Guill. de Brézé
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rir sus à cette foule. « Vous verres tantost, » €^oute-t-il, « bon « esbatsmenL » En effet, faisant un détour pour arriver à couvert, la troupe vient fondre au beau milieu des badauds épars dans la prairie, c Qui veist varlets et pages fîiyr, femmes crier, c à qui il n'eust rien coûsté, en eust voullentiers ri. d Aussitôt, le trompette de garde sonne Falarme, et Bourguignons de sortir, qui à pied, qui à cheval, entre la barrière et la place. Bientôt, voyant leurs adversaires fuir comme effrayés, ils poussent au delà et les poursuivent; mais les Français, renforcés de leur réserve, tournent bride tout à coup et ramènent vivement les ennemis derrière la barrière. Cet obstacle, suf la protection duquel ces derniers comptaient, est jeté à terre. Tandis que les &ntassins sautent à bas de leur monture et font usage de leurs traits, le détachement caché dans le Himier vient couper k retraite aux Bourguignons, et les assaillants pénètrent dans la ville pêle-mêle avec ses défenseurs. Peu de jours auparavant, La Hire et le bâtard d'Orléans avaient enlevé, de vive force^ les lignes de Warwick et de Suffolk, devant Montargis. C'était le premier succès de quelque importance remporté depuis la défaite de VerneuiP.
Cependant le Vendômois et le Maine étaient gravement menacés. Rendues plus vulnérables par la défection de la Bretagne et l'amoindrissement de la situation du connétable , ces provinces furent envahies en septembre par Bedford, qui désirait frapper un grand coup ^. Les partisans français de
1. Le connétable de Richemont, alors occupé à ctpspirer contre le favori La Trémoille avec les comtes de Clermoat et de Pardiac, n'eut aucune part à cette victoire. — Charles, comte de Glermont, était le fils atné de Jean P% duc de Bourbonnais et d'Auvergne (prisonnier à Azincourt, et mort captif en Angleterre en janvier 1434). Le comte Bernard de Pardiac, dit cadet Bernard, était le frère cadet du comte d'Armagaac et le fils du connétable de ce nom. Il avait épousé une Bourbon. — Quicherat, Rodrigue de VUlandrando, p. 21 et 88. — Gruel, Mémoires de Richement (Mémoires historiques, coll. Buchon, VII, 272 et s.). — Chroniques d'Anjou et du Maine, par Jean de Bourdigné^ nouv. éd. Angers, 1842, 2 vol. in-4'. - Vallet de Viriv. — Beaucourt.
2. Beaucourt, Charles VII, II, 28 et s. et 150. — Le bâtard d'Orléans venait de conclure (17 juillet 1427), au nom de son frère, pour le duché
rOuest n^en tentèrent pas moins de se défendre, Ai de Loré^ à leur tête. Â la fin de la même année (4427), à leurs prq>reB forces, ils vinrent mettre le siège de Lude^. Les sires de Raiz^, de Bueil, de Montafllant^, de le sire de Champagne ^, Pierre de Brézé ^ et une f( chevaliers d'Anjou, du Maine et de Touraine, le vice
d'Orléans et les comtés de Blois et de Danois, une trêve qui, ju fin de 1428, devait garantir ces pays de l'invasion.
1. Ambroise de Loré et La Hire sont les deux chefs les plus ei ce moment, dans cette région. Le premier se tenait plus à l'Ouest^ Bretagne, partant de Sablé ou de Sainte-Suzanne. La Hire opén à l'Est, comme nous venons de le voir. ^
2. Ckron, de la Pucelle, l, c, — Cbartier. — Tringant, VIII. — ce dernier, c'est sur l'ordre direct du Roi(c.-à-d. sous l'influence dA moille) qu'eurent lieu les deux expéditions contre le Lude et le fait est confirmé par une quittance de Bueil {T, s. de Clair amuw 1669), et par Bourdigné, II, 156.
3. Gilles de Laval, sire de Raiz ou Retz (v. plus bas^ ch. m].
4. Jacques de Dinan, seigneur de Beaumanoir et de Montafiiani verneur de Sablé en 1425 (Pesche, art. Sablé),
5. Tucé ou Tusse, aujourd'hui Lavardin (Sarthe), à treize kil. ai du Mans. Cette seigneurie, après avoir passé des Tucé aux Ch passa au xvi* s., par mariage, aux Beaumanoir, seigneurs de La De là son changement de nom. Ce sire de Tucé est (Tringant, XIV Baudoin de Champagne, qui (d'après Chalmel, III, 340, et Pes Law,rdin et Pescheseul) épousa Jeanne de Tucé, dernière de ce veuve de Guillaume de Chourses (BusseroUe et Pesche). Ce mari saurait avoir eu lieu, comme le dit Pesche, vers 1477, mais est é ment très antérieur. — Tucé, devenu beau-père de Louis de Bueil e a été bailli de Touraine de 1431 à 1440. V., dans Tringant (/. c), ses faits devant Sentis, rapportés dans des termes analogues à ceux d vencel (3' p., ch. in). — Arch. municip. de Tours. Reg. des Co XVII, fol. 123; XXV, folios 38, 40, 103 r et V, 112, 117. - Id. Rt Délibérations, tome IV, au 20 août 1437; V, au 21 nov. 1432 juin 1435. — Mémoires de la Société Archéol. de Touraine, XI, i Plus bas, ch. iv, nov. 1432. — Tucé vivait encore en 1447 : Esc III, 253.
G. Proche parent de Tucé. On distingue la famille de Champa] Maine de celle de Champagne d'Anjou. On trouve aussi des Chan (Maine). — Pesche.
