y. plus loin, môme vol., page
cccTiU INTRODUCTION UTTÉRAIRE.
Du reste, sans parler de Tringant, les contemporains n'ont pas hésité à attribuer à Bueil la paternité de cette œuvre littéraire. C'est ce que démontre suffisamment le fait que le nom de ce dernier figure sur certains manuscrits comme celui de Fauteur du romand
Une partie des faits historiques renfermés dans le Jouvencel sont tout simplement indiqués comme tels par l'auteur, à titre de preuves ou d'exemples. Mais, uneautrepartie,laplus considérable et la plus intéressante, a été, à dessein, dissimulée sous le voile de l'allusion ou même rendue complètement méconnaissable. Ici, il est nécessaire de citer Tringant ^ : « Et pour ce que mes maistres «( dessus ditz ^ ne voloient pas déclarer les noms ne les lieux où a les cfaouses ont estez faictes, il leur a convenu quérir noms a estranges qui les a faict troubles. Car, quant de tous points « ilz eussent escript les noms et les lieux, ilz l'eussent faict plus « legiérement et myeux à leur plaisir. Mais le sire de Bueil, à « qui eulx et moy estions ne vouloit jamais qu'ilz le fissent, « parce qu'il ne voloit estre loué ne magnifié devant luy mesmes. c Car la plupart des chouses qui sont escrites audit livre il les (c a faictes et exécutées, dont d'autres s'en sont donné la gloire. »
Ainsi donc, comme beaucoup de pages du Jouvencel retraçaient la vie de Jean de Bueil, celui-ci ne voulut pas, par modestie, que son nom figurât en toutes lettres dans ce roman. Ceci ne paraît pas être une pure invention. En effet, Tringant nous dit ailleurs que son maître « ne donnoit point d'argent pour soy faire mectre es Chroniques^. » Enfin, nous avons relevé, à plusieurs reprises, le fait que ces mêmes chroniques n'ont guère rendu justice à la mémoire de Jean de Bueil '.
11 faut donc, dans une certaine mesure, croire à la modestie de Fauteur. Mais, à la crainte de l'offenser se joignait, sans
1. Tel est le cas, notammeat, pour les mss. fr. n"* 193, 24380 et 24381 de la Bibl. nat.