V. plus haut, p. vij
6. Et non 1476 (y. st.), comme le dit l^abbé Bourassé, p. 185.
7. Elle était pourvue d'un chapitre séculier de six chanoines et d'un doyen, remplissant les fonctions de curé. L'érection de la collégiale, par
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fîTait à Yaujours, &isant sans doute ménage avec son fils et sa beU&-fille.
Enfin, d'après M. Mégret Duooudray, le cartulaiFe de Saint- Galais contiendrait une convention^ conclue entre Jean de Bueil, seignoir de ce lieu, représenté par Guillaume de Tibergeau ^, son procureur à Saint-Galais, et Tabbé de Saint-Galais, représenté par son procureur Jean de Ronsard^. Ce traité, daté du 4 juillet 4476, fut ratifié par Jean de Bueil en ces termes : « Nous avons signé ces présentes de nostre main et fait sceller « de nostre seel^ le quatriesme jour de may, Tan mil quatre « cent soixante et dix-sept'*. »
Ce dernier était donc encore vivant le 4 mai 4477. D'autre part, sa femme, Martine Turpin, testait, étant veuve, le 20 août suivant'. Gomme Antoine de Bueil fonda, pour le repos de Tàme de son père et en échange d'une donation &ite à l'abbaye de Saint-Satur (en Berry), un anniversaire perpétuel, à la date du
Jean Brette, chanoine de Tours^ agissant au nom de l'évêque et du pape, est da 29 mai 1477. — Bourassé (l, c, pièce XVII, p. 232 et ss.) reproduit : 1* une bulle du pape Sixte IV, en date des ides (soit du 13) d'avril 1476, portant érection de la collégiale ; 2** deux donations faites à celle^i par Jean de Bueil les 7 et 20 mars 1477 ; 3* la ratification donnée par Nicolas Aubert, doyen de la collégiale, en date du 7 mars de la même année.
1. BulleUn de la Société archéologique de Touraine de 1875, m, 223 et 88., lettre de M. Mégret-Ducoudray. — Hucher, Mon, funér. de la famUle de Bueil, p. 27. — Cette convention était destinée à mettre fin aux procès sans cesse renaissants entre l'abbaye et les seigneurs de Saint- Galais. Le cartulaire de Saint-Galais étant inconnu à Paris et au Mans, nous ayons cherché sans succès à nous informer, par correspondance, à Saint-Oalais même.
2. Fils de Jean, le rédacteur du Jouvencel, A cette époque, ce dernier était donc mort, semble-t-il.
3. Plus tard abbé lui-même, pendant 38 ans, et grand-oncle du poète de ce nom. — BtUletin, l, c.
4. Signé : Jh. de Bueil. — Bulletin, l, c, p. 229. — C'est par erreur que M. Hucher (2. c.) imprime le 4 mars, au lieu du 4 mai, ce qui donnerait la date de 1478 et non celle de 1477.
5. Mégret-Ducoudray, l. c, — Ce testament a été vendu, à Paris, le 19 novembre 1866 (Maison Sylvestre, n* 4362 du catalogue), pour la somme de 172 fr. Nous savons aussi, par l'engagement de la vicomte de Garentan à Antoine de Bueil, que le 31 juillet 1478 le père de ce dernier ne vivait plus. — V. P. Just., à cette date.
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7 juillet ^ Ton pourrait conclure avec certitude de ces foits que Jean V de Bueil mourut le 7 juillet 4477.
Il Alt, suivaat Tusage de la famille, enterré dans la collégiale de Bueil. A la mode du temps, il s^était &it fondre, de son vivant, par quelque maître canonnier^ une dalle de bronze', qui portait gravée, outre une inscription et des armes, TeCBgie de Tamiral représenté étendu et les bras croisés^. Malheureusement, lors de la révolution de 4793, les onze tombeaux de la ftmille de Bueil, contenus dans la collégiale, furent détruits^ et la dalle, qui recouvrait la glorieuse dépouille du Jouvencel, dis* parut comme tant d^autres monuments contemporains.
