‹ Le Jouvencel (volume 4)Chapitre 72 sur 324 · Le duc d'Autriche · texte numérisé non relu

Le duc d'Autriche

3. Ceci représente, d'après Tringant (XXXI), l'expédition de 1444, très travestie. Les détails qui suivent cette scène se rapportent, an contraire, à la deuxième expédition de Guyenne (Tringant, XXXY).

4. Le commandeur d'Issenheim, agent politique de la ville de Strasbourg, dans sa Première relation, en date du 5 sept. 1444 (traduction de M. Tuetey, les Ecorcheurs, I, 138, et II, 511), dit à ce sujet : f Voici c la cause de leur venue (celle des Armagnacs) dans ces contrées, teUe « que je l'ai apprise des principaux d'entre eux, dignes de toute créance, c Une fois la trêve conclue..., il était à craindre qu'il ne fût possible de c licencier ces compagnies... En conséquence, le Roi tint conseil avec « les grands du royaume.. . il prit la décision d'envoyer ces gens de f guerre au secours du duc d'Autriche, afin d'en purger le sol de là

c France, et le Dauphin leur fut donné pour chef , de peur qu'ils ne

c se figurassent être expulsés du royaume. »

5. 11 faut se rappeler que les chefs des Écorcheurs étaient très haut placés, et que plusieurs d'entre eux avaient accès au conseil royal. — Un passage quelque peu humoristique du Jouvencel [l. c.) montre que l'auteur ne prend pas très au sérieux la sollicitude que le Roi et son conseil afiichent pour le sort des gens d armes.

6. Fechter, BasL Tdschenb., 1862, p. 15. — Tuetey, L c, I, ch. ii. — Cette lettre était rédigée par Aeneas Sylvius. — Un traité d'alliance avec la France avait été signé, le 10 août 1430, par Frédéric, comme duc d'Autriche, et ratifié, le 15 septembre, à Sens par Charles VII. Le 22 avril

1444] INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. wr

et les Zurichois (dès lors alliés aux AutrichieH), de raiitre^ avait recommencé en mai, an grand désavantage de ces derniers. Mais Charles Vil ne pouvait alo^8 donner suite à b demande du roi des Romains \ la trêve avec les Anglais n'étant point encore conclue. U en ftit de même au commencement de 4444, où les menées du comte d'Armagnac forcèrent le vainqueur de Dieppe^, le Dauphin Louis^ à &ire campagne dans le Midi. Mais, aussitôt après le retour de celui-ci, Texpédition fut résolue et entreprise. Les Ëcorcheurs devaient avoir pour alliés la noblesse autrichienne de T Alsace et des environs de Bâle, sur les deux rives du Rhin, qui considérait l'entreprise comme une juste revanche des seigneurs sur des ligues trop lon^mps victorieuses^. En outre, un certain nombre de capitainesianglais, avertis par des lettres de Bueil, s'étaient offerts, aussitôt après la trêve ^, pour combattre sous les bannièses françaises. Ds arri* ' valent^ heureux de servir sous le commandement du Jouvencel, qui jouissait chez eux, comme nous l'avons vu, d'une grande popularité'. A la tête de ces auxiliaires, nous trouvons Mathieu

de la même année, la fiUe de ce dernier, Radegonde, née yers 1426, fat promise à Sigismond, fils de Frédéric (né en 1427). Mais cette union ne put s'accomplir, Radegonde ayant succombé à Tours le 19 mars 1445.— Vallet de V., Il, 281 et s.; III, 31 et 39. — Frédéric, élu roi des Romains en 1439, ne fut couronné empereur à Rome qu'en 1452.

1. Dès ce moment, cependant, le bruit d'une intervention étrangère courut en Suisse, propagé par la noblesse. — Y., dans Fechter, Bad, Tasch,, 1862, p. 14, la conversation de Hans Muting et du cheyalier Gcetz Henri d'Ëptingen, dans l'été de 1443. — En outre, d'après le même auteur, le conseil de Bâle avait réussi à se procurer, à la cbancellerie française, le texte des lettres adressées au Roi.

