‹ Le Jouvencel (volume 4)Chapitre 77 sur 324 · Chron. Martinienne, fol. 287 et s · texte numérisé non relu

Chron. Martinienne, fol. 287 et s

6. Villages situés à l'fi. de BAle, dans la vallée du Rhin. Prattelen, le point le plus avancé, n'est qu'à 5 kil. au N.-O. de Liestal, alors occupé par les Bâlois.

7. V., Tuetey, I, 214, cette lettre du samedi 22 août. — Les Bâlois demandaient la restitution des prisonniers et du butin. Il est yrai qu'ils étaient alliés des Suisses et qu'ils leur avaient fourni de la grosse artillerie et de la munition pour le siège de Farnsburg {Colmarer Richtung, Sgec. Schrift, p. 24 et s.) ; mais leur message témoignait de dispositions pacifiques.

8. (( In habitu dissimulato. » Tuetey, II, 512. — D'après M. fiernoulli, Louis se serait approché du SpcUerUhor, du côté de Waltighofen.

dw INTBODUCnOK BlOQtAPHKIDI. [1414

an eonps d'arquebuse fureot dirigéB des remperlsBiir en eaoorle et atteignirent plusieurs hommes V

Le conseil de Baie, durant la nuil du 28 an 14, avait averti les Suisses de oe qui se passait. D'autre part, œs derniers airaienl renforcé, peu auparavant. Je corps de siège de Famabiung de plus de six cents hommes venus de Zurich. Un corps de mâme force était aussi annoncé de Luoeme'. Enfin, sur le «*»ftmin de Famsburg et non loin de Pratteien, les Bàlois avaient foriiQé leur ville de Liestal^.

Dans la nuit du 25 au 2(» août, les Suisses se déddèrent à attaquer Favant-garde de DammarLin. Poussés par les rapports des gens de Liestal, ils descendirent dans wlte dernière localité, au nombre d'environ deux mille fantassins^ et assailiiranl, au petit jour, les postes de Prattelen qu'ils croyaient surprendre. Dammartin revenait j ustement. en costume de voyage, de prendre les ordres du Dauphin. U d eut ni le temps de 8'armer, ni œlni de changer de cheval. Sa troupe, fcirtc de huit à neuf cents hommes., avait été prévenue ; mais elle dut se replier sur le gros

1. Première RdaUon du Commandf^ar du :> Hoptembrc), Taetey, II, 512. — AmtUcke Sammlung der aeliern Eidgenomachefi AhKhieét, ▼ol. 11, p. 180, n* 279. — Fechler, Batil. Tasch.. 18(i2, p. 56 et 57.

2. Parti le 23 août, il dut amyer le 24, ou It- 25 au ploB tard.

3. Bernoolli. p. 4 et 5. — Le rôle coDBidèrable joué par Baeil du» la bataille de Saiat-Jaf',qDes duub enfiuige à en résumer ici les priiici|MUeR phases, en y i^outant quelques réQexious. Nous suivrons sartoot le récit de M. fiemoulli qui, daté de 1677, renouvelle d'une façon remarquable les travaux antérieurs, particulièrement eu ce qui concome les faits et gestes des BAlois.

4. C'est le chiflfre indiqué par Baain et, en quelque sorte, moyen. On a beaucou]) discuté sur reffectif des Suisses. La difficulté est qu'on ne connaît ]»as la force primitive du cor])s de siè^e de Famsburg. On peut estimer ce]>endant l'ensemble des troupes suisses devant cette place, y compris les renforts, à 4,U00 hommes, au ))lus. L«> détachement qui prit l'ofiensive à Prattelen devait comprendre : 1* l'ellectif dont on pouvait disposer à Famsburg;, sans interrompre le siège et sans courir trop de danger du côté de Seckingen, soit environ la moitié des assiégeants; 2" une ]>arUe de la garnison b&loise de Liestal, soit quelques ceutaiiies d'hommes tout au plus. Des documents officiels français, émanant du roi Charles Vil (v. ]»lus haut, p. cij, en note., évaluent" à 3,000 hommes d'élite environ le nombre des Suisses défaits à Stunt- Jacques, chiffre que l'on ne saurait en tous cas dépasser.