1. Bulletin, ^ c, M. Mégret-Ducoadray ne donne pas la date de cette pièce.
2. Conf. ma. fr. 20493, fol. 2 (en 1481), avec la conyention condae entre Jean Bourré, un orfèvre et un canonnier pour faire une statue de cuivre, représentant Louis XI à genoux, de grandeur naturelle. Cette statue était destinée à orner le tombeau de pierre que le Roi avait fait faire, pour lui, à Notre-Dame-de-Cléry. Au fol. 5, on voit un croquis à l'encre, de la statue, chargé en marge d'observations critiques très curieuses, de la main de Bourré, sur la façon de reproduire la figure de Louis. Ce croquis, d'un monument aujourd'hui détruit, a été reproduit par M"* Dupont (Gomines, III, 339, et II, 270 et note) et par Quicherat, dans son Histoire du costume en France,
3. Ceci résulte de deux notes, concernant ce tombeau, attribuées à Gaignières. Ces notes, que Ton trouvera au dossier Bueil dans la Collection de Pièces originales, pièces 55 et 56, ont été déjà reproduites par Hucher (l. c. p. 9). En voici le texte : c 1* Au milieu du sanctuaire c du grand autel de l'église collégiale de Bueil est escrit sur une grande c tombe de cuivre : Cy gist sous cette tombe Messire Jean de Bueil, f dont Dieu ait Vame, chevalier, comte de Sancerre et baron de Chas- « teaux en Anjou, mary de feu Madame Jeanne de Montejehan, frère c aisné germain de feu Louis de Bueil, baron de Marmande, qui gist c auprès de luy, dont vous voiez les sépulcres. Vous presens, supplie et € requere qu'il vous plaise prier Dieu pour l'ame d'eux; lequel trépassa t le,., jour de... mil quatre cent... — 2* Dans l'église de Bueil une c plaque de cuivre jaune, proche le marchepied du maistre autel, chargée <c d'une figure d'homme qui est Jehan de Bueil, comte de Sancerre, et c dame Jeanne..., mort 14... ayant les bras croisés. Les armes de Bneil c aux quatre coins de la plaque. » On voit, d'après ces deux notes, que cette dalle avait été gravée longtemps avant la mort de Jean Y et du vivant de sa première femme, Jeanne de Montejean, mais après la mort de Louis de Bueil, soit entre 1447 et 1456.
4. Hucher, L c, p. 1 et 13; d'après le Registre des Délibéraiimu du district de Neuvy-Ie-Roi.
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Id se termine le rédt de cette existence de soldat, qui touche à la plupart des grands événements du siècle. Nous avons cherché à peindre Fauteur du Jouvencel sous le double aspect que sa vie nous révèle. Pareil au héros de son roman, c'est avec une poétique auréole au front que le jeune capitaine de Ghâteau- PErmitage entre dans la carrière. Puis, Tâge arrive, et, comme cela se voit, le Jouvencel, sans reproche et sans souci, devient ambitieux. D est alors mêlé aux grandes affaires, ainsi qu'aux grandes intrigues. Tombé momentanément en disgrâce^ auprès de cette royauté dont il était un des plus fermes appuis, il entreprend son livre, pour charmer ses loisirs et pour y consigner les fhiits de son expérience militaire et politique. U y exprime aussi, en termes émus et éloquents, cet amour sincère' des armes qui est le trait caractéristique de son individualité.
Les hommes du x?^ siècle ont eu de grands vices, et ces vices s'étalent dans Fhistoire avec une ampleur qui ne permet guère de les ignorer. Par ses défauts, comme aussi par ses qualités, notre personnage était de son temps, et nous n^avonspas cherché à Ëdre disparaître de son portrait les défectuosités de caractère que Ton peut entrevoir ou deviner.
Nous croyons, cependant, qu'après les Barbazan et les de Lalaing, Jean de Bueil peut compter parmi les meilleurs d'un siècle de révolutions et d'aventures, dans lequel les ambitions étadent grandes et le devoir difficile. Des défauts, après tout véniels pour le temps, ne doivent donc pas enlever à l'auteur An Jouvencel la sympathie du lecteur, pas plus qu'ils ne doivent £ure oublier la grande et héroïque part qui lui revient dans la restauration du pouvoir royal et dans la délivrance du sol firançais.
§ I. — Analyse du Jouvencel.
Le Jouvencel * , ou le Jouvencel introduit aux armes , est, sous sa forme romanesque, un véritable traité d'éducation militaire et morale, appuyé d'exemples et d'allusions historiques^. Le but de Fauteur est de faire profiter de son expérience les jeunes nobles en âge de servir et de leur enseigner à obéir, à combattre et, enfin, a commander. De là, trois parties, que nous allons analyser brièvement^.
PAEHiias PARTIE OU partie monostique* (5 chapitres).
Dans ce morceau, qui pourrait aussi être appelé l'école de la misère, on décrit l'éducation du héros du roman, le Jouvencel Défendre son droit et celui d'autrui, tel est le but du noble état de chevalerie. Aussi, l'auteur, qui a, dès sa jeunesse, firéquenté les guerres du roi de France ', a-t-il pour but d'écrire « ung petit traictié narratif » afin d^enseigner aux hommes d'épée à agir avec hardiesse et loyauté. Sa longue pratique lui a fait voir bien des choses inconnues à la nouvelle génération. Enfin, l'art militaire se renouvelle constamment et « de jour en « jour et de plus en plus croissent les engins des hommes et « renouvellent les manières de faire. »
Pour mieux enseigner les lecteurs, on entreprend de leur