2. V. Monstrelet t. VI, livre II, ch. gclxxv, en août 1443. Bueil, occupé par l'invasion de Sommerset^ était alors en Anjou. — Y. plus haut, p. xc, et Jouvencel, 2* partie, ch. xvi.

3. Parmi ces seigneurs, beaucoup étaient amîs ou même bourgeois de Bâle. V., SœctUar Schrift, p. 10, Tordonnance d'expulsion (1445) rendue contre eux après la campagne.

4. V. un passage du Jouveticel, 2* partie, ch. xxiv, cité p. xcm.

5. Jouvencel, 3** partie, ch. i. — Le Jouvencel, avant de prendre congé du roi Amydas et de la reine, a écrit au duc Baudouin (Sommerset) et à Boucqueton (Gough). En réponse à ses lettres, il voit arriver trois des capitaines du duc, qui viennent combattre avec lui : Guillaume Boncqueton, Herlaud et Guillaume Benard, jadis pris à Crathor (Sablé), auxquels le

xerj lirrRODUCTION BIOGRAPHIQUE. [1444

Gough, qui tteoignait par là qu'adversaire de Bueîl, il était loin d'être son ennemi. Les Anglais amenaient avec eux quatre cents lanees et autant d'archers ^ Mais, quelle que Ait leur diligence, ils n'arrivèrent point à temps pour prendre part à la bataille de Saint-Jacques '.

En mai 4444, la trêve était conclue et le Dauphin revenait de TArmagnac à Tours 3. En même temps^ ses troupes remontaimt vers le Nord, traversant la Bourgogne et occupant les environs de Paris (juillet)^, ainsi que les conflns de la Normandie. Le 20 juillet déjà, Louis entrait à Langres et s'occupait à concentrer son armée dans cette région, tandis que le Roi quittait Tours', pour gagner lentement Nancy et surveiller Texpédition qu'il projetait en Lorrame ^.

Jouvencel fait grande chère, en témoignant sa reconnaissance envers Baudouin. En effet, d'après Tringant (§ XXXI), les aaxiliaires anglais étaient commandés par Gough, Reinefort et d'autres encore, dont les noms ont été remplacés dans le Jouvencel par le nom collectif de Guillaume Boncqueton. Le troisième capitaine anglais parait avoir été un certain Awray (ou Ovrey) Barwick. — Tuetey, II, 167, et Wars ofthe Englith in France, par Stevenson, vol. II, part, u, p. [623].

1. Tringant, l. c. — D'après Escouchy (I, 11), les gens de Googli auraient été 800, tant Anglais que Normands. — En nov. 1444, le commandeur d'Issenheim {Deuxième relation, Tuetey, il, 519) évalue la force des Anglais à 1,200 archers et 300 lances, soit 2,000 combattants d'élite, valant deux fois autant que les autres troupes du Dauphin.

2. Escouchy (/. c.) raconte le voyage de Gough, associé avec Floqnet (Robert de Flocques), et leur passage sur les terres de Bourgogne. De Péronne, ils paraissent s'être oirigés sur Langres, à peu près en même temps que les autres corps. D'après Schiller {Chron. de Kœnigshofen, éd. de 1698, p. 1001 et s.), Gough (ou Macle) serait arrivé de Lorraine, avec 4,000 Anglais, le 21 septembre, par la Basse-Alsace. Au contraire, le commandeur les signale, à la date du 5 sept., dans la Haute-Alsace. — ^Plusieurs pièces, émanant de Gough, se trouvent aux archives de Strasbourg. L'une d'elles, en date du 30 sept., constate la reddition d'une place inconnue, nommée Orihen ou Orchen. Gough sUntitule « Mathieu Got, escuier, capitaine des Anglais, » et agit au nom du Dauphin.— Tuetey, 1, 278 et s.

3. Il assistait aux fiançailles de Marguerite d'Anjou, à Tours, le 24 mai 1444. — Vallet de V., II, 453 et s., note.

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