‹ Le Jouvencel (volume 4)Chapitre 94 sur 324 · ChroniqiLe Martinienne, fol · texte numérisé non relu

ChroniqiLe Martinienne, fol

2. « Et à messire Regaault. » Sans doute, Regnault de Dresnay, bailli de Sens, qui, suivant Galchaut {Dép. de Benoist, 8), faisait partie de la bande du Sénéchal. Conseiller et chambellan du Dauphin, en 1447, il fut aussi capitaine de Château -Thierry. — Lettres de Louis XI, I, 217.

3. Peu auparavant, Louis de Châtillon semblait être brouillé avec Bueil, qui parlait fort mal « du mariage de Laval, > c'est-à-dire du mariage de Louis ou de celui d'un de ses parents. — Dép, de Dammartin, ms. fr. 20427.

cxzxYiij nmODUCnON BIOGRAPHIQUI. (1446

sur ce qu'il avait deux cordes à son arc ; à quoi il répondit quil n'en avait qu'une, mais qu'elle était bonne et ne se romprait point ^

En effet, pendant l'absence de Dammartin, la conspiration avait foit du chemin , et le Dauphin embauchait des partisans. Aussi Benoist, à son arrivée à Ussé (première moitié de sq[>tembre), reconnut-il, de suite, à Pair et aux manières de son maître, qu'il tramait quelque chose'. Le premier soir, Bueil revint tout « houzé » de Razilly avec Merry de Gouhé et fit écrire, jusqu'après minuit, des lettres qu'il envoya à Razilly et à Gbinon. U en fut de même pendant sept jours ^. Benoist remarqua aussi que, crainte de trahison, le secrétaire avait été choisi, à dessein, parmi les plus jeunes et les plus innocents « escoli^^, » tandis que Bueil en avait à son service d'autres plus habiles. Voyant qu'on ne l'écoutait guère et persuadé que Ton devait avoir, dans ces menées, des appuis très haut placés, Benoist voulut chercher à pénétrer ce mystère en se rendant à GhiiK>n^. Bueil ayant deviné ses intentions^, maître et serviteur se que*

1. La défiance du Dauphin se manifestait aussi à l'égard de ceux de ses serriteurs qui continuaient à fréquenter Dammartin. Ce dernier, dans ses investigations tant soit peu suspectes, cherchait, en particutier, à savoir ce qu'étaient devenus 2,000 écus de l'argent par lui ^rapporté de Savoie. Il apprit qu'ils avaient été remis, par le Dauphin, à Jean de Daillon, comme acompte sur une somme de 4,000 écus promise à ce très remuant conspirateur. Parmi les conseillers du Dauphin, avec lesquels Dammartin s'entretint, nous retrouvons aussi Jean SangUer (v. plus haut, p. xcviij). Plusieurs d'entre eux exprimèrent des craintes sur les projets de leur maître.

2. Les prédictions du frère Philippe n'étaient pas interprétées par Bueil de la même façon que par Benoist. Jean Y paraissait convaincu qu'il n'y avait encore aucun danger pour lui durant l'année 1446. Benoist, au contraire, pensait que cette année était critique. Une des causes q[ui rendaient ces prédictions incertaines était le fait qu'en Dauphiné l'année commençait à la Noël, tandis que celle des astrologues commençait en mars. — V. Dép, de Benoist, 1 à 3.

3. Les messagers partaient le matin et revenaient le soir, avant neuf heures. Ghinon est distant de dix à douze kilomètres d'Ussé. On chercha à faire accroire à Benoist qu'il s^agissait d^une correspondance amoureuse. — Dép, de Benoist, 6.

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