LE 10I7YE!9CEL
RoquetoD ; et nous ne pourrons desoresmais exécuter les grosses entreprinses de guerre. Vous iroyei cy le Jouveocel, qui est jeune homme, courageux et Inen instruit en armes ; et pour sa présence ne lesseray point à dire vérité de ce qu'il m'en semble. Et, se je le loue devant lui, je croy qu'il ne s'en eslevera point en orgueil et presumption ; mais en sara plus humble et courtois. Car il puet bien et doit congnoistre que tous les biens et vertus, qui en lui sont, viennent de Dieu et non d'autre, et, se Dieu voulloit, autant en pourroit-il partir et donner ou mettre en ung autre honune conune en lui. Et, de tant comme Dieu lui a fait plus de grâce, en le parfaisant et garnyssant de vertus, il en est plus obligié à le servir, aymer et ensieuvyr ses commaodémens. Or est-il certain que, s'il s'enorgueillissoit pour louenge, il feroit contre les commandemens de Dieu ; mais je croy qu'il n'en fera riens. Âinçois en sera plus humble, et encroistra sa force et bonne vouUenté ; car ainsi doit faire homme de bon couraige. Pour ce ensieuvray et diray tout oultre ce qu'il m'en semble. Vous scavés qu'il nous a fort aidés et en toutes nos entreprinses a esté cause en partie d'en venir à chief. Vous avés veu et assès congneu comment, en toutes nos besongnes, il s'est vaillamment porté * , et povés appercevoir evidamment qu'il sera ung vaillant homme pour ce mestier. Aussi est-il noble homme et de bon lieu ^ extraict.
1. Yar. : c et assès congneu la peine qu'il a prinse en toutes nos besongnes. » Éd. Vérard.