Var. : « Les compaignons menèrent si asprement Tescar
196 LE JOUVEWCEL.
d'Orte et messire Guillaume Boucqueton^, qui estoient dtàefi du siège, vidrent cest oultraige, dirent les uugs aux aultres : « Ces gens yci nous mengeront, qui leur € vouldra souffrir. Il faut leur monstrer que nous c n'avons point perdu le cuer. » Et adonc saillirent ée leur champ à puissance, les banières au col. Et vindrent charger les gens au conte de Parvanchières, tellement que à peu ilz n'entrèrent dedans la ville de Grathor. Et y en eust beaucoup de mors et de priz.
Et sur ce on vinthuchier au conte de Parvanchières, où il tenoit son conseil, et dire le cas tel qu'il estoit. Mais il n'en fît pas grant compte et dit : « Les folz font « les folies. Qui a les coups, si les boyve^. Si n'y « fussent pas alez sans congé. Encores avoye-je def- « fendu que on ne fit riens ou peu ennuyt. Et en de « telz qui sont pris ou mors, ainsi que je entens, que, « s'ilz fussent revenus, ilz en eussent esté pugniz. » — « Monseigneur, dit le Jouvencel, ilz estaient allez à « la ville et ne pensoient en riens à l'escarmouche et, « quant ilz ont veu le bruit, ilz sont sailliz et n'enten- « doient vostre deffence sinon decy au pont. Car, par € la ville, il leur sembloit qu'ilz ne povoient periller. « Et noz gens ont commencié ceste folie pour le cour- « raige qu'ilz ont de vostre venue. » — « Or ça, dist
mouche qu'ilz entrèrent bien avant jusques dedens le siège de leurs ennemis. » B.
1. Le duc Baudouyn est le duc de Bedford {Commentaire, XTV) ou désigne un lieutenant général quelconque du roi d'Angleterre (V. p. 2 et 4); — le comte d'Orthe désigne le comte d'Arundel (Commentaire, XXXVIII, et plus haut p. 4) ; — enfin messire Guillaume Bouqueton signifie Matthew Gough (Matago) {Comment taire, XXXI).