‹ Le Jouvencel (volume 4)Chapitre 95 sur 324 · De cinq à sept jours après son arrivée · texte numérisé non relu

De cinq à sept jours après son arrivée

5. Dép. de Benoist, 5. — L'intention de Benoist était de dénoncer les

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relièrent, et Benoist prit alors congé, en disant qu'il se voyait obligé de se pourvoir de meilleurs amis.

A peine arrivé à Ghinon ' , il alla trouver le sénéchal et passa à son service. Par Tordre de ce dernier et du Roi, il se mit aussitôt à fréquenter un nommé Galchaut, agent inférieur de Bueii, aûn de tirer de lui ce qu'il savait. Galchaut ne se déQait nullement d'un homme quMl considérait encore comme le serviteur de son propre maître. Il était d'ailleurs, paraît-il, un peu trop bavard pour un conspirateur. Aussi parla-t-il sans se faire prier ^, conseillant à Benoist de ne pas abandonner Bueil, alors en passe, suivant lui, d'arriver à une haute fortune. Le complot, disait-il, était appuyé par tout le monde* : le roi de Sicile, le comte du Maine en étaient. Galchaut se répandait aussi en plaintes contre le sénéchal et assurait qu'il ne tarderait pas à être mis à l'écart, sans opposition de la part du Roi. Il devait en être de même du chancelier JuvénaH.

L'affaire en était là, lorsque Dammartin dénonça les conspirateurs. L'histoire des dix mille écus étant parvenue aux oreilles du Roi'^, le Dauphin fut interrogé et dit qu'il avait agi sur les

mystérieux correspondants de Bueil. Il est fait, semble-t-il, allusion à cette trahison dans le Jouvencel {3^ part., fin du chap. m), à propos des serviteurs qui ne doivent pas être retenus contre leur gré. De même, ailleurs (1" part., ch. xi, p. 219), à propos d'un prisonnier, personnage peu véridique.

t. Dix jours, environ, après son arrivée du Dauphiné (fin sept.) et, sans doute, peu avant la déposition de Dammartin.

2. Par contre, Merry de Gouhé et d'autres se tinrent sur la réserve. — Dép. de Benoist, 6 et 7.

3. Hors le duc de Bretagne et le comte de Foix. Le duc de Bretagne était alors en très bonne intelligence avec Brézé, qui prétendait lui donner plus d'influence que n'en eut jamais Charles d^Anjou. Quant au comte de Foix, il aurait dit plusieurs fois à Mariette c qu^il estoit à mondit c seigneur (le Dauphin) et que Tentretenement qu'il faisoit avec le dit f sénéchal (Brézé) n'estoit que faincte. » -- Escouchy-Beaucourt, III, 278 et 314 ; Pièces du procès de Mariette.

4. Jean Rabateau prétendait le remplacer. Seigneur de la Gaillerie et d'Ausance, ce dernier fut aussi président de la Chambre des comptes, puis président au Parlement. — V. plus haut, p. cxxv. — Escouchy-Beaucourt, I, 30 et s. — Tueley, Les Ecorcheurs, II, 186.

5. Alors à Ghinon. Peut-être Dammartin lui-même se chargea-t-il de faire arriver cette histoire an Roi.

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oooseUs de Dammartin. « Loys, dit le Roi, Saint-Jehan! je ne vous crois pas. > Dammartin, que Ton envoya quérir, affirma^ au contraire, qu'il n^avait fait qu'exécuter les ordres du Dauphin, œ qui lui attira de ce dernier un formel démenti. La conclusion de cette scène Ait que Charles bannit son fils pour quatre mois^ avec ordre de demeurer en Dauphiné * . Toutefois, Liouis ne partit pas aussitôt pour Texil, et attendit à Tours les couches de la Reine, alors enceinte. Quant à Dammartin, il fit, sur ses rapports avec le Dauphin, une déposition très complète et rentra en bveur auprès du Roi ' ; mais il fut dès lors considéré conune un traître par les conspirateurs* et pris en haine par leur chef. Qualifiée de feux et calomnieux rapport, sa déposition flit un des principaux griefs relevés dans les poursuites à lui intentées^, lors de ravènement de Louis XI.

Cependant, ces divers incidents et, surtout, la déposition de Danmiartin', reçue par une commission spéciale à Gandes, (27 sept.), avaient causé une vive émotion. Jean de Daillon*, un des plus compromis parmi les familiers du Dauphin, quitta

1. Le Dauphin sortit de la chambre du Roi, nu-téte, jurant, par sa tête sans chaperon, qu'il se vengerait de ceux qui l'avaient jeté hors de sa maison. — Chron. Martinienne, fol. 289. — Escouchy-Beaacoort, 1, 110.

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