Bavard et menteur. (Fréd. Godefroy
3. Var. : f ce journeau. » A. F. — « Séjourneau. » Éd. Vérard et Lenoir.
4. L'amiral de Bueil est évidemment l'auteur de cet ouvrage; mais à quel fait ce passage fait-il allusion? G'est ce que nous n'avons pu découvrir. En tout cas il devait être quelque peu légendaire et avoir laissé dans la mémoire de Jean de Buoil des traces bien vives pour lui avoir fait commettre l'anachronisme de placer dans la bouche d'un personnage qui est censé parler en 1429 la mention d'un fait qui n'a pu se passer qu'après 1450, époque à laquelle Jean de Bueil reçut la charge d'amiral.
5. Var. : « Ainsi alla Guillaume Bernard parler au comte, lequel le mena, etc. » Éd. Lenoir.
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quérir souventeffoys à disner et à soupper avecques luy, pour ce qu'il lui disoit de plaisans choses.
Aprez disner le conte envoya quérir tous les seigneurs et cappitaines et tint conseil de ce qu'il avoit affaire. Et, pour faire brief à ma matière, je ne vous diray sinon la conclusion du conseil. Car les oppinions ser oient trop longues à racompter. La conclusion fut telle que le conte de Parvanchières ne son armée ne povoit riens entreprendre sur le duc Baudouin. Car il estoit en aussi bonnes villes et chasteaulx, et meilleurs, que le conte et en son payz, pour quoy le conte ne le povoit grever, fors que ceubc de Crathor et de tout le payz lui prioient qu'il ne se departist point tant que le duc Baudoin eust ses gens ensemble ; et au conte moult despleust qu'il ne faisoit quelque chose; car il estoit moult bon chevalier. Touteffoys il failloit qu'il se tenist à la plus grant oppinion, et accorda à ceulx de la ville de ne départir point son armée, tant que le duc Baudouin auroit la sienne entière, en disant : « Se Dieu plaist, il viendra « quelque bonne chose avant que nous départons^. >
1. Pour l'intelligence du récit qui occupe ce long chapitre, il ne faut pas prendre à la lettre la mention mise par le glossateur du ms. A. en tête de ce ch. (V. plus haut, p. 163, note 2.) — Le Commen" taire (XVI) dit : « Crathor est dit pour le siège d'Orléans et la « retraicte que firent le conte de Siffort (Suffolk), Talbot et autres « Anglois, et une retraicte pareille que fit le duc de Bethfort en a personne devant Lagny-sur-Marne. Et pour ce que, au Jouvencel, € [onj n'a rien déclaré et le plus couvertement que on a pu faire, on « l'a fait, et l'on a mis deux et trois choses en une. » — Nous basant sur ce passage, nous allons tâcher de reprendre successivement les différents faits contenus dans ce chapitre du Jouvencel et de voir auquel des deux sièges d'Orléans ou de Lagny ils appartiennent. Jean de Bueil s'était trouvé au siège d'Orléans (voy. le
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En celle mesme heure se présenta ung gentilhomme, qui estoit au conte de Parvanchières, nonuné Ridiard de Montabon, qui demandoit justice d'ung prisonnier qu'il disoit que ung nommé Gervaise Nardereau de la garnison de Grathor lui tolloit; et supplioit au conte qu'il lui pleust conmiander à ung de ses sergens
Journal du siège d'Orléans)^ mais il n'avait pas été à Lagny. C'est cependant avec les événements de ce dernier que semblent s'accorder de préférence les faits rapportés dans le Jouvencel pour le siège de Grathor.
Les positions des ennemis à Grathor représentent celles des Anglais plutôt à Lagny qu'à Orléans. (Voy. J. Ghartier, ch. 81.)
— L'envoi du maréchal de Grathor pour demander du secours au roi peut se rapporter aux deux sièges; les assiégés des deux villes envoyèrent demander du secours à Charles Vil. Cependant la phrase suivante du discours du Maréchal au Roi (voy. plus haut, p. 166) désigne sans nul doute Orléans : t Sire, leur est advis a (aux assiégés de Grathor) que si vous voulez faire dilligence de f leur aider, Hz seront cause par la grâce de Dieu du recouvrement € de toute votre seigneurie. » — Le récit de tout ce qui se passa dans le conseil du roi est évidemment une narration purement théorique qui pourrait être le type d'une séance du conseil à cette époque. Il en est de môme pour les délibérations du comte de Parvanchières et de ses capitaines. — La manière dont fut levé le siège de Grathor se rapproche beaucoup de la levée de celui de Lagny, (V. J. Ghartier, ch. 81; — Lefèvre Saint-Remy, ch. 181;
— Monstrelet, Thomas Basin, etc.) — Quant à la retraite des ennemis sur Escallon, c'est évidemment la retraite des Anglais d'Orléans sur Meung, ainsi que nous l'avons montré dans les notes précédentes. (Voir plus haut, p. 198.)