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de ravant-garde, dans la direction de B&le et jusque vers Mofctenz, où ^e reçut quelques renforts^ Là, s^eagagea uneaetai sérieuse, dans laquelle tes Armagnacs furent dé&its. Le oorps de UammarUn r^Missa en désordre la Birse^, sur les bords de laquelle les Suisses, ivres de leur victoire, arrivèrent à leur tour.

Les règles (te la plus simple prudence leur commandaient de ne pas franchir Teau et d'éviter de combattre, ayant la rivière à dos, une armée très supérieure en nombre. C'était aussi dans ce sens qu'étaient conçues les instructions données à Famsborg ' . Mais les soldats, emportés par une sorte de folie*, ne voulor^it pas écouter leurs capitaines. Cédant au torrent, les chefe durent conduire leur troupe sur l'autre rive*, après avoir toutefois remis un peu d^ordre dans les subdivisions^.

1. Chronique MarUn., l. c, fol. 287, et Ssbc. Sckrifl, p. 110. « Et « est assaYoir... que ledict conte de Dampmartin, qui estoit de TaYantff garde, estoit logé à deux lieues de monseigneur le Danlphin ; et estoit a allé vers luy pour scavoir quel estoit son bon plaisir , et qu'il Youloit € qu'on fit contre ceux de Basle. Et, à son retour, trouva qne les Suysses c les alloient assaillir, t La lettre de Hallwyl {Sxc. Schrift, p. 45) mentionne aussi Dammartin comme chef de l'ayant-garde. D'après la Chron. Martin., il aurait disposé en cette affaire de 120 à 140 lances (parmi lesquelles sa propre compagnie de 25 lances), fin outre, il envoya chercher en une grosêe tour près de Bâle (Mœnschenstein?) un autre détachement qui le rejoignit sans doute à Muttenz.

2. Soit directement, par le pont voisin de la Maladrerie de Saint-Jacques, soit plus en amont, vers le chAteau de Moenchenstein, Tun des quartiers généraux des Armagnacs. La possession de Mœnchenstein leur était très nécessaire pour protéger leur ligne de retraite, c'est-à-dire le chemin qui remontait la rive gauche de la Birse.

3. Ces instructions leur prescrivaient de ne dépasser, en aucun cas, Muttenz. En effet, le but de l'expédition n'était pas de s'engager à fond, mais d'opérer une reconnaissance et de surprendre les avant-postes armagnacs, tout en faisant du butin. — Bemoulti.

4. Dans leur fureur, ils allèrent jusqu'à tuer un messager envoyé de Bàle à leur rencontre. Ce messager était chargé de les exhorter à la pru- 4ence et, peut-être aussi, comme le suppose M. BernoulU, de leur annoncer qu'ils ne devaient pas compter sur le secours des Bàlois, dans le cas où ils pousseraient plus loin.

5. La plus grande partie des Suisses pa^sa la Birse au pont de la Maladrerie de Saint- Jacques ; mais d'autres détachements la franchirent aussi en amont et plus près de Mœnchenstein.

6. Les Suisses étaient partagés en trois batailles. La force de ces sub-

CTJ INnODUOTION BIOGRAPHIQUE. [lêM

Le gros de rarmée du Dauphin qui, sur les nouveUas reçues du eftté de DamIDartin^ airait dû, de t)onne heure, quitter «es cantonnements pour se ocmcentrer, n'était point, oomme on l'a dit, placé, avec une nombreuse artillerie, sur la rire gaodie et sur le t)ord même de la Birse. Jean de Bueil, qui commandait en personne^, n'aurait pas commis la faute, qu^il reproche à d^autres, de mettre des troupes, principalement composées de cavalerie, dans une position où elles n'auraient pu charger'. Il devait donc nécessairement se placer assez à Touest de la Birse pour avoir du champ devant lui. D'autre part, en» présence des dispositions des Bâiois, il ne pouvait, comme cela eùi semblé naturel, se tenir sur la route tendant du pont de la Birse à Bâle : car il aurait risqué de se voir assailli par derrière^. Aussi avait-il fait choix, près de Gundeldingen, d'une posiUoQ de flanc, située un peu au sud de celle même route, sur un petit plateau qui la dominait'. Il pouvait ainsi faire &ce, à la fois,

