Var. : c au dessus. » B. Éd. Vérard
LE JOUVENGEL. 196
quoy estoit de neccessité que le conte de Parvanchières fist bon guet. Il estoit homme diligent et vaillant et en peu de heure il eust fortifié son logeiz tellement qu'il fut en seurté. Et, pour la première nujrt, il y eust deux cens hommes à cheval, la lance au poing, (pii furent jusques à mynuit encontre le bout du pont en ung petit boys, qui y estoit, pour savoir s'il sauldroit homme, et grosses escoutes jusques sur le bort du pont et trois cens lances, qui y furent depuis mynuyt jusques à hault jour, sans le guet, qui estoit au logeiz, où ilz estoient, en habillemens prestz à recevoir leurs ennemyz.
Ainsi passa celle nuit le conte de Parvanchières, et le lendemain il fut tellement cloz et barré qu'il n'eust plus besoing, fors d'escoutes aux champs et grotz guet en son logeiz; car il avoit grant foison mennouvriers amenez quant et luy.
Ce jour eust une grosse escarmouche commencée par ceulx de Grathor; et puis saillist grant nombre de gens du logeiz du conte de Parvanchières, qui y vindrent par la ville. Le conte avoit deffendu que nul ne allast droit au pont; car ce jour il vouUoit délibérer bien arreement* ce qu'il avoit à faire. Et tandiz qu'il tenoit conseil là, où estoient les chiefz, les seigneurs de son armée et tous les gens de bien de Crathor, les compaignons commencèrent l'escarmouche du costé de Crathor, si oultraigeuse qu'ilz vindrent jusques au champ charger leurs ennemyz^. Et, quant le duc Baudouyn, le conte
1 . Cet adverbe du verbe « arreer, » qui signifie : préparer, disposer. (Ducange, Godefroy.)