‹ Le Jouvencel (volume 4)Chapitre 324 sur 324 · Var. : « Mulet. » G. F · texte numérisé non relu

Var. : « Mulet. » G. F

2l24 LE JOUVENCEL.

< si dru qu'il ne me souvenoit que de mourir, llug « autre survint sur ce débat et me prist par la main

< et me dit : Rens toy; donne la foy. Et je luy miz ma « main dedans la sienne et lui diz : je me rens. » — c Savez-vous bien, dit le conte, qui sont ceulx à qui « vous aviez à besongner? » Il respondit : « Mon- « seigneur, nennil. » — « Ne savez-vous pas bien, dit « le conte, qui est cellui qui vous osta vostre gante- « let? » — « Non, Monseigneur, dit-il. Mais si je veoye « mon gantelet, je le congnoistroye bien. » — « Et « cellui à qui vous baillastes vostre main? » — « Ouy, « Monseigneur, c'est Gervaise à qui je donnay ma « main et ma foy. ï> Le conte fit tirer les parties dehors et le prisonnier à part et demanda l'oppinion de tous ; lesquieulx dirent tous qu'il estoit à cellui à qui il avoit baillé la main dextre, et que la main fait la foy, et cellui qui a la foy, l'emporte. Ainsi furent appellées les parties. Et vint Richart, qui apporta le gantelet du prisonnier, lequel advoua le dit prisonnier et congneust bien que Richart estoit cellui qui l'avoit priz par dessuz la main et lui avoit osté son gantelet; et confessa qu'il disoit tousjours : je me rens. Mais neantmoings il fust jugié à Gervaise pour ce qu'il avoit mise sa main dedans celle de Gervaise et lui avoit donné sa foy. Et fut dit que, quant le prisonnier ne pourroit parler, maiz qu'il touchast de la main, que encores souffisoit-il, mais qu'il touchast ou dedans de la main ; et le premier qui touche dedans la main dextre, l'emporte. Ainsi fut jugié à Gervaise qui l'en emmena ; mais Gervaise mena Richart soupper avecques luy en son logeiz, et lui donna une petite haquenée qu'il avoit, pour ce qu'il lui avoit aidié à le

Page 1