dîTisions, rangées sur une grande profondeur, variait ayec celle de l'armée. M. Bemoulli pense que chacun de ces corps détail compter enviroa 25 rangs de profondeur, sur 25 files de front étendue minimum du front de ces sortes d'unités. D'après le même auteur, les Suisses se serTaient peu, alors, des longues piques usitées plus tard. Les courtes hallebardes, dont Us étaient armés, furent en partie cause de leur désastre. —Y. Elgger, Kriegstoesen der Schweizetischen Eidgenossen, im XIV, XV und XVI Jakrhundert. Lucerne, 1873, p. 274 et passim.

1. Briiglinger {Sxc. Schrifi, p. 6) dit qu'on envoya aussitôt des messagers dans tous les cantonnements, pour ayertir les capitaines de rarrivée des Suisses.

2. V. plus haut, p. cj (en note), les textes par nous cités, à ce propos, et Tringant, XXXII.

3. Nous avons déjà commenté plus haut, p. xlix, note 2, des passages du Jouvencel qui blâment cette disposition. En outre, Bueil, comme on peut le Toir par le même ouvrage, n'était pas grand ami de lartillerie en rase campagne.

4. L'auteur du Jouvencel (2* partie, ch. xvii) blâme les Français qui faisaient le siège de Gravant (1423) d'avoir tourné le dos à la viUe pour présenter la bataille à l'armée anglo-bourguignonne. En effet, les assiégés ayant exécuté une sortie, il s'ensuivit un désastre.

5. C'est ce qui résulte du témoignage de Bruglinger {Sxc, Schrift, p. 7). D'après lui, les Suisses, arrivés sur la Birse, virent l'ennemi faire ferme devant eux à Gundeldingen. En outre, une lettre, déjà citée du Conseil de Bâle, adressée (en date du 3 sept.) aux députés des villes de l'empire,' à Nuremberg, dit positivement que la route du bas, tendant directement du

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vers les Mois et vers les Suisses et, en cas de malheur, le retirer directement au sud, en remontant la Birse.

Si Ton examine pourquoi, depuis le 23 août, Bueil n'avait pas poussé plus à Test, du côté de Farnsburg, pour forcer les confédérés à en lever le siège et menacer Zurich, on reconnaîtra quHl avait pour cela deux bonnes raisons. En premier lieu, comme nous l'avons vu, les Armagnacs redoutaient extrêmement de s'engager, dans un terrsdn montagneux et inconnu, avec leur nombreuse cavalerie. Rien ne les empêchait, il est vrai, de passer la Birse et de se rapprocher de Tennemi sans quitter le plat pays. Bueil et son maître avaient donc un autre motif, pour prendre aux portes mêmes de Bàle cette position défensive. En effet, Louis nourrissait, à regard de cette ville, des projets de conquête bien plus intéressants pour lui que les faits et gestes des Suisses ou la détresse de leurs adversaires. Quelles que ftissent les opérations subséquentes, la possession de Baie avait pour Tarnlée du Dauphin une grande importance militaire. Elle avait, comme nous le verrons, une importance plus grande encore, au point de vue politique. Or, en prenant position à Gundeldingen, Bueil tendait aux Bàlois un piège dans lequel ils faillirent se laisser prendre.

