir., III, 15. — Pour les biens possédés par Agnès, voir Vallet de Vir., Nouv. Rech. sur Agnès Sorel, aux P. Just, p. 82; et Clément, Jacqties Cœur, II, 110 et s. — Disons seulement, en passant, que le Roi lui avait fait don, près de Bourges, du château de Boisirousseau, plus connu sous le nom de Bois-sir-Amé. — La Thaumassière^ Hist. du Berry, I, livre I, ch. lxxxiii.

2. Delort, Z. c, p. 203, n" VI. Thouars, 15 mars 1465. Mandement du Roi aux trésoriers de France. — Le mariage de Preuilly ayant été rompu, on lui avait réclamé les 6,000 écus d'or. £n attendant paiement, ils furent promis par Louis XI à son conseiller et maître d'hôtel Raoulant de Lescouet, capitaine de Loches, qui assigna Preuilly en remboursement et lui fit saisir ses terres. Toutefois, le Roi, considérant les dépenses faites par

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geait à faire de son fils son principal héritier et, entre autres avantages, lui assignait comme demeure le château de Yaujours. Antoine devait aussi recevoir du Roi, par termes successifs, la somme de quarante mille écus d'or^ Ce dernier promettait enfin de faire légitimer Jeanne ^,

Ces alliances favorisaient trop les nouveaux desseins de Louis XI pour qu'il n'y eût pas recours. Il avait jadis montré ouvertement sa haine pour Agnès Sorel. Mais il n^était pas homme à dédaigner de se servir de ses filles, grassement dotées, pour se procurer des partisans'. Nous verrons, d'ailleurs, qu^avec le temps, il conçut pour les Bueil une véritable affection et qu'il entretint avec eux un commerce très suivi.

Peu après le mariage de son fils, Jean V, alors en résidence

ce dernier pour rentretien de Jeanne, finit par lui donner quittance de la somme. La vraie raison de cette libéralité de Louis XI était que l'on se trouTait alors au moment de la guerre du Bien public. Or, Preuilly, qui avait reçu ordre de se joindre aux nobles de Touraine, pour marcher avec le Roi contre les princes, assurait qu'il ne pouvait venir en suffisant équipage si on ne lui remettait les 6,000 écus.

1. 30,000 écus devaient être la propriété particulière de Jeanne, et 10,000 être employés en meubles par Antoine. — Un premier paiement de 10,500 écus fait comptanty c.*à-d. au moment du mariage, est mentionné au dos du contrat. — Un deuxième paiement de 22,0C^ livres tournois, acompte d'une somme de 7,000 écus d'or, aurait été fait Iç 4 février 1462, ainsi que nous Fapprend une attestation postérieure (v. P. Just. au 23 mai 1474) donnée par Nicole Riolay, devenu à cette époque secrétaire du Roi. La date de ce paiement (contesté plus tard) peut nous aider à fixer celle du mariage d'Antoine, qui dut être célébré entre le 23 déc. 1461 et le 4 fév. 1462. — En 1478, plusieurs enfants étant issus de ce mariage, le Roi fait don, par lettres patentes du 31 juillet, à Antoine de Bueil et à sa femme, de la ville, terre et seigneurie de Garentan et de leurs revenus jusqu'à complet paiement : i*> d'une somme de 29,500 écus d'or restant à payer sur les 40,000 écus inscrits au contrat ; 2** d'une somme de 24,000 livres dues à feu Jean de Bueil pour prêt fait au feu roi Charles VU. Malgré cette assignation^ la somme n'était pas môme entièrement payée en 1510, comme nous le montrent les mentions inscrites au dos du contrat par les officiers chargés d'opérer les versements. — Y. aussi, plus haut, p. clxxviij, note 1.

2. D'après le P. Anselme (I, 119), elle ne Faurait jamais été.

3. Il est assez singulier qu'un quart de siècle après la chute de La Trémoille, les fils et le frère des trois principaux auteurs du coup de main de Ghinon (Bueil, Brézé et Goétivy) aient épousé les trois filles d'Agnès Sorel. — • Cette remarque a déjà été faite dans la Biblioth, des Romans, oct. 1778, p. 148 et s.

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a Yaujours, recevait, par Pentremise de son ami Herry de Gouhé, seigneur de Fontenailies, une lettre du Roi qui lui demandait de lui envoyer son fils Antoine. Bueil répondit aussitôt (26 avril 4462), dans les termes suivants, qui ne laissent aucun doute ni sur la date de cette correspondance, ni sur le &it que Tancien conjseiU^ de Charles VII avait dès lors reçu son pardon : « Quant « à Anthoine de Bueil, sire, je vous remercye tant et si humble- « ment comme je puis de Tonneur quil vous plaist luy foire et « à moi aussi. Touchant Tappointement de Berquygny^ je le « vous envoyé, et tout ce que me manderez et commanderez, je « le feroye à mon povoir, et le cueur de mon ventre vous envoi- « roie, si je le povoye avoir sans mort. Mais vous avez et le a cueur et Tescript où il est^ et avez toujours eu' et croy sur « mon arme que vous le savez bien. Et quant vous me com- « manderez quelque chouse au voire le verrons^. »

Toutefois, cette première réconciliation ne pouvait pas être durable, attendu que Bueil ne rentrait ni dans ses chairs ni dans la confiance du Roi. Malgré les protestations de dévoue-

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