‹ Le Jouvencel (volume 4)Chapitre 78 sur 324 · En gémissant, dit Brijgllnger · texte numérisé non relu

En gémissant, dit Brijgllnger

2. Beraoulli. — H. de Beinheim, Sxc. Sckr,^ p. 15. — Il était neuf ou dix heures du matin, et les Suisses combattaient déjà depuis deux heures devant Gundeidingen.

3. Tringant, XXXII (y. notre Note sur la bataille de Saint-Jacques, l. c). ^ Ceci résulte également des Instructions, déjà citées, du Roi et du Dauphin (p. cj et s.), qui constatent que les troupes, mises sous le commandement de Bueil, ne formaient qu'une partie de l'armée. — De môme, durant les négociations de 1446 (Colmar) , entre Autrichiens et Bâlois, ces derniers affirmèrent que le Dauphin et 6,000 hommes avec lui n'assistaient pas à la bataille. — Fechter, Basl. Tasch,, 1862, ch. viii, p. 47 et s. — Ëscouchy (I, p. 22) dit : € Et ne prit point part à ceste besongne ( le Daulphin en personne ne aucun des plus grans et principaulx « de son conseil. Et quant ce fut venu à sa cognoissance et qu'il en ot ( vrayes nouvelles, fut moult joyeux et fist à ses cappitaines et autres ( qui y avoient esté, à leur retour, très bonne chière, en les merciant € honnourablement de leur yaillance et dilligence. t — D'après Schiller, le Dauphin avait placé 8,000 hommes en réserve, pour fondre sur les Bâlois et sur leur ville, dans le cas où ils auraient pris part au combat. — V. JHeœlteste teutsche Chronicke(Chron. de Kœnigshofen), mit hist. Anmerckungen, von J. Schiller, Strasbourg, 1698, in-4% fig. (Bibl. Nat. Rès.), p. 1001 et s.

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troupes, pour le secourir. Il importe, maintenant, de se rendre eompte du r6le et de la position de ce corps.

On ignore où le Dauphin avait passé la nuit précédente. Nous savons seulement qu'il séjourna cinq ou six jours au château de Waltigbofen, à partir du dimanche 23 aoûl^ et que, le surlendemain 25, il vint reconnaître les abords de Bâle*. La visite rendue par Dammartin à Louis dans la même journée nous montre que ce dernier n'était pas très éloigné des avant-postes à ce moment'. Du reste, le témoignage de Tringant, conune

1. Jour de son départ de MonU^éliard. — Le portier da châtean de Waltighofen (Fechter^ Ba$l, Ttuek., 1862, p. 50, à propos des nègociatioDs de 1446à Golmar] dit : c Le Daaphin arriva à Waltighofen ayant le dimanche arant la bataille et resta jusqu'à la bataille. » — De même, le Commandeor d'Issenheim (1^ RdaUon, Taetey, II, 512) affirme que Louis quitta Montbéliard le dimanche Teille de la Saint-Barthélémy (23), et qu'il vint à Waltighofen, où il resta cinq jours (soit, au moins, jusqu'au 27 aoAt an soir). En effet, nous verrons que, dès le 27 au matin, il y était de retour (Tuetey, I, 234). — Enfin, le Commandeur [l. c.) dit qu'après la batâiUe (après cinq jours de séjour, soit le 27 ou le 28), le Dauphin quitta Waltighofen, pour se rendre à Aitkirch, auprès de ses blessés.

2. Jusque près de la porte de la yille (Spalenthor). — MM. Tuetey et fiemoulli ont adopté la date du lundi 24 pour cette reconnaissance. Le CfOmmandeur (/. c.) dit, en effet, qu'elle eut lieu le lunéU, jour de saini Barthélémy (24 août) ; mais il ajoute qu'on était à la veille de la batâiUe^ soit le 25 août. Ces deux affirmations étant contradictoires, nous finrons usage de la date du 25, le Commandeur ayant fort bien pu se tromper sur le jour de la semaine.

