‹ Le Jouvencel (volume 4)Chapitre 252 sur 324 · Var. : f Tenez. » Éd. Vérard · texte numérisé non relu

Var. : f Tenez. » Éd. Vérard

2. Var. : « Dieu soit loué et la Vierge Marie ! » Éd. Vérard et Lenoir.

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petit arrière fossé S qui estoit derrière ceUe haye; et lesserent une garde pour faire marchier après eulx Jehan Hamon, Foulliers et Gallebruû. Et appointèrent les faire demourer au bout du champ près d'illec bien celeement.

L'ordonnance faitte, chacun exploita à faire ce qui lui estoit en charge ; et tous arrivèrent le plus celeement et le mieulx qu'ilz peurent es lieux qui leur estoient ordonnés. Et, quant le Jouvencel, Piètres et leur compaignie furent à la haye, ilz habillèrent leurs troussons et les eschelles à ceulx qui dévoient eschel- 1er. Et dist Piètres au Jouvencel : t II nous fault âdvi- € ser de trois choses, c'est assavoir, s'il y a eaue ou € fossé et quelle parfondeur il y a, ou bourbe qui € nuyse à passer. Car en ce cas il fauldroit porter des < clayes ou fagotz, ou une corde pour atachier à ung € gros pal au pié du niur, qui traversera tout le fossé, € adBn que nos gens puissent aller selon la corde et € porter leurs troussons le mieulx et le plus droit « qu'ilz pourront. Et aussi, s'il y a point d'eaue, il y a € haye à passer ; il fauldra porter deux troussons d'es- « chelle et ung manteau^ ou une couverture et la <K mettre sur la haye ; et, selon la haulteur de ladicte <K haye, fauldra prendre les troussons et les mettre <K par dessus le manteau autant d'un costé que d'autre, « pour garder que la haye ne chée et qu'elle ne face « bruyt; et aussi, s'il y a plesseys, il nous fauldra

1 . Var. : « en ung petit bois arrière d*ung fossé. » Éd. Vérard et Lenoir.

2. Var. : « il faudra porter deux tronssons le mieulx et le plus droit qu'on pourra et des eschelles et ung manteau, etc. » Éd. Vérard.

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porter tronssoDs d'eschelles pour les coucher sur les plesseys ; et nous fault avoir une serpe pour coupper toutes espines et ronces, s'il y en a, qu'elles ne nous nuysent. j> Sur quoy le Jouvencel dist à Piètres : J'ay bien tout advisé et scay certainement qu'il n'y a que des espines ou fossé et ne vous fault que vostre serpe. > — « Il fault donc, dist Piètres, que ma première dixaine se mette le ventre contre terre et viennent ainsi jusques à la bute ^ après moy ; et consequamment faittes venir la vostre aussi en ce point. Âdvisés bien que toutes leurs sallades soient couvertes, adfin qu'elles ne reluysent point, et que nul d'eulx n'approuche l'un de l'autre de la longueur d'une brache, pour paour qu'ilz ne hurtent l'un l'autre, qui est l'une des subtilitez de la guerre, especiallement en eschellement et entreprinses secrètes. »

Quant ilz eurent ainsi parlé. Piètres s'en alla et laissa le Jouvencel. Puisconmiença à exécuter ce qu'ilz avoient devisé entre eulx deux, et tellement qu'il gaigna la butte; et de là s'en alla pareillement jusques au pié du fossé ; et là fîst seoir les gens de sa dixaine loing d'une lance l'un de l'autre, chacun tenant en sa main son tronsson d'eschelle et autres habillemens pour combatre, qu'ilz avoient atachiés sur leur dos. Et lors s'en alla Piètres jusques au pié du mur, pour en adviser la haulteur et là où il asserroit son eschellement. Et, quant il eut bien advisé son fait, il se fist baillier ses tronssons de main en main, affin que les compaignons ne bougeassent de leurs lieux et ne feissent

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