Mais revenons au combat. Les Suisses, après avoir passé la Birse, voyant l'ennemi sur les hauteurs à leur gauche, quittent le chemin qui se dirige vers Bàle au nord-ouest pour marcher au sud-ouest à travers champs et monter à l'assaut du plateau ^ . Dès qu'ils paraissent sur son rebord, une partie des cavaliers

pont de la Birse à Bàle, était libre d'ennemis (Fechter, Basl. Tasch., 1864, p. 135 et s.). Cette route suivait, à travers la plaine, une direction à peu près N.-O. de Saint-Jacques, vers la porte de Bâle (JEschenthor). — Gundeldingen était situé au S.-S.-E. et à un kilomètre 1/2 environ de cette dernière porte. Par contre, il était au S.-O. de la Maladrerie de Saint- Jacques et distant d'un peu plus d'un kilomètre de cette localité et du pont sur la Birse. Le plateau occupé par les Armagnacs, vers Gundeldingen, était éloigné de moins d'un kilomètre de la Birse^ qui coulait alors au pied môme du plateau.

1. La forme du terrain devait leur dissimuler l'importance des forces massées en cet endroit.

cflij INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. 11444

de Bueil, parmi lesquels le corps de Salazar S prend le galop de charge et un combat acharné s'engage. Après une lutte k»igue et sanglante, les Suisses, accablés par le nombre, se décident à fidre retraite et à repasser la rivière. Hais, vivement freaaés par leurs adversaires ou coupés par Dammartin, ils ne peuvent la franchir. Le corps principal s^enferme alors, près du pont, dans Tenceinte de la Maladrerie de Saint-Jacques >, à laquelle les Armagnacs livrent plusieurs assauts infructueux. C'est alors, mais alors seulement, que l'on se sert de Tartilleriepour enfoncer les murs^. Enfin, après une résistance héroïque qui dure jusqu'au soir^, la chapelle est incendiée, Tenceinte forcée et les Suisses, tous ou peut s'en &ut, tués ou blessés'. Cette rude besogne terminée, les capitaines du Dauphin se réunissent pour remercier Dieu d'une victoire chèrement achetée*.

1. D'après la Chron, Martinienne (/. c), ce serait Jean de Flocqnes, Ueatenant de Dammartin, comme Salazar, qui aurait engagé le conâbat. L'avant-garde avait donc rallié Bueil.

2. M. fiemoulli suppose aussi, à bon droit, que des détachements da corps de Dammartin, réfugiés à Mœnchenstein, avaient, à ce moment, descendu la rive droite de la Birse et coupé la retraite aux Suisses, en s'emparant du pont. Sans cela, on ne s'expliquerait pas bien pourquoi les Suisses ne purent repasser la rivière. Un étang large et profond, placé derrière la Maladrerie, augmentait aussi les difficultés de la retraite.

3. En France, l'emploi régulier de l'artillerie en rase campagne doit dater, croyons-nous, de la campagne de Normandie. Le Jouwmcd, rédigé postérieurement, ne parle de l'artillerie qu'à propos des sièges, sauf en un seul passage (à propos de Montlhery, 3* partie, ch. ym).

4. D'après le Jouvencel (3* partie, ch. m), le combat dura du lever an coucher du soleil. Ce fait est confirmé dans la chanson composée par les Autrichiens sur la bataille (Sxc, Schrifty p. 91). Nous avons vu, en effet, que l'attaque sur Prattelen avait eu lieu au petit jour. D'après Âppenweiler (Sœc. Schrifi, p. 10), le combat de Gundeldingen aurait commencé vers huit heures, ou plutôt vers sept heures, les horloges de Bâle étant alors en avance d'une heure, par suite d'un défaut du cadran solaire (Bernoulli). Escouchy estime la durée de ce combat à quatre heures. C'est donc vers onze heures ou midi que les Suisses se retirèrent à Saint- Jacques, qui ne fut emporté qu'à la nuit.

5. Un deuxième détachement suisse, très peu nombreux, ayant, comme nous l'avons vu, cherché à passer la Birse en amont, du côté de Mœnchenstein, fut cerné dans une lie. Ce corps, que M. Bernoulli évalue à une centaine d'hommes, fut aussi détruit.

