‹ Le Jouvencel (volume 4)Chapitre 258 sur 324 · Guy de Fromentières · texte numérisé non relu

Guy de Fromentières

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lerànostre adventure. Car nous pourrons rencontrer aucun qui ne se double de nous. Et me semble que, quant on a fait une prinse, on ne doit pas pourtant arrester ; mais doit*on tendre à une aultre ; car on peut beaucoup faire avant que les ennemiz et adversaires soient advertiz de leur fait. > — Sans fauite, dit le Jouvencel, c'est très bien dit. Il nous fault appoincter, quant viendra sur le tart, pour partir. Dittes à tous noz gens qu'ilz facent ferrer leurs chevaulx, quant il sera heure ; et mettez gardes es portes, qu'ilz ne laissent nully passer après qu'on aura ferré, affin que on ne sache ne qu'il soit nouvelles de nostre partement. Et, quant vous aurez fait, si venez à mon logeiz et amenez avec vous Petit-Thomas, Jehannet et Gaigne-payz. » — c Bien, dit Gervaise, aussi ferons nous. Mais je hay ce ribault Gaigne-payz, pour ce qu'il est si couart. » — € Ne vous chaille, dit le Mareschal ; fl est bonne guide et seur, et n'y a petit trou ne venelle qu'il ne sache ou congnoisse. Mais il ne vous fault pas tenir ne plus fors ne plus foebles pour sa compaignie. Au regard des'aultres, ilz sont bonnes gens et hardiz; mais il ne sçaivent pas si bien le payz comme il fait. > — t Or sus ! dit le Jouvencel. C'est du moins [?] Allez faire dilligence de vostre costé et je la feray bonne du mien. Et ne failliez pas à venir à quatre heures, i»

Et ainsi se despartirent et allèrent faire ce qui leur estoit en charge, comme devisé avoient. Et semblablement le Jouvencel parla à ses gens et les fit appareiller. Et, quant quatre heures furent sonnées, le Mareschal

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d Gervaise vindrent au logeiz du Jouvencel et amenèrent Petit-Thomas, Jehamiet et Gaigne-payz. Et là ooudurent leur fait; et dit le Mareschal qu'il avoit envoyé deux autres guides devant, qui dévoient Tend^main revenir au devant d'eux au bien matin, c Vrayement, dit Petit-Thomas, je les congnoys bien, i\z sont bonnes gens et seurs, et parleront àcesthomme que vous savez de tousjours ; car je leur ay enseigné où ilz le trouveront. > — « Adonc, dit le Jouvencel, parlons de nostre partement. > — t Vrayement, dist le Mareschal , il me semble que nous devons ancore annuyt partir à la porte fermant et que chascun repaisse bien entre cy et là, afin* que on puisse chevaucher toute la nuyt jusques au lieu que j'ay dit à noz guides ; et là nous repaistrons ung peu et, selon ce que noz guides nous diront, nous besongnerons. Il est bon que vous dittes ceste entreprise au Gappitaine, au sire de Rocqueton et à Piètres, affin qu'ilz se donnent garde de la place, tant que nous soions retournés, i» — c II sera fait, dit le Jouvencel. Mais il me semble, Mareschal, que vous devez ancores ennuyt monter le premier à cheval atout dix lances et que vous comptez par nom et par surnom tous [ceulx] qui sauldront avecques vous, afifin que, soubz umbre de vous, ne saille nulz qui puisse aller dire les nouvelles. Et puis mettez gardes à la porte affin que nul ne saille s'il n'est congneu. Et puis monterez sur ceste petite montaigne auprez de l'appendiz aux vignes pour garder qui sauldra. Et ainsi, s'il y avoit aucuns estradeurs, ilz s'enfuiroient et n'auroient point congnoissance

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de nostre armée ^ ne de nostre chemia. Me semble en oultre que vous devez avoir une des guides avecques vous et l'autre demoura avecques nous et avec l'estandart et la tierce sera avecques Gervaise, qui mènera Tavant-garde. Si ne nous assemblerons point jusques au lieu de la repeue, où les deux guides qui sont partis nous doivent trouver. Et, quant au regard de vous, il m'est adviz que devez tousjours chevaucher quelque demy-quart de lieue devant nous. Et mettez deux de voz coustilleurs devant et en laissez trois ou quatre environ vous. Au regard de Gervaise, il me semble qu'il doit ordonner de la ville ceulx qui sauldront avec luy pour demourer derrière, faire l'arrière garde et saillir le derrenîer de la porte sans approuchier de nous, lui ne sa compaignie, afïin que gens du payz ne aultres ne puissent ouyr. Et ainsi chevaucherons sans arrester jusques au lieu de la repeue. Et, quant le Mareschal y sera arrivé, vous, Gervaise, et moy arresterons ung pou derrière tant qu'il ait repeu. Et, quant il aura repeu, il picquera oultre et yra sur les champs ; et vous et moy repaistrons ensemble. Ainsi nous serons seurement et ne pourra aucun approuchier de nous sans nostre sceu . >

Lors parla Petit-Thomas et dit ainsi : « Vrayement, messeigneurs, il me semble qu'il sera bon de vous teurdre environ de deux lieues pour eschever et laisser à costé le chasteau d'Escallon^; et ten-

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