A Jupilies
PIJBGBS JUSnnCATIVES. 3S9
8Qit bien et * oongnoissoit que Monseigneur prenoit defHance en lui, et qu'il avoit parlé à lui en disant ces parolles : « Monseigneur, je cognoys bien que vous estes mal content de moy, et ne sœy pourquoy. » A quoy mondit seigneur lui respondit ces parolles : c II me semble que vous et le conte de Dampmartin estes bien amis et tenez des plus grans conseilz du monde ensemble. Je n*en suis point content, veu que estes près de moy et de ma chambre. » Et ledit Jupilles respondi ces parolles : « Monseigneur, je cuidoye que Taymissiez autant que homme de vostre bostel. » Et mondit seigneur lui respondi que se faisoit-il, mais qu'il ne vouloit point quil eust si grant amitié avec lui, veu qu'il estoit si près de sa personne. Et lors ledit Jupilles dist : « Monseigneur, je ne parleray donc plus avec luL » Et mondit seigneur lui dist : « Si faites, il ne m'en chault. » Et demanda oultre il qui parle audict Jupilles pourquoy mondit seigneur disoit lesdictes parolles. Et Jupilles lui respondi ces motz : c Pour ce qu'il dit que vous et moy sommes tout ung, et me semble que vous avez bien à vous conduire; car il a pris grant soupçon en vous depuis peu de temps en ça, mesmement depuis que avez derrenièrement parlé au Roy et à Measire Regnault, comme je vous dicz devant hyer. Et lui semble que vous y estes allé pour quelque chose. » Et dist aussi ledit Jupilles à il qui parle que Jehan de Daillon et mondit seigneur tenoient les plus granz conseilz du monde ensemble, et qu'il n'y savoit que penser. Et a bien mémoire il qui parle que, ung jour après, ainsi que Jacquet Eveillechien et lui devisoient ensemble, il qui parle, en pariant desdis u*" escuz, pour ce qu'il doubloit qu^ilz n'eussent esté emploiez en quelque chose touchant ce dont mondit seigneur avoit parlé, demanda audit Jacquet s'il savoit qu'iiz estoient devenuz. Lequel dist qu'il estoit en la chambre de mondit seigneur, et ne se prenoit point garde de lui comme il lui semble, le jour qu'il commanda à il qui parle aller quérir iesdis ii"* escuz, et oy que mondit seigneur dist à Jehan de Daillon telles parolles ou semblables, entre autres parolles qu'ilz eurent ensemble, disant qu'il lui feroit tous les biens du monde : « Je vous donneray nii" escuz,
t . Manque dans Duclos à partir de j'tfn.
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dont vous aurés les n"* escuz contens, et les autres ii" je les vous feray assigner sur les premiers estaz que je feraj, et aussy vous donneray le coursier de Miglos^ »
Dit oultre il qui parle qu'il a veu pluseurs toiz que Monseigneur de Chastillon, Monseigneur de Bueil, Loys de Boeil ' et Jehan do Dailion lenoient conseil ensemble, et aucune foiz Monseigneur de Chastillon et Monseigneur de Bueil; et loutesfoizil savoit que peu de temps avant Monseigneur de Bueil et Monseigneur de Chastillon estoient très mal ensemble ; et le croioit poor ce qu'il avoit entendu que Monseigneur de Bueil destourboit k mariage de Laval 3. Parquoy il presumoit, puisquMls parioicot si souvent ensemble, que ce n Woit pas sans cause et n'y savoit que penser. Dit aussi que toutesfoiz qu'il s'approchoit d'eolx, combien que avant ilz parlassent bas, Hz se mectoient à parier haultou se deppartoienl^.
Dit outre que, presque tous les jours en cellui temps, Lojs de Bueil ailoit au matin au logeis de Monseigneur de Chastillon et y estoit bien longtemps.
Dist oultre il qui parle à Monseigneur d'Estissac telles parolks ou semblables : c II me semble que Monseigneur ne se oondolt pas bien et iuy voy tenir beaucoup de manières qui ne sont pas bonnes; parlez à Iuy et Iuy remonstrez qu'il se oondoise autrement; car je sçay qu'il a fiance en vous et qu^il voos croira de ce que lui direz plus que homme qu'il ait avee lui ', car il vous tient saige et scet bien que vous ne lui eonseillerez chose qui ne soit bonne, et aussi il scet bien que vous aymez son honneur et son proufUt. » Et mondit seigneur d'Estissac respondi à il qui parle qu'il estoit très corroussé qu'il ne se vouloit autrement conduire, et qu'il estoit plus corroussé de son gouvernement, qu'il n'avoit bon, que de chose qui lui peust advenir; et* qu'il estoit le plus souçonneux du monde, et
1. Aroauld Miglos, panelier da Danphin. (Letlret de Lamét Xi, l/ttl et s.) — Manque dans Duclos à partir de et au$iy.