Var. : « et s'en vont atout leurs bagages. » Éd. Vérard
1 90 LE JOUYBNGEL*
« seilleront tout ce que vous aurez à faire. Et, si Dieu € plaist et Nostre-Dame de Bonne-Grâce, vous aurez « aujourd'hui grant honneur et ferez ung grant service € au Roy et à tout le royaulme. Nous avons desja fait € le signe à ceulx de la ville, qui ont bien congnois- € sance de vostre venue et sont desja plus de cincq € cens hors la porte aux champs et escarmouchant de « bien prez ceulx qui se retirent au grant siège. Et ne c veistes oncques le bruit ne le hu, qui est là devant, € si grant comme il y est. Toutes les cloches de la ville « sonnent ; tous crient : Parvanchières ! Sur mon âme, « vous auriez grant plaisir, se vous les oyez. Marchez « tousjours ; et nous en allons au bruit et vous rappor- « terons des nouvelles. » — « Or tost, dit le conte de « Parvanchières, Mareschal, nous nous en allons là où € vous nous avez dit, le plus dilligemment que nous € pourrons. Je vous pry que exécutons chaudement ce « que nous avons à faire, » Le Mareschal lui respondit : « Monseigneur, pour Dieu! ne rompez point « l'alaine de voz gens ; et n'entreprenez riens tant que « vous ayez parlé à ceulx de Crathor, qui bien vous « conseilleront et guideront en vostre affaire. > — € Mareschal, dit ung compaignon qui fut là, despes- « chez vous; car il y a le plus grant bruit que vous « veistes oncques : canons pètent terriblement; tout « crie, tout hue, tout bruit ; trompettes sonnent ; tout « sonne ^ ; et les cloches de la ville sonnent mesme- « ment ; tout maine telle noise qu'il semble que tout « doive fondre. Pour Dieu! avancez-vous. > — « Adieu, dit le Mareschal, Monseigneur, Dieu nous € doint bien faire, p