7. En Anjou (Maine-et-Loire, arr. de Saumur, cant. de Montreu lay). Ce personnage est le fameux Pierre II de Brézé, sire de la Va sénéchal de Poitou, puis grand sénéchal de Normandie et comte d lévrier. Le grand-père de Pierre de Brézé (Jean) avait épousé Marf de Bueil, sœur de Jean IV et tante de Jean V. — Beaucourt, II, 5 Vallet de Viriv., Hist., III, 102, et Notes généal, du même, Bibl. na fr. 14851. — Mérn, de la Société Archéol. de Touraine, XI, 319.
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Tbouârs^ et des nobles du Poitou, enfin trois ou quatre cents Écossais prirent part à cette expédition, t Vray est, dit Trin- 4K gant, que les Francoys commencèrent à prendre cueur, pour les « jeunes qui se faisoient hommes, et le pays qui se repopuloit. » A Tarrivée des Français, les Anglais firent une sortie; mais ils furent promptement refoulés par Gervaise Nardereau, lieutenant du sire de Fromentières ^. Jean Tibergeau, seigneur de la Mothe, capitaine des gens d'armes de Beaufort et du Louroux^, serviteur et vassal de Bueil et, suivant toute apparence, l'un des trois rédacteurs du Jouvencel*^ s'y trouvait aussi. La brèche fut faite à coups de canons, sous la direction d'un ingénieur nommé Bessonneau, et la place emportée d'assaut'. La
1. Louis d'Amboise, vicomte de Thouars, en Poitou, persécuté par Charles VII et La Trémoille, comme tenant le parti des Anglais, fut condamné à mort en 1431, puis gracié. Il meurt en 1469. — V. plus haut la note 2, p. Y, et plus bas, ch. iv, en 1431.
2. Au Jouvencel, Guy de Fromentières figure sous le nom de sire de Chamblay ou du maréchal de Crathor, et Gerraise, sous son vrai nom (Tringant, VIII et XVI, et Jouv., 2" partie, ch. v). — Fromentières, Maine-et-Loire (com. de Bauné), fief dépendant de Baugé et dont les seigneurs ont porté très anciennement le nom de Guy. — Quant à Chamblay, nous trouvons, dans Indre-et-Loire (com. de Saint-Aubin, cant de Neuvy-le-Roi), une ancienne châtellenie de ce nom, relevant du duché de Vaujours, et, dans un hommage de 1458, un Guy de Fromentières, seigneur de Chamblay, vassal de Bueil pour Chasteaux (v. P. Justif. et à Port et Busserolle). Guion de Fromentières est, en avril 1439, capitaine de Château-du-Loir (Arch. municip. de Tours, Reg. des Comptes, XXVI, fol. 49 v«). — Nous trouvons un Amaury de Fromentières en 1414 et 1447, mort avant le 18 mars 1454. Guion de F. (probablement fils ou neveu de son homonyme) avoue tenir d'Antoine de Bueil, seigneur de Saint-Christophle, la seigneurie de la Faugère, le 26 nov. 1489. — V. Coll. de Touraine {D, Housseau), XIII, 10811 à 10827.
3. Beaufort est au S.-O. duLude. — Plus à l'E., le Louroux (Loroux), arr. de Baugé, com. de Vernantes, abbaye ruinée par l'occupation anglaise.
4. Nous trouvons, à la même époque, un autre Jean Tibergeau, simple écuyer dans la compagnie de Bueil, à Tours (v. plus loin, même ch., 7 oct. 1428), qui est vraisemblablement le fils du précédent. Les Tibergeau étaient de Saint-Calais et vassaux des Bueil, comme seigneurs de la localité. — V. P. Just., à la date du 25 oct 1465, un aveu de Jean V pour Saint-Calais, et notre Introduction littéraire qui suit (t. I).
5. A une époque où l'artillerie prenait tout à coup une grande importance, Bessonneau, maître de cette arme, a dû jouer un rôle considérable. Tringant (VIII) le nomme : < Ung nommé Bessonneau, très noble et saige
bannière de Bueil^ y entra la première. Beaucoup d*i
furent tués^, et Biackburn, qui commandait, fait prisoni
Peu après, Jean V prit part à un coup de main sur le ]
dirigé par le sire d'Orval^ avec La Hire, Saintrailles, Be
< gentilhomme en son office et en toutes autres où on le voloit emp Pierre Bessonneau, qui, d'après son nom, devait être un Angevii maître de l'artillerie de 1420 à 1444, concurremment avec d'au cette époque, Tartillerie était depuis longtemps connue, mais l'o mençait seulement, semble-t-il, à faire dans les sièges un usage : de pièces de gros calibre, qui lançaient des projectiles pesant 500 livres. Dès la première moitié du xv" s., cette grosse artill considérée comme essentielle aux sièges {Jouvencelt 3° partie, ch. cite à cet égard le siège de Meaux (1421) et ceux du Mans et de Suzanne (1424) par Salisbury (Robert Gaguin, /. c, fol. 116), d bombardes remplirent la contrée de terreur. Nous trouvons dans (IV, 783), à cette date, une lettre adressée à Bessonneau par le con de Richemont (Poitiers, 6 août 1424), lui enjoignant d'avoir à garn tillerie la place de Sablé menacée par les Anglais. Bessonneau 1429, campagne avec le Roi et la Pucelle, comme mattre de l'artill établit, en cette qualité, un pont sur la Seine, à Saint-Denis (août et
— Bibl. nat., ms. fr. 1485, Notes généal. de Vallet de Viriv., p. 49 et Hist. de Charles VII, du même auteur, I, 298 et 309, II, 120.