‹ Le Jouvencel (volume 4)Chapitre 292 sur 324 · Var. : « qui s'i hébergent. » A. G. F. Éd. Lenoir · texte numérisé non relu

Var. : « qui s'i hébergent. » A. G. F. Éd. Lenoir

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Ainsi fiit conclud entre lui et ses compaignons ; et partit le Jouvencel de Grathor^ en belle compaignie, et envoya ses guettes pour sçavoir nouvelles de ses ennemys et pour parler à ses guydes qu'il avoit sur le payz. Et, à bien entendre, ces guides sont vraies espies, qui estoient à ses gaiges, demourans en l'obéissance de ses ennemis. Et ainsi que le Jouvencel chevaudboit, lui et ses compaignons, lui vindrent nouvelles, par l'une de ses guettes, que ses ennemys chevaulchoient droit à Crathor et qu'il n'yroit point là ou il pensoit.

Ainsi souventeffois advient que l'en ne va pas où l'en cuide; et, quant on cuide faire une entreprinse, on en fait une autre pire ou meilleure. Pour ce dit-on que les gens de guerre vont à l'adventure ; car, quant ilz partent de l'ostel , ilz ne scevent qu'ilz doivent trouver en chemin.

L'adventure^ fut telle au Jouvencel qu'il lui convint arrester, pour les nouvelles qu'il avoit ouyes. Et, ainsi qu'il parloit à ses gens en ung païs estroit, lui vint soudainement dire l'un de ses serviteurs : « Veez cy c nos ennemys. > Et tout à coup le Jouvencel dist à ses gens de pié : « Il ne fault pas reculler d'icy ; car < en recullant, se l'on chargeoit sur nous, nous serions

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