On pourrait s'étonner que Jean de Bueil, dans ce récit collectif de ces deux sièges, ne fasse aucune mention de Jeanne d'Arc, si l'on ne se rappelait le passage du Commentaire cité tout à l'heure et divers autres passages du même sens qui s'y trouvent. Jean de Bueil ne voulait pas qu'on pût reconnaître dans son œuvre les faits qu'il racontait en termes couverts, et il craignit qu'un épisode merveilleux et unique comme la venue et les exploits de la Pucelle ne fît découvrir ce qu'il voulait celer.
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d'armes ou à ung de ses trompettes adjourner Gervaise à certaine heure pour ouïr les demandes qu'il faisoit ; ce que fist le conte, et lui bailla ung huissier pour incontinent à celle propre heure aller quérir Gervaise ; ce que fît l'uissier. Et, quant Gervaise fat venu, le conte dit : « Or ça, Richart, que demandez « vous à Gervaise? » — « Monseigneur, dit Richart, € je dy que Gervaise a ung prisonnier, qui est mien € et dont j'euz la foy, quant le Jouvencel destroussa « Tarrière-garde du duc Baudouyn. » — « Sainct « Jehan! je le vous nye, dist Gervaise. Il me souvient
< bien qu'il arriva ung tas de gens sur moy, qui le « me voulurent tuer ; lesquieulx je abutinay ^ tous ; et
< que ung entre les aultres me dist qu'il estoit sien « et qu'il l'avoit plustost priz que moy. Et je luy res-
< pondiz que, quant nous serions à la ville, la raison « s'en feroit. Je cuide bien que ce soyez vous. Et pour « ce je suis icy pour ouyr ce que vous vouUeiz deman- « der à mon prisonnier. » — « Je dy; dit Richart, « que je le priz par le bras et par la main dextre pre- « mier que vous et lui arrachay son gantelet. » — c Je € dy, dit Gervaise, qu'il me mist sa main en ma main « dextre et me donna la foy premier que à vous. » — « Or ça, dist le conte, tirez vous ung peu à part, vous « deulx, et on parlera de vous et de vos besongnes. > Le conte demanda à tous leur oppinion. Et Toppinion fut telle que le premier, qui auroit eu dedans sa main la main dextre du prisonnier et à qui le prisonnier auroit premier donné son consentement et sa foy et dit : je me rens, il luy devroit demourer; et, si le
i . On a vu plus haut, p. 65, en note, la signification de ce mot.
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prisonnier estoit gentilhomme et digne de foy, qu'il en devroit estre cru en son serement. Sur ce le prisonnier fut envoyé quérir et lui demanda le conte : « Comme avez-vous nom? » Et il lui respondist : « Monseigneur, j'ay nom Jehan Malet ^ ï> — c Par « vostre foy, dist le conte, estes-vous gentilhonune ? » — « Par ma foy ! Monseigneur, dit Jehan Malet, on y « tenoit mon père au payz de là où je suis. » — « Or « ça, dit le conte, Jehan, levez la main et dittes vérité. « Vous estes gentilhomme, ainsi que vous dittes; mais « gentilhomme ou non gentilhomme, tout bon cres- « tien et tout bon homme doit dire vérité. Par vostre « foy et par vostre part de paradiz et par la redemp- « tion de vostre ame, direz vous vérité de ce que je « vous demanderay? » — « Par ma foy! dit-il, Mon- « seigneur, ouy. Mais que ce ne soit chose qui touche « mon deshonneur et le dommaige de mon parti, que « pour riens je ne diroye. » — « Aussi, dit le conte, « je ne le vous demanderoye pas, ce n'est seuUement « que pour savoir à qui vous estes, pour ce qu'il y a « débat à qui a eu vostre foy. Et pour ce dictes en la « vérité et n'en mentez point par le serment que vous « avez fait. » — « Monseigneur, par le serment que « j'ay fait, il me souvient bien que ung homme « d'armes vint à moy et me vint prendre par le bras « et coula sa main tout au long de mon bras jusques « sur ma main, et me tira mon gantellet hors de ma « main. Je crioye tousjours : je me rens; j'avoye « paour de la mort; car ilz estoient deux ou troys « qui me sercheoient o leurs espées entour la gorge