6. Escouchy, I, 21. — Pour plus de détails, v. Bernoulli, /. c. — Les pertes des Armagnacs furent considérables. Parmi les morts, il faut citer

1444] INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. ds

Pendant ce temps, les Bâlois, qui recevaient des nouvelles de Taction, étaient dans la plus grande inquiétude. Les magistrats) qui trouvaient déjà la population armée trop faible pour la défense des remparts, résolurent de ne pas porter secours aux Suisses, dans la crainte qu'un échec n'entraînât la perte de la ville ^ Là encore^ une ardeur généreuse mais irréfléchie Payant emporté sur la discipline, le peuple se souleva et s'empara de la bannière, pour opérer une sortie. Les magistrats durent céder et une colonne forte de trois à quatre mille hommes s'avança par l'iEschenthor contre Gundeldingen. Elle avait été précédée d'un certain nombre de cavaliers soldés, marchanten édaireurs*.

La tête de colonne des Bâlois ne dépassa pas une croix de pierre^ qui se trouvait au sommet de la rampe conduisant au plateau de Gundeldingen. A ce moment, la queue de cette même colonne quittait à peine la porte de la ville'*. Les cavaliers de l'avant-garde', ainsi que les chefs bâlois, arrêtés à la croix de pierre, pouvaient embrasser d^un seul coup d'œil le plateau couvert de troupes. Les Armagnacs, tout en combattant les

Robert de Brézé (frère de Pierre), grand mattre de l'ordre de Saint-Jean, et le fameux Burckhardt Mœnch, dont la mort a donné naissance à une anecdote célèbrie.

1 . Nous ayons tu, plus haut (p. cv, en note), que le messager tué par les Suisses devait être chargé de leur porter cette nouvelle. On n'a que peu de détails sur les faits et gestes des Bâlois ; mais M. Bernoulli démontre cependant, de la façon la plus convaincante, que les choses durent se passer ainsi. — H. de Beinheim, traduction de Brillinger, Sœc, Schr., p. 15. — Thomas Basin (éd. Quicherat^ Hist. de Charles VII, Uv. IV, ch. yii) mentionne aussi les deux opinions qui régnaient parmi les Bâlois. Il approuve l'abstention de ces derniers et paraît ignorer la tentative faite pour porter secours aux Suisses.

2. Parmi eux, se trouvait Hans Sperrer de Bruglingen, dont le récit (Sxc, Sckrifty p. 5) est capital pour cette partie de la bataille.

3. Cette croix, qui existait encore il y a quelques années, était distante de quelques cents mètres, tout au plus, des Armagnacs. Un peu plus près de la ville et en contre-bas de la croix, se trouvait la petite chapelle de Sainte- Catherine, dont les récits du temps font aussi mention.

4. La distance de la croix à la porte étant tout au plus d'un kilomètre, les 3 ou 4,000 Bâlois disposés en colonne de marche, sur trois files de front, comme c'était Thabitude des Suisses (Elgger, l. c, p. 275), devaient occuper une profondeur analogue.

5. Ils venaient de faire un rapport très défavorable sur la situation.

ex imnODUCTION BIOGRAPHIQUE. [t4AI

Suisses vers leur droite, avaient disposé leur aile gauehe pour dâborder et couper les Bâlois de la ville^ Toutelbis, il» ne s'ébranlaient pas encore, ne jugeant pas rennemi assez éltâ* . gné de la ville et craignant de reûTaroucher'. Les hommes de pied bâlois, placés en arrière et en contre-bas de la cnû, ne se doutaient pas du danger couru. Cependant on suivait les événements des remparts et des tours de la cité, et l'on envoyait messager sur messager aux troupes, pour les avertir en leur remontrant le grand nombre et la position des étrangers. Enfin, Ton apprit que Hans de Rechberg s'était avancé, de Seckingen, le long du Rhin et que Ton voyait sa bannière rouge fk)tler, devant le Petit-Bâle, sur la rive droite 'du fleuve ^. Cette nouvelle