3. Les historiens ont beaucoup discuté la part prise par le Dauphin à ces événements, question étroitement liée à celle des cantonnements occupés par lui au moment de la bataille. M. Bernoulli (p. 9) pense que la Tisite de Dammartin avait pour but de communiquer à Louis le message de Rechberg annonçant l'arrivée des Suisses. Le récit de la Chrofn, Martin, (l. c, fol. 287, passage reproduit dans la Sxc, Schr., p. 110} semble au contraire indiquer que l'attaque des confédérés fut une surprise pour Dammartin, sinon pour ses hommes qui étaient prévenus. En effet, Dammartin n'aurait pas abandonné ses troupes, au moment du danger, pour remplir l'office d'un simple messager. Il faut croire plutôt, comme le dit la Chronique, que, quittant ses cantonnements avant l'arrivée de la nouvelle, il avait été, dès le matin, prendre les ordres du Dauphin contre les Bâlois. Sans doute, il accompagna Louis dans sa reconnaissance des approches de Bàle (25 août) et cette reconnaissance fut suivie, dans la soirée, d'un conseil qui se termina très avant dans la nuit. De là, la rentrée tardive de Dammartin aux avant-postes et la surprise qui l'y attendait. La sûreté avec laquelle les dispositions de combat furent prises, le lendemain (26 août), est d'ailleurs un indice que ces

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aussi le simple bon sens, suffisent pour nous faire connaître qu'il dut accourir le 26 au matin, au plus tard, sur le champ de bataille ou dans son voisinage immédiat. Les détachements que le Dauphin conduisait en personne ayant trouvé tous les cantonnements, situés au sud et à Test de Baie, déjà occupés par Bueil, avaient été forcés de cantonner à Fouest de cette ville, du c6té du Sundgau * . Leur éloignement les désignait donc tout naturellement pour le rôle de réserve. Tandis que Bueil devait soutenir le principal effort des Suisses, cette réserve était destinée, soit à observer les Bâlois et à leur couper la retraite, le cas échéant, soit aussi à tenter, sur la ville privée de ses défenseurs, une attaque de vive force, pendant que Rechberg en aurait fait autant sur l'autre rive.

Dans ces circonstances, il parait évident que les troupes du Dauphin durent se rassembler, par le plus court chemin, dans le pays plat qui se trouvait au nord-ouest de Gundeldingen et à la gauche de BueiP. C'était là, d'ailleurs^ le seul terrain qui comportât un rôle d'observation vis-à-vis de Bàle.

mesures avaient été arrêtées à l'ayance. Il n'est pas douteax non plus que le conseil dat être tenu aux abords de Bâle, où le Dauphin se trouvait déjà, et non sur les derrières de l'armée. En effet, les quartiers de Dammartin (près de Prattelen) n'étaient distants que de deux lieues de la localité où se trouvait Louis {Chron. Martin.). Ce dernier, qui dut recevoir, peu après le départ de ses officiers, les messagers annonçant l'attaque des Suisses^ n'a donc pu rentrer à son quartier général de Waltigàofen, ni cette nuit (25 au 26), ni durant la journée du 26. Gomme, d'ailleurs, M. Fechter a démontré que Louis n'avait point, ainsi qu'on l'a dit, logé le soir du 25 au château de Pfeffîngen, chez Hans de Thierstein, force est de croire qu'il se trouvait ce soir-là dans le voisinage immédiat de Bâle. — Si l'on admet, contrairement à notre supposition, que le Dauphin vint reconnaître Bâle dès le 24 août (et non le 25), notre raisonnement n'en subsiste pas moins; seulement, dans cette hypothèse, le conseil aurait eu lieu le lendemain de la reconnaissance, et non le même jour.

1. Toutefois, le fait que la réserve du Dauphin, avertie tardivement de l'attaque des Suisses^ se trouva concentrée à temps près de Bàle, nous montre que ce corps de troupes s'était un peu rapproché.

