‹ Le Jouvencel (volume 4)Chapitre 272 sur 324 · Allusion aux querelles des Armagnacs et des Bourguignons · texte numérisé non relu

Allusion aux querelles des Armagnacs et des Bourguignons

3. Var. : « envye. » B. — t fureur. » C. Éd. Vérard et Lenoir.

< Et, à ce propos, il est trouvé que jadis un grant € roy ou pays d'Asie prinst guerre contre deux frères, € qui tenoient en leur seigneurie l'une des parties de € Inde-la-Myneur et tant s'entre-amoient que jamais

< l'un n'eust beu ne mengié sans l'autre, ne ne fust € allé l'un en quelque lieu que ce fust, sans la com- € paignie de son frère. Sy advint qu'ilz furent tous € deux amoureux de deux belles et gratieuses damoy-

< selles. Et, quant le roy dessus dit les eut assiégez, € ilz lui demandèrent jour de bataille, que vouUentiers € il leur octroya^- Or vint le jour que la bataille fut « assignée que ces deux frères saillirent en belle et € plaisante ordonnance et tousjours chevauchèrent € coste à coste sans desemparer l'un l'autre. Si le « feirent si vaillamment que, pour briefve conclusion, « ilz gaingnerent la journée et leur adversaire s'en- « fouyt et retourna. Neantmoins, ou myllieu de la € bataille, l'un des deux fut tellement pressé par une « tourbe de ses ennemis qu'il fut porté par terre et € en dangier d'estre mort ou prins. L'autre frère, qui « l'amoit autant que soy-mesmes, adventura son € corps et se boutta vaillamment parmy la flotte*, « tellement qu'il rescouyt et sauva son frère. Quant « vint au soir et ilz furent retournés en leur maison, € ilz firent grant chière. Et, en souppant, conmien- « cerent à parler de leurs victoires en la présence de € leurs dames, tellement que l'une d'elles, c'est assa- « voir, la dame de cellui qui avoit rescoux son frère, « le commença à exaulcer et haultement le loer, en

1. Var. : « Et, quant le roi dessus dit fut requis à la bataille, vouUentiers la leur octroya, i Éd. Vérard.

Page 1