1. Beinheim {S»c. Sehr.) raconte qae, dans leur marche, les Bâlois ayaient en face d'eux (soit sur leur flaoc droit) une grosse bataille ennemie qui attendait pour attaquer que les bourgeois fussent pairenas pins ayant. De même, Bruglinger {Sxc. Schr,, p. 7), décrivant ce que les Bâlois^ postés vers la croix de pierre, voyaient, dit : a Ils (les ennemis} avaient fonné c une pointe (einen spitz) de telle façon que, si nous avions dépassé la croix c de pierre^ ils auraient pu pénétrer entre nous et la ville. » Il i^oate que le surplus des ennemis combattait contre les Suisses dans la direction de Saint- Jacques. Sans doute^ voyant venir les Bâlois, Bueil avait fait avancer son aile gauche, en forme de crochet o£fensif, de façon à ce qne sa ligne formât un angle rentrant. 11 semble que cette bataille menaçante appartenait bien au corps de Bueil et non au corps du Dauphin, placé plus loin, ainsi que nous le verrons. En effet, la cavalerie de Bueil (rangée sur trois rangs) était assez nombreuse pour que son aile gauche pût dépasser de beaucoup la croix, dans la direction de l'O., sans laisser de vide dans sa ligne de bataille. Ces données concordent parfaitement, ainsi que le fait remarquer M. BemoulU, avec le récit d'Appenweiler qui partage les 20,000 Écorcheurs en quatre masses principales {Ssec, Schr,, p. 11). Dans ces quatre masses, nous retrouvons les trois subdivisions habitueUes des armées à cette époque : 1** l'avant-garde de Dammartin ; 2* l'arrièregarde, ou réserve du Dauphin ; 3« et 4<* au centre, la bataille, menée par Bueil, momentanément divisée en deux, par suite du mouvement de l'aile droite dans la direction de Saint- Jacques.

2. Beinheim, trad. par Brillinger^ Sifc. Schr., p. 15. — « Ah I » s'écrie un soldat, qui prenait part au combat du côté des Ecorcheurs, f plût € au ciel que ces misérables, avec leur bannière, se fussent avancés d'un € jet de pierre plus en avant, nous voulions alors et aurions pu les tail- € 1er en pièces, tous ensemble, et prendre la ville ! » Propos tenu à Oolmar par le valet du chanoine de Hadstatt, de Bâle. Fechter, BasL Tasch., 1862, p. 44.

3. Brillinger, L c. — Ce mouvement de Rechberg, mandé par le Dauphin, montre bien que Bâle était le principal objectif de Louis.

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décida les Bâlois. Obéissant à la voix de leurs chefs, ils firent demi-tour et rentrèrent en ville * • Le terrain empêchait aussi les Armagnacs de se rendre compte de ce qui se passait chez leurs adversaires, et c^était tout au plus si, du plateau, ils pouvaient voir onduler la forêt des piques et des bannières. Les capitaines du Dauphin crurent donc que les Bâlois allaient passer à la formation de combat et attaquer. Lorsqu'ils s'aperçurent, au contraire, qu'ils battaient en rc|traile, sans ordre, il était déjà trop tard pour charger, et Jean de Bueil avait perdu une belle occasion^.

Un autre danger résultait pour les Bâlois de la présence du Dauphin, dans le voisinage, avec un corps spécial. Ce dernier, en effet, ne prit pas part personnellement à la bataillé. Ëntr'autres témoignages, le passage de Tringant est positif. Jean de Bueil, dit-il, «c avoit Monseigneur le Daulphin son maistre au doz, pour le secourir, si mestier en estoit^. » En d'autres termes, Bueil combattait seul à Saint-Jacques, avec une partie de Tarmée, mais le Dauphin se tenait près de lui, avec le reste de ses

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