2. Quelque part, près de Binningen ou d'Àllschwyl, à deux ou trois kilomètres au N.-O. du corps de Bueil et, à ce qu'il semble, en vue de la ville. En effet, Beinheim {Sxc. Schr., p. 15) dit que l'on distinguait du haut des remparts une force ennemie de plus de 20,000 hommes, qui ne pouvait être aperçue de la campagne.

cxiT INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. (1411

Il convient maintenant de mentionner ici deux passages du Jauvmcelj qui nous donneront Fopinion du vainqueur de Saini- Jaoques sur cette bataille. Un premier texte témoigne d^un singulier oubli des conditions dlnfériorité numérique, dans lesquelles les Suisses combattaient * . Le deuxième passage est plus intéressant. Après avoir établi sa thèse favorite sur la nécessité, pour les troupes à pied, de ne pas marcher en présence de l'ennemi, Tauteur en vient à Saint- Jacques : « Une autre foys a advint, devant Basle, que les Suysses se trouvèrent c(»itre « les Françoys et, parce qu^ilz marchèrent, les Françoys les « desconfirent ^. »

Bueil ne voyait donc, dans la tactique des Suisses, qu'une faute contre les règles de Tart militaire. Étant donnés les préjugés du temps contre Tinfanterie, il était difQcile pour un contemporain de distinguer ce qui, dans Tattaque des confédérés, était le fait d'une folle imprudence et ce qui appartenait à une méthode nouvelle, consistant dans l'offensive de cette infanterie si méprisée. En effet, c'était la première fois que paraissait dans le monde cette tactique, dont les surprises avaient été jusque-là réservées aux seuls Autrichiens. Or, ces derniers, toiyours battus par les Suisses depuis plus d'un siècle, n'avaient pas encore compris la cause de leurs défaites. On ne saurait donc faire un crime à Bueil de n'avoir pas discerné un fait, dont le désastre des assaillants était de nature à dissimuler Timportance.

Cependant, l'offensive des gens de pied était destinée à bouleverser promptement Tart militaire. Quelques années après,

1. c En autres lieux, il est advenu que les foibles combateurs... ont c vaincu leurs ennemys, comme naguères, devant Basles, les Françoys « desconfirent les Suysses. » — J<mv., 3* partie, ch. m.

2. Ibid., 2" partie, ch. xvii. — M. Bernoulli (p. 3) méconnaît, croyonsnous, le véritable sens de ces lignes (déjà citées dans la Sœc. Schr., p. 95), lorsqu'il considère l'attitude défensive adoptée, dans cette campagne, par le Dauphin, comme une application du précepte invoqué ici. En effet, Bueil entendait seulement signaler le danger résultant de mouvements tactiqtbes, exécutés sur le champ de bataille, par de l'infanterie; mais il n'a jamais pu songer à blâmer toute offensive stratégique, non plus que l'offensive tactique de la cavalerie. Pour s'en convaincre, il suffit, du reste, d'examiner la nature des exemples historiques cités dans le Jouvencel.

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les Confédérés devaient prouver, dans les guerres de Bourgogne, que, si Hnfknterie du temps était mauvaise, c'était parce qif an ne prenait pas la peine de la former, et qu'une armée, qui avait peu de cavalerie, pouvait, avec ses seuls fantassins, marcher et attaquer sur le champ de bataille, sans perdre son ordonnance.

La défense de Pinfanterie suisse produisit cependant une grande impression sur les contemporains * . Parmi eux, le Dauphin, soldat moins expérimenté que Jean de Bueil, mais qui, tout jeune, se connaissait déjà en hommes, ne s'y trompa pas. Il garda de la bataille de Saint- Jacques un souvenir profond^. Cette impression, qui, dans le présent, contribuait à sauver Bâle, devait donner naissance, dans la suite, aux alliances des rois de France avec les ligues suisses ^.

Le 27 août, sur la nouvelle du désastre de Saint-Jacques, les Suisses levèrent le siège de Farnsburg, en abandonnant toute leur artillerie. Le même jour, des corps, placés sous le commandement de Bueil ^, s'avançaient dans le Jura, jusqu'à Waldenburg et Balsthal* qu'ils ne dépassèrent pas. L'armée suisse de Zurich leva aussitôt le siège de cette ville et, faisant descendre son artillerie à Baden par la Limmat, s'avança pour prendre position à Mellingen et à Lenzburg et s'opposer à l'entrée de l'ennemi*. Au même moment, un corps de quelques milliers d'Écorcheurs remontait la vallée du Rhin, sur la rive droite, et s'emparait des Villes Forestières ^. Cette troupe, commandée par Montgommery ou par le damoiseau de Commercy